IGP Pays d’Oc : La collection Automne/Hiver dévoilée

Après deux jours de dégustation à l’aveugle, une vingtaine de jurés dont Sylvie Tonnaire, rédacteur en chef de Terre de vins, ont sélectionné 40 cuvées représentatives de la diversité des opérateurs Pays d’Oc IGP. La collection Automne-Hiver 2023 est née ! 

Les 13 et 14 septembre dernier, l’Espace Vinalia, au cœur du siège de Pays d’Oc IGP, s’est transformé en Palais de Tokyo pour un défilé haute-couture d’un autre genre, une parade de belles robes sur des tons blancs, jaunes, violines et rouges. En tout, 272 échantillons dégustés à l’aveugle par une vingtaine d’experts en vins, de sommeliers, de restaurateurs, de blogueurs, d’acheteurs, d’œnologues et de journalistes. Terre de Vins était évidemment bien représenté avec la présence de Sylvie Tonnaire, rédacteur en chef, qui n’a rien manqué de cette sélection. « J’observe une évolution naturelle vers des vins d’assemblage de plus en plus originaux rassemblant cabernet-sauvignon, merlot, marselan, syrah ou autres, c’est aujourd’hui plus de la moitié des Collections en rouge ; et autre tendance, nous commençons à voir candidater des cuvées de garde, 2016, 2012…avec succès ! »  

Assemblages, monocépages, cuvées millésimées…
En tout, 40 cuvées (18 en blanc et 22 en rouge) ont été sélectionnées pour devenir les ambassadrices des vins Pays d’Oc IGP pour la période Automne-Hiver 2023. « Cette sélection est représentative de la diversité des opérateurs Pays d’Oc IGP, a confié Jacques Gravegeal, son président emblématique. Parmi les 31 entreprises à l’honneur figurent 18 caves particulières, 6 caves coopératives et 7 metteurs en marché. » Au rayon des plébiscites, le chardonnay s’est illustré dans la catégorie « vins de cépage » avec quatre cuvées sélectionnées (Cellier des Demoiselles, Paul Mas, Serre de Guéry et Domaine de Valensac) et des cépages plus confidentiels ont été récompensés comme le tempranillo du domaine Combe Blanche ou le Gewürztraminer de la coopérative Les Collines du Bourdic. Deux bouteilles millésimées (un Pinot Noir 2012 signé Anne de Joyeuse et Ballade pour Mistral 2016 du domaine de Bachellery) démontrent également la potentialité de garde des vins IGP Pays d’Oc. 

Pour celles et ceux qui aimeraient découvrir et déguster les lauréats de la sélection Collection Automne-Hiver 2023, les cuvées ambassadrices seront proposées au grand public lors de « La Grande Dégustation » le 19 octobre à partir de 18h à l’Espace Vinalia à Lattes (34). Un événement dont Terre de Vins est partenaire. 

