François Lurton, du sauvignon dans les veines

Homme infatigable, François Lurton et son frère Jacques ont voué une grande partie de leur vie à ce cépage si iconique qu’est le sauvignon blanc. Aujourd’hui encore, François court le monde pour produire des cuvées identitaires sur de grands terroirs calcaires.

Dire qu’il est tombé dedans quand il était petit comme Obélix n’est pas loin de la réalité. Originaire de l’Entre-deux-mers, François Lurton a côtoyé ce cépage depuis sa plus tendre enfance. Son père, André Lurton qui fut l’un des principaux artisan de la création de l’appellation Pessac-Léognan, le travaillait évidemment. Avec son frère Jacques, François va vouloir expérimenter de nouvelles approches pour ce cépage. Ce sont eux qui vont tester des vinifications en grands contenants mais aussi des vinifications sous bois. A condition d’être parfaitement maitrisées, au risque sinon de prendre le dessus sur une aromatique identitaire, celles-ci peuvent s’avérer extrêmement qualitatives. Leur expertise en la matière deviendra rapidement un passeport pour aller conseiller des vignerons dans d’autres vignobles français comme Sancerre mais aussi au-delà des frontières, de l’Afrique du Sud à l’Australie en passant par la Nouvelle-Zélande et le Chili. L’un des moments phare de leur carrière sera la création en 1997 d’une marque dédiée au sauvignon blanc. Les fumées blanches sont un vin de cépage dont François a fait un succès planétaire avec une production de plusieurs millions de bouteilles (les chiffres officiels ne sont pas communiqués). Et force est de constater que ce vin de négoce, sourcé aux quatre coins du vignoble français, est un modèle de qualité pour des volumes si importants. François Lurton est un magicien qui parvient à magnifier ce cépage pas si facile.

Une collection de vins, mais pas uniquement
Parmi les différentes cuvées dont François Lurton est le chef d’orchestre, Humo blanc s’avère très plaisant. Né dans la vallée de Lolol au Chili, ce vin offre un nez très délicat, oscillant entre notes de melon et de fruits blancs. Très fin en bouche, souple, il flatte le dégustateur d’une acidité très fine. Un vin équilibré et consensuel.

Dans la même région, le Clo de Lolol 2021, en assemblage avec 20% de chardonnay, démontre toute l’ampleur que peut offrir le sauvignon. Un vin tapissant, d’une très belle acidité pimpante en bouche conférant au vin un toucher de bouche d’une grande pureté. Pour ces cuvées chiliennes comme pour les autres, François Lurton rappelle qu’il est absolument fondamental qu’elles naissent en altitude afin de garantir de grandes amplitudes thermiques entre jour et nuit, condition essentielle pour une maturité optimale du cépage. En Espagne, dans l’appellation Rueda, François donne naissance à un sauvignon tout simplement exceptionnel, le Campo Eliseo Harmonia. Le millésime 2020 est une superbe réussite, un vin d’une élégance rare marqué par de fines notes de pêche, de mangue fraîche et doté d’une chair pulpeuse d’un grand équilibre. Et si François continue inlassablement de prospecter pour identifier de nouveaux terrains de jeu (il s’intéresse particulièrement à l’Auvergne actuellement sur des altitudes supérieures à 500 mètres), c’est du côté des spiritueux et apéritifs qu’il s’amuse avec son épouse, mais toujours autour du sauvignon blanc ! Ainsi est né sorgin, un gin à base de vin de sauvignon, ainsi que Léonce, un vermouth là aussi issu d’une base sauvignon, très friand (notes d’agrumes, d’épices douces) et équilibré. Un pas de côté pour un homme qui aura voué sa vie à faire rayonner le sauvignon dans le monde. Chapeau !

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18 lauréats pour la 5e édition des Trophées de l’Œnotourisme

ARCHITECTURE & PAYSAGE
PROSPER MAUFOUX AU CHÂTEAU DE SAINT-AUBIN – Bourgogne – OFFRE EXCEPTIONNELLE
CHÂTEAU DE L’ENGARRAN – Languedoc-Roussillon – Offre Remarquable

ART, CULTURE & SAVOIR-FAIRE
CHÂTEAU SAINT-ESPRIT – Provence – OFFRE EXCEPTIONNELLE
CAVES AMBACIA – Vallée de la Loire – OFFRE REMARQUABLE

INITIATIVES CRÉATIVES & ORIGINALITÉ
CHÂTEAU DE SAINT-MARTIN – Provence – OFFRE EXCEPTIONNELLE
TROGLO DEGUSTO – DOMAINE DES TABOURELLES – Vallée de la Loire – OFFRE REMARQUABLE

ŒNOTOURISME D’AFFAIRES & ÉVÉNEMENTS PRIVÉS
CHÂTEAU KIRWAN – Bordeaux – OFFRE EXCEPTIONNELLE
DOMAINE RIBERACH – Languedoc-Roussillon – OFFRE REMARQUABLE

PÉDAGOGIE & VALORISATION DE L’ENVIRONNEMENT
MARTELL & CO – Cognac – OFFRE EXCEPTIONELLE
CHÂTEAU LANCYRE – Languedoc-Roussillon – OFFRE REMARQUABLE

RESTAURATION DANS LE VIGNOBLE
DOMAINE DE FONTENILLE – Vallée du Rhône – OFFRE EXCEPTIONNELLE
DOMAINE FAMILLE BOURGEOIS – Vallée de la Loire – OFFRE REMARQUABLE

SÉJOUR A LA PROPRIÉTÉ
CHÂTEAU DE FERRAND – Bordeaux – OFFRE EXCEPTIONNELLE
DOMAINE DES GRANGES LONGES – Savoie – OFFRE REMARQUABLE