LE PALMARES 

LES BLANCS

Famille de Lorgeril – Orangeraie – 2022

Famille de Lorgeril – Mademoiselle de Pennautier – 2022 

Cellier des Demoiselles – Chardonnay – 100% Chardonnay – 2022 

Les Domaines Paul Mas – Paul Mas Grande Réserve – 100% Chardonnay – 2022 

Domaine de Valensac – Avec mention – 100% Chardonnay – 2022 

Serre de Guéry – Force – 100% Chardonnay – 2022 

Domaine d’Aigues Belles – Premier Rolle – 100% Rolle – 2019

Domaine de Blanville – Domaine des Celtis – 100% Grenache blanc – 2022 

Les Collines du Bourdic – Gewürztraminer – 100% Gewürztraminer – 2022 

Domaine de l’Engarran – La Lionne – 100% Sauvignon – 2022 

Domaine de Gourgazaud – Grenache gris – 100% Grenache gris – 2022

Domaine de la Baume – Cuvée Élisabeth – 100% Viognier – 2022 

Domaine la Provenquière – Pur Pinot Gris – 100% Pinot Gris – 2022 

Florès – Sauvignon Signature – 100% Sauvignon – 2022

Domaine Calmel & Joseph – La Marquise – 2020

Domaine de la Negly – La Falaise – 2022 

Domaine Picaro’s – Princesse – 2022 

Les Vignobles de l’Argenteille – Croix de Bonniol – 2022 

LES ROUGES

Serre de Guéry – Adoration – 100% Mourvèdre – 2022 

Serre de Guéry – L’esprit d’Eloi – 100% Petit Verdot – 2021 

Anne de Joyeuse – Rencontre – 100% Pinot Noir – 2012 

Domaine Combe Blanche – Calamiac Terroir Tempranillo – 100% Tempranillo – 2021

Domaine de l’Herbe Sainte – Artemisia – 100% Syrah – 2020 

Jacques Frelin Vignobles – La Marouette – 100% Grenache noir – 2022 

La Belle Pierre – Évidence – 100% Cabernet Sauvignon – 2022

Les Collines du Bourdic – Prestige – 2020 

Cordier – Cuvée Mythique – 2021 

Domaine de Bachellery – Ballade pour Mistral – 2016 

Alma Cersius – Terra Patres – 2019 

Domaine de la Baume – Élite d’Or – 2021 

Domaine de Paraza – Madame Simone – 2022 

Domaine de Salies – Rouge – 2022 

Domaine de Sauzet – Hic et Nunc – 2019 

Domaine de la Négly – Les Terrasses – 2022 

Domaine la Provenquière – Le Généreux – 2019 

Famille de Lorgeril – Orangeraie – 2022 

Domaine de Saint-André – Folie d’Inès Rouge – 2021 

Le Clos des Centenaires – Luxe, Calme, et Volupté – 2020 

Le Clos des Centenaires – Luxe, Calme, et Volupté – 2019 

Maison Le Breton – Montlobre La Chapelle – 2021

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Le lien entre terroir et vin expliqué à Chablis

Lors d’une dégustation géo-sensorielle organisée non loin de Chablis, l’expert Geoffrey Orban a décrypté comment la terre d’une vigne se retrouve dans le verre. Explications.

Un occasion rare de comprendre les secrets d’un vin, et en particulier le lien avec sa terre d’origine. Lors d’une dégustation géo-sensorielle organisée mercredi 6 septembre à Villy, non loin de Chablis, l’expert et fondateur d’Educavin Geoffrey Orban a décrypté ce qui reste un mystère pour bien des dégustateurs. Son sujet d’étude : la cuvée « L’Inextinct » de Louis et Catherine Poitout [lire plus bas], un franc de pied en appellation petit chablis, et de terres argilo-calcaires. Nous pouvons en retirer trois enseignements :

1. Terre complexe, vin complexe
Comme tout sol agricole, un sol viticole possède plusieurs couches, qu’on nomme « horizons ». Ces horizons peuvent être très différents chimiquement, en particulier dans les grands vignobles ou les sols sont souvent accidentés. Exemple avec cette cuvée L’Inextinct : « Sous la couche de terre travaillée, d’environ 15cm, on a une couche d’argiles, très dense, sur environ 80cm. Ces argiles ont pour propriété, quel que soit le lieu, d’apporter richesse et rondeur au vin. C’est le cas ici, avec un chardonnay gras et ample. Plus bas, les argiles se mêlent à la pierre calcaire, soit l’élément qui fait la typicité des vins de Chablis. Si l’argile apporte une sensation d’amplitude au niveau des joues, le calcaire apporte plutôt des sensations au niveau de l’arrière bouche, très présentes en finale. Cela allonge le vin. »

2. Pas de racine, pas de goût de terroir
Deux vignerons ne feront pas un même vin sur le même terroir. Et pas seulement à cause de leur mode de vinification. « Les méthodes de culture et l’âge de la vigne jouent beaucoup, car ces facteurs vont définir la profondeur des racines. La partie du terroir qui va le plus s’exprimer est celle ou se terminent les racines. » Dans notre exemple, « les petites racines se situent beaucoup dans la zone argilo-calcaire, à plus d’un mètre de profondeur. C’est pour cela qu’on trouve beaucoup de complexité dans ce vin, et notamment des notes salines, de menthol… Si ces radicelles étaient seulement en zone argileuse, le vin serait probablement plus lourd et moins typé. »

3. Le millésime modifie l’expression du terroir
Le terroir est influencé par le vigneron, mais aussi par le millésime. « Une terre ne transmet ses éléments au raisin qu’en présence d’eau. Sans cela, les racines ne peuvent rien absorber. Ainsi la pluviométrie, en particulier celle du printemps, va considérablement jouer sur l’expression du terroir dans un vin. La chaleur, sans excès, va également faciliter l’absorption ». Ainsi, le millésime 2019 fournit un bel exemple avec cette cuvée l’Inextinct : « l’année a été chaude tout en bénéficiant d’une pluviométrie a très régulière. On a donc un vin très complexe, très expressif, et on retrouve avec abondance tous les éléments apportés par la parcelle, que ce soit le fruité, la rondeur ou la minéralité. »

Dans cette fosse pédologique réalisée à l’occasion de la dégustation, on remarque immédiatement la dense couche d’argile qui participe au caractère du vin.

TERRE DE VIN AIME

Petit Chablis L’Inextinct 2022, Louis et Catherine Poitout (+ de 50€)
Un Petit Chablis hors-normes car issu de vignes francs de pied (non greffées), probablement les seules du secteur. D’une grande richesse, il est très loin des standards de l’appellation. Le gras du corps se perçoit déjà visuellement, avec une robe dense et d’imposantes larmes dans le verre. En bouche, la générosité se traduit par beaucoup d’amplitude et un toucher consistant. Au-delà de cette générosité, c’est la complexité qui impressionne : aux fruits bien mûrs se succèdent des touches minérales (coquille d’huître), mentholées et épicées qui donnent du caractère à ce chardonnay. La rémanence a de quoi impressionner.

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Cognac Rémi Landier : 50 ans et un nouveau chapitre

À l’envi, Géraldine Landier revisite la gamme de sa marque. Amoureuse du passé et regardant sans cesse vers le futur, elle profite d’un anniversaire et pas n’importe lequel : 50 ans.  

Revenue définitivement en 2019 à la propriété familiale, Géraldine Landier aime faire bouger les lignes. Le cinquantième anniversaire est une heureuse occasion. Précisons 50 ans de la marque Rémi Landier, la famille étant venue s’installer du côté de Foussignac à la fin du XIXème siècle. Le premier alambic pour distiller les Fins Bois est monté en 1946 et la marque créée en 1973. « Cette histoire est une fierté, un moteur pour avancer, je voulais revoir la gamme », explique Géraldine avant d’ajouter : « Les défis étaient de rester fidèles aux valeurs et à son histoire tout en dépoussiérant les codes et en inscrivant Rémi Landier dans le futur ». Avec l’aide d’une agence, Géraldine délivre un packaging élégant et puissant à la fois, à l’image de ses cognacs qui se dégustent très bien dans leur jeunesse tout en portant de grands potentiels de vieillissement. La gamme, rebaptisée Pax, se décline en 4 expressions : VS, VSOP, Napoléon et XO. Pourquoi Pax ? « Notre maison s’inscrit dans un savoir-faire ancestral, celui transmis par les moines bénédictins de l’Abbaye Royale de Bassac qui établirent jadis la ferme du Chai des Pères que Rémi Landier a acquis au milieu du XXème siècle, souligne Géraldine. Nous sommes fiers de cet héritage unique en utilisant l’emblème Pax qui ornait la ferme des moines ». Il reste à déguster cette gamme. Mieux, à se rendre au Chai 27 à Rouillac, la cave ouverte par Géraldine Landier, véritable vivier de spiritueux et de vins.

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[Concours des Vins 10/12] Château Penin & Château Les Hauts Conseillants 

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, direction le Bordelais !

CHÂTEAU PENIN (33)
Si cette propriété bordelaise n’est pas un grand cru classé, 1855 est tout de même une date marquante de son histoire. C’est cette année-là, celle de la publication de la célèbre classification, que Louis Carteyron et son fils Jacques en font l’acquisition. L’histoire familiale est ainsi lancée entre Garonne et Dordogne et aujourd’hui, Patrick incarne la cinquième génération aux commandes du domaine. Ce dernier, en poste depuis 1982 est le grand artisan de la montée en gamme du château, montée en gamme également synonyme de diversification avec pas moins quatorze cuvées en rouge, blanc ou rosé, clairet ou même nature. La quinzième cuvée vinifiée par Patrick Carteyron se trouve à environ une quinzaine de kilomètres plus à l’est dans une autre propriété acquise en 2011, Château La Fleur Penin. En appellation Saint-Émilion Grand Cru, ce domaine de seulement deux hectares et demi produit une cuvée plus confidentielle qui démontre elle aussi les qualités de vigneron de Patrick Carteyron qui a su s’entourer d’une équipe fidèle à l’image de Jean-Luc, chef de culture à Penin depuis 2013 et dont la cuvée préférée du domaine n’est autre que celle qui a conquis notre rédaction, Clairet 2022, un vin “gourmand et fruité, qui s’adapte à toutes les cuisines” et que Jean-Luc “aime partager avec les amis”. C’est aussi ça l’esprit Penin !

La cuvée médaillée : Clairet 2022, Rosé, Bordeaux Clairet, 8.20 € (HVE)
On se délecte de sa robe légère couleur rubis. Château Penin signe une jolie cuvée, un vin trop souvent délaissé, qui est le parfait compagnon pour les journées encore chaudes. Ce vin s’apprécie avec beaucoup de buvabilité, des notes de fraise des bois et de noyau de cerise. Le tout porté par une fraîcheur exquise, désaltérante.

Accord mets-vin
Carpaccio de bœuf à la grenade.

Patrick Carteyron ©Photo DR

CHÂTEAU LES HAUTS CONSEILLANTS (33)
Après avoir évoqué l’appellation Saint-Émilion Grand Cru, nous restons sur la rive droite bordelaise pour cette seconde cuvée médaillée puisqu’il s’agit de Château Les Hauts Conseillants en appellation Lalande-de-Pomerol. C’est en 1973 que le domaine voit le jour lorsque Paul Figeac et son genre Pierre Bourotte, déjà propriétaire à Pomerol, se lancent le défi de faire atteindre à ces dix hectares de parcelles endormis leur plein potentiel. C’est aujourd’hui pleinement le cas puisque Les Hauts Conseillants font partie avec Château Bonalgue, Clos du Clocher, Château Monregard La Croix (Pomerol) et Château du Courlat (Lussac-Saint-Émilion) de l’incroyable éventail des propriétés appartenant à la famille Bourotte. Hasard du calendrier ou non, Jean-Baptiste qui a pris la succession de son père Pierre est né en 1973, année du début de l’aventure pour Château les Hauts Conseillants. Comme un signe que les destins de cette famille et de ces terres étaient voués à être liés pour toujours.  

La cuvée médaillée : Château Les Hauts Conseillants 2020, Rouge, Lalande-de-Pomerol, 24 € 
Un vin encore tout jeune mais qui présente à la perfection les caractéristiques de ce beau millésime : finesse, rondeur et gourmandise du fruit. La bouche est juteuse, avec des tanins remarquablement soyeux. Un petit nectar ! Les arômes sont encore printaniers et regorgent de petites baies noires. Un vrai régal dès aujourd’hui.
Accord mets-vin
Avec une pintade.

Jean-Baptiste Bourotte ©Photo DR

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Bon démarrage pour la Cité des Climats de Bourgogne

Trois mois après l’ouverture, les retours sont très positifs quant à la qualité du contenu. Le réceptif et l’événementiel font déjà le plein.

Pour tout grand projet de territoire, les débuts sont fondamentaux. Et sur ce point, la Cité des Climats et vins de Bourgogne, inaugurée en juin 2023, rassure. Après trois mois d’ouverture, « tous les publics y ont trouvé leur compte », se félicite Olivier Le Roy, directeur. « Les néophytes comme les connaisseurs ont apprécié la visite. Les premiers disent que le parcours est très instructif tout en restant accessible, les seconds sont souvent bluffés, ils apprennent encore malgré leur maîtrise du sujet. » Autre satisfaction : la présence de familles. « Cet été nous avons reçu un public très familial, et enfants comme adolescents s’y sont retrouvés. Il était important pour nous de toucher tous les publics. » Les vignerons eux-mêmes sont convaincus. « Tous approuvent le sérieux technique et scientifique du contenu. Au-delà de ça, beaucoup viennent nous voir pour dire leur fierté d’avoir cet outil qui met en valeur leur travail ».

Demande soutenue pour le réceptif et l’événementiel
Mais la fréquentation est-elle à la hauteur des objectifs ? « En ce qui concerne le parcours de visite, pas encore. Mais nous le savions : en ouvrant en pleine saison, nous ne pouvions pas compter sur plusieurs acteurs du tourisme comme les tours operators. Nous maintenons nos objectifs pour 2024. » À savoir 120000 visiteurs annuels, pour le site de Beaune seulement. Quant au réceptif et à l’événementiel, les nouvelles sont particulièrement réjouissantes. « Sur ce point, nous avons très vite fait le plein, en étant même parfois pris de cours. Nous avons déjà accueilli plusieurs séminaires, et nos ateliers et expositions ont attiré un large public. » Y compris chez les locaux. Pour preuve, « notre tout premier afterwork, jeudi 7 septembre, a réuni 50 personnes au bar Les Accords, sur le site beaunois. »

Les prochains rendez-vous sont à retrouver sur le site de la Cité, citeclimatsvins-bourgogne.com.

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Médoc : « L’été indien synonyme de grand millésime »

Du monde grouille dans les vignes du Château Marquis de Terme depuis ce mercredi 13 septembre. Les vendanges des merlots ont commencé sous un soleil radieux. L’occasion pour Ludovic David, directeur général du Grand Cru Classé 1855 margalais de nous donner ses premières impressions.

Dans les grandes lignes, quelle fut l’histoire de ce millésime ? 
D’abord un hiver très classique à Bordeaux avec un peu de neige, surtout des gelées matinales, on a retrouvé quelque part des équilibres climatiques de l’avant « réchauffement » si je puis dire. On le sait le printemps fut très pluvieux, encore un classique, avec de la pression du mildiou qu’il a fallu gérer. À Marquis de Terme, grâce à la rigueur de travail des équipes et un équipement très adapté en bio-précision parcellaire, nous avons tenu le coup. C’est une année où il fallait du matériel et de la disponibilité humaine. Enfin le mois de juillet fut frais avec de l’ensoleillement et le mois d’août chaud, sans excès non plus, venu compenser le mois de juillet.

Les vendanges ont commencé, comment se présentent-elles ? 
On a commencé ce mercredi 13 septembre dans des conditions climatiques idéales. Ce très bel été indien est synonyme de grand millésime, comme toujours. En plus, les quelques pluies de début septembre ont permis d’affiner la maturité des raisins en réhydratant les peaux et en faisant légèrement gonfler les baies. C’est parfait pour les tannins, l’alcool comme les acidités. Ça se présente très bien sur les premiers merlots et nous avons beaucoup d’espoir dans les cabernets sauvignons. Ce bel été indien me fait penser aux superbes cabernets sauvignons de 1982, 1989, etc.

En termes de rapport qualité et quantité, on évoque ici ou là 2018, qu’en pensez-vous ?
C’est vrai qu’en quantité, on se dirige vers un 2018 mais avec une plus belle maturité du raisin cette année. 2023 sera plus opulent et suave que le 2018. Je suis très confiant pour 2023, je pense que nous préparons un très beau millésime.

Qualité et quantité d’un millésime renvoient forcément à la conjoncture des vins de Bordeaux, comment se porte le marché ? 
On le sait, on ne se voile pas la face, le marché des vins de Bordeaux est très compliqué. C’est un marché à plusieurs niveaux, les grandes marques – les quelques Premiers -, les marques intermédiaires et les petites marques. Nous faisons partie des marques intermédiaires. Les difficultés sont déjà le fait de la géopolitique entre le marché asiatique qui ne se remet pas du covid, la guerre en Ukraine. L’Europe et les États-Unis résistent mais à la géopolitique s’ajoutent ou se conjuguent l’inflation, la montée des taux, les problèmes d’investissement. Il faut parler aussi du caractère sociétal de cette crise où les investisseurs dans le vin ne trouvent pas de réelle opportunité à investir. Le marché est tendu, la partie spéculative du vin est concurrencée par des placements plus sécurisés sur des obligations avec de bons taux de garantie – sans notion de stockage et de revente. Il faut dire enfin que la consommation de prestige souffre, les cadres sont prudents en ce moment, ils ne voient pas d’intérêt d’investir en primeurs alors que l’on peut trouver toutes les bouteilles en livrable, sur le net notamment. Il y a encore 15 ans, si on n’achetait pas telle bouteille en primeurs, il était difficile de la trouver par la suite.

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Fronsac et Canon Fronsac font leur show

Ce 14 septembre, à la Cité du Vin de Bordeaux, les deux appellations Fronsac et Canon Fronsac organisaient leur 10ème dégustation des millésimes livrables, pour montrer tous les atouts dont elles disposent pour séduire la clientèle.

Quelle clientèle venaient donc à la rencontre des 20 exposants venus représenter les 99 adhérents que comptent ces deux appellations ? «  Des clients potentiellement acheteurs, des courtiers, des négociants et des cavistes » nous dit Arnaud d’Arfeuille, propriétaire du château Tessendey mais aussi vice-président de l’ODG. Des prescripteurs donc. 

Une appellation toute en séduction
Situées non loin de l’appellation Pomerol, ces deux appellations cumulent 1050 hectares d’un terroir plutôt argilo calcaire ou le merlot est roi (80 % de l’encépagement) avec ses deux indissociables acolytes que sont le cabernet franc et le cabernet sauvignon : les mêmes cépages qu’à Pomerol et St Emilion.

Les vins sont donc marqués d’abord par le merlot qui apporte la souplesse et les fruits rouges : les ingrédients de la séduction. Les deux autres cépages apportant un peu de structure, des notes épicées et une richesse tannique. 

Autant dire que ces vins sont particulièrement aptes à séduire une clientèle qui demande d’abord aux vins d’être plus rapidement buvable, tout en n’excluant pas un minimum d’aptitude à la garde et à des prix attractifs. Car les prix se situent généralement dans une fourchette allant de 8 à 25 €, avec une moyenne autour de 15€. 

Faire un point
Quelques 2016 ont été dégustés. Certes des notes d’évolution, mais encore de la fraicheur, preuve que le merlot se comporte bien sur ce terroir, y compris sur des années un peu chaudes comme le 2016.

Beaucoup de 2019 et de 2020 étaient présentés. Le 2019 est une année qui convenait bien à ces vins quelquefois alcooleux et sur la rondeur. Plusieurs bouteilles à 15° portaient, telle une montgolfière, les arômes de fruits rouges. Les 2020 était un peu plus pudique dans leur approche olfactive mais délivraient une matière plus ample : des vins plus structurés mais toujours avec ce dénominateur commun du fruit rouge. Les 2018 attestaient d’un potentiel de garde : des vins droits, plus structurés mais séduisants, manifestement aptes à une certaine garde. 

Terre de Vins a particulièrement aimé
Château Larivière 2018 (22€)
Nez de mine de crayon, mûre, épicé. Un vin charnu, sur une finale mentholé. Toujours présent dans les grands rdv.

Château Gaby 2017 (17€)
Un millésime technique particulièrement réussi ici. Nez sur la fraicheur (eucalyptus), violette, réglisse douce. Un vin croquant et affûté. Une belle surprise.

Château Renard Mondésir 2020 (16.50€)
Un nez typique de merlot, séduisant, sur le fruit rouge. Vaut pour sa très belle matière, qui tapisse bien, sur un joli grain. Très équilibré entre son fruit, sa fraicheur et sa charge tannique impéccablement travaillée.

Château Fontenil 2019
Un 2019 très réussi, enveloppant et suave, proposant de la souplesse mais aussi une belle amplitude en bouche. Un fruité pur et intact.

La vieille Cure 2019
Le nez est vanillé, encore toasté, résultat d’un élevage soigné. Eucalyptus et cassis frais complètent cette première impression. Très belle matière, concentrée mais sans lourdeur et beaucoup de fraicheur. 25 €.  

Un évènement qui attestent que le produit est bien adapté aux amateurs de vins qui recherchent des vins qui combinent la buvabilité et une garde raisonnable, qui ont une bonne notoriété dans l’échelle des Bordeaux, avec un très bon rapport qualité prix.

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Réduire le Poids des Vins pour Réduire l’Empreinte Carbone : La Révolution Hopwine

Hopwine, le salon digital des vins et spiritueux, a repensé la manière dont nous découvrons les vins. Cette plateforme novatrice s’est fixée pour objectif de réduire l’empreinte carbone tout en maintenant la qualité des dégustations.

L’industrie viticole, comme de nombreux secteurs, fait face à des défis environnementaux de plus en plus pressants. L’empreinte carbone de la production et de la distribution de vin est une préoccupation majeure, mais il existe une solution innovante qui transforme la manière dont nous découvrons et dégustons les vins : Hopwine.

La Solution Hopwine : Révolutionner la Dégustation

Comment ?
En remplaçant les bouteilles entières par des échantillons légers et brevetés de 2cl et 4cl.
En remplaçant les déplacement des personnes par des échanges en visio.

Plus de 3000 acheteurs professionnels du monde entier se retrouvent à distance sur le salon digital et rencontre la centaine de producteurs exposants. Des rendez-vous sont pris. Des demandes d’échantillons sont faites. Et c’est là, que la magie d’Hopwine opère.
Les équipes reconditionnent les vins des producteurs en échantillons de 2 et 4cl. Grâce à leur technologie brevetée et validée par le WSET, cette étape ne compromet en rien la qualité des vins. Hopwine s’occupe ensuite de l’expédition des échantillons dans des coffrets krafts recyclables. Hopwine s’occupe aussi des procédures douanières.

Combien ça coute ?
La participation est gratuite pour les visiteurs professionnels. Ils reçoivent les échantillons chez eux, sans frais. Pour les producteurs, l’inscription reste bien moins onéreuse qu’une participation à un salon classique. La première formule est à moins de 2000€. A noter qu’aucun frais d’hôtel, ni de restaurant ne se rajoutent à ce budget.

Hopwine montre la voie vers un avenir plus durable pour le monde du vin et des spiritueux. Découvrez cette plateforme unique et rejoignez le mouvement. Les inscriptions exposants sont ouvertes jusqu’au 15 novembre 2023 sur hopwine.com

Les visiteurs professionnels peuvent déjà créer leur badge d’accès gratuitement sur le site de la marque.

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Philippe Neusch, nouveau patron de Martell à Cognac : “Je crois à l’intelligence collective”

Philippe Neusch, 46 ans, prend la direction des activités du négociant Martell à Cognac. Parmi ses priorités : la transition environnementale de l’entreprise.

Dans ses précédents jobs, il savait tout des semences agricoles et des produits laitiers. Il découvre aujourd’hui les spiritueux et les spécificités du cognac. Philippe Neusch, 46 ans, prend la direction des activités du négociant Martell en Charente, sous la responsabilité directe de César Giron, PDG de l’entité Martell Mumm Perrier-Jouët (MMPJ). Cet ingénieur agronome de formation a pris son poste le 1er juillet 2023. Il succède à Mélina Py, promue directrice des opérations du groupe Pernod-Ricard en France et de leur coordination dans toute l’Europe du Sud.

Philippe Neusch, vous dirigez les activités de Martell à Cognac, deuxième acteur économique du négoce avec 450 salariés et 2,4 millions de caisses de 9 litres expédiés dans le monde entier en 2022-2023. Quel est votre parcours ?
J’ai passé un peu plus de quatre ans à la direction industrielle et supply chain de Cerience, filiale de la coopérative Terrena, spécialisée dans les semences. Je travaillais avec 1 500 agriculteurs dont la moitié étaient adhérents de la coopérative. Je suis désormais ravi de travailler avec les 1 200 viticulteurs partenaires de la maison Martell. J’ai aussi passé dix-huit ans chez Danone, dans de multiples responsabilités, notamment dans les opérations et en finance. Chaîne logistique, industrie, marketing, commerce : mes fonctions m’ont apporté une compréhension globale du fonctionnement d’une entreprise.

Semences, produits laitiers, nous sommes loin du monde des vins et des spiritueux…
[Sourire]. Cet univers m’a toujours intéressé ! Tout jeune, j’ai été éduqué aux plaisirs de la table, à la dégustation et à l’art de vivre à la française. Je me souviens encore d’une visite, ici, dans des chais à Cognac, avec mes parents. Je devais avoir 10 ans, pas plus.

Deux mois que vous exercez ici. Quel regard portez-vous sur la filière cognac ?
Elle est remarquable et très bien structurée. Je connaissais son importance culturelle et son poids économique. J’ai découvert la qualité de son organisation, mesuré la précision de son business plan et apprécié son goût du défi. Elle a une véritable intelligence collective.

Parlez-nous de votre feuille de route. Quelle est votre priorité chez Martell ?
Accélérer la transition environnementale. De nombreux chantiers sont déjà ouverts, notamment l’indispensable décarbonation de la distillation, mais il faut aller plus vite et plus loin. Je pense à la viticulture durable et régénératrice, à la sobriété énergétique et à l’écoconception des emballages. Soyons humbles, pour atteindre nos objectifs, il n’y aura pas une seule solution mais une multitude d’initiatives.. 

Quel style de management allez-vous employer ? Directif, participatif, persuasif, délégatif ?
Je me répète, je crois à l’intelligence collective. Je souhaite créer les conditions de la réussite en m’appuyant sur les talents de nos salariés, de nos viticulteurs partenaires et de tous les acteurs de la filière, de la vigne à la bouteille.

Vous prenez votre poste dans une conjoncture délicate, avec des expéditions en berne aux Etats-Unis d’Amérique…
Oui, le contexte économique et géopolitique est incertain. En 2022-2023, nos volumes expédiés ont légèrement décru et notre chiffre d’affaires a progressé de 10 %. Malgré des performances mitigées aux Etats-Unis, où Martell est historiquement moins présent que d’autres marques, la maison a trouvé de bons relais de croissance en Asie, où nous sommes leader dans les catégories supérieures, XO et XXO. Nous continuons à investir et sommes attentifs à tous les signes de reprise.

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Champagne Pernet & Pernet : vendange au clair de lune 

Le décès de quatre vendangeurs en Champagne fait la une de la presse. Sans qu’un lien direct ait pour l’instant été établi, la vague de chaleur des premiers jours a sans doute joué un rôle. Un vigneron de la Côte des blancs, Léo Allais-Pernet, pour parer à ces conditions difficiles, a fait le choix dès le début de la vendange de cueillir de nuit, un vrai confort pour ses saisonniers, et un atout pour la qualité des vins. 

Le champagne Pernet & Pernet qui sortira ses premières cuvées certifiées bios dans les mois prochains, représente 9 hectares à Vertus, Bergères sur Vertus, Ambonnay, Bouzy et Tauxières. Avec les chaleurs de plus en plus fortes au moment des vendanges, Léo Allais Pernet réfléchissait à la solution d’une cueillette de nuit depuis déjà quelques années. « J’aurais voulu me lancer en 2022, mais c’était plus compliqué. Cette année, c’est venu tout seul. Le premier jour, j’ai vu que les conditions pour les vignerons étaient vraiment très dures. Si bien que dès le deuxième jour on a décidé de commencer la cueillette à 4 heures. Grand bien nous a pris, car on commençait à voir les pompiers à droite, à gauche. Le troisième jour, on a débuté encore plus tôt à 2h30 pour terminer à 13h, cela pendant six jours, jusqu’à l’arrivée de la pluie qui a rafraîchi les températures. Nous avons la même équipe de saisonniers depuis trois ans. Ils ont un esprit un peu punk, aussi la nuit, ils étaient dans leur élément. On ne se rend pas compte mais couper dans l’obscurité à la frontale, c’est vraiment un autre exercice. Il n’y a rien pour vous perturber. Le vendangeur est beaucoup plus concentré. Il n’y a que le raisin, le sécateur, le seau. Comme nous avions tout effeuillé, il était plus facile de trouver les grappes. »  Sans parler du côté magique « Couper au clair de lune représente une expérience extraordinaire. Et quand les vendangeurs voient le soleil se lever sur les vignes, cela redonne de l’énergie à tout le monde. » Inutile de préciser que les vendangeurs étaient ravis de travailler à la fraîche, avec une température de 15 degrés au lieu de 35 degrés en pleine journée, même si cela leur a valu la visite des gendarmes, intrigués par ces cueilleurs de nuit qu’ils ont pris pour des voleurs de raisin.

Un premier galop d’essai qui s’avère ainsi très positif et beaucoup plus facile à mener que Léo ne l’avait envisagé. « Tout au plus a-t-il fallu s’équiper de gros projecteurs pour pouvoir s’occuper convenablement des caisses et les ramener. Mais logistiquement, je pensais que ce serait plus compliqué. »  

Cerise sur le gâteau, non seulement cette approche protège la santé des travailleurs, mais elle préserve aussi le raisin. « Le modèle champenois veut qu’il y ait davantage de vignerons vendeurs au kilo que de vignerons qui font leurs vins. Lorsque l’on fait soi-même son vin, on est forcément plus sensible aux conditions dans lesquelles le raisin arrive au pressoir. En cueillant le jour, j’ai des collègues qui n’arrivaient même pas à refroidir leur cuve tellement le raisin arrivait chaud, avec des jus à 25 degrés, quand les nôtres étaient à 15.  La chaleur favorise l’oxydation mais aussi le développement de mauvais germes qui vont obliger à sulfiter davantage. Enfin, le raisin noir qui macère risque de tâcher les jus. J’ai hâte de voir la différence que ce choix va produire sur nos vins. On soulignera au passage l’aspect écologique lié à l’économie d’énergie dans les cuveries. » En attendant, dans le village, les voisins ont trouvé un joli surnom aux vignerons de Pernet & Pernet désormais baptisés « les hiboux » !

Un vignoble en Normandie
Léo n’anticipe pas seulement le changement climatique en adaptant ses vendanges. Il a aussi acquis le château Saint Clair à Étretat en Normandie, lui-même étant à moitié normand. Le sous-sol crayeux ressemblant beaucoup à celui de la Champagne et le climat à celui que connaissait l’appellation au début du XXe siècle, il y a donc planté une quinzaine d’ares de pinot noir et de chardonnay qu’il vinifiera pour la première fois l’année prochaine. Dans cette bâtisse du XIVe siècle qu’il veut dédier à l’œnotourisme, les caves voûtées offrent un écrin parfait pour l’élevage de ses futures cuvées.

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