VIGNOBLE EN FAMILLE
CHÂTEAU BERNATEAU Bordeaux OFFRE EXCEPTIONNELLE
CHÂTEAU HOURTIN-DUCASSE Bordeaux OFFRE REMARQUABLE

PROMOTION D’UN TERROIR
MUSÉE DU VIN DE CHAMPAGNE ET D’ARCHÉOLOGIE RÉGIONALE – Champagne – OFFRE EXCEPTIONNELLE
LA CAVE D’IROULEGUY – Sud-Ouest – OFFRE REMARQUABLE

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[PRIMEURS] Les Carmes Haut-Brion montrent la voie

Réussite exceptionnelle du millésime 2022 et star sans cesse montante du vignoble bordelais, le château Les Carmes Haut-Brion (Pessac-Léognan) dévoile son prix en primeurs. D’autres sorties du jour se révèlent également intéressantes.

« La dégustation révèle une qualité de tanins aiguisés, conjugués à la signature argilo-calcaire du terroir et à la maturité de la vendange : trois facteurs de tension, de pureté et de puissance. Farandole de fruits d’été : mûre, cassis, figue violette, à l’aération iris et jacinthe, une pincée de muscade, fine salinité et éclat poivré en finale. 70 % de grappes entières et un élevage sur mesure : 70 % de fûts neufs, 20 % de foudres de 18 hl, le solde en amphore ». Tel est le commentaire de la rédaction de Terre de Vins (signé Sylvie Tonnaire) pour le millésime 2022 du château Les Carmes Haut-Brion, avec la note de 98-99/100 et un coup de cœur au passage. Amateurs, fourbissez vos armes ou du moins votre portefeuille, car la star montante de Pessac-Léognan vient de sortir en primeurs au prix de 149 € TTC. L’augmentation est sensible par rapport aux prix de sorties (alors hors taxe) du 2021 (92,50 € HT) et du 2020 (91 € HT), mais l’attractivité du cru ne cesse de se confirmer année après année et il reste encore « accessible » compte tenu de sa cote actuelle.

Les autres sorties du jour :

Château Malartic-Lagravière blanc – Cru Classé de Graves (Pessac Léognan) : 63,80 € TTC
Château Malartic-Lagravière rouge – Cru Classé de Graves (Pessac Léognan) : 47 € TTC
Château d’Armailhac, 5ème Grand Cru Classé 1855 (Pauillac) : 55,90 € TTC
Château La Tour Figeac, Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 43,20 € TTC

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Saint-Émilion : Bélair-Monange déploie ses ailes

Le Premier Grand Cru Classé de la famille Moueix inaugurait hier, après quatre ans de travaux, son nouveau chai juché sur le plateau calcaire de Saint-Émilion. Une prouesse architecturale et technique à la mesure des ambitions de la propriété.

Cela faisait quelque temps que les visiteurs de passage à Saint-Émilion bouillonnaient d’impatience, avides de découvrir ce qui se tramait tout là-haut sur le plateau. Hier soir, ils ont pu voir. Christian Moueix, Président des Établissements Jean-Pierre Moueix et Edouard Moueix, Directeur-Général, ont enfin dévoilé les nouveaux chais du château Bélair-Monange, Premier Grand Cru Classé de Saint-Émilion. Une réalisation signée par les architectes Jacques Herzog et Pierre de Meuron, aboutissement d’un projet né en 2015, dont le premier coup de pioche a été donné en 2019 et qui se dévoile enfin au grand jour – même si le millésime 2022 a déjà été vinifié dans ces nouvelles installations techniques.

Le château Bélair-Monange constitue une fusion entre Château Bélair, acquis par la famille en 2008, et de Château-Magdelaine, acquis en 1952. Ces deux propriétés faisaient partie du cercle des Premiers Grands Crus Classés de Saint-Émilion dès le classement d’origine, en 1955. Le nom de Bélair-Monange a été choisi, lors de la fusion, en hommage à Adèle Monange, mère de Jean-Pierre Moueix et première femme de la famille arrivée de Corrèze à Saint-Émilion en 1930. l’ensemble constitue aujourd’hui un ensemble de 30 hectares, dont 26 de vignes situées sur un terroir majuscule.


L’ambition de la famille Moueix de hisser au plus haut les vins de Bélair-Monange passait par la nécessité de se doter d’un outil technique ad hoc. Pour ce faire, le choix des architectes s’est porté sur Jacques Herzog et Pierre de Meuron, architectes bâlois (Prix Pritzker 2001) qui ont déjà construit le chai de Dominus Estate dans la Napa Valley (1997) et le Réfectoire des Vendangeurs au Château La Fleur-Pétrus à Pomerol (2002). La gageure était de s’intégrer, en accord avec les Bâtiments de France, dans le cadre du paysage viticole classé par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité en 1999. Le nouveau chai de Bélair-Monange, associant béton, chêne et autres matières nobles, s’intègre dans une notion de minéralité en adéquation avec la nature du plateau calcaire de Saint-Émilion, réalisant ainsi « le rêve de Jean-Pierre Moueix ».

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Domaine Méo-Camuzet : un millésime 2021 de belle facture

Le célèbre domaine de Côtes de Nuits présentait il y a quelques jours ses 2021 embouteillés. Sur un millésime moins éclatant que ceux qui l’ont encadré, Jean-Nicolas Méo a réussi à trouver la juste mesure entre matière veloutée et gourmandise de fruits.

La discrétion de Jean-Nicolas Méo est proportionnelle à la notoriété du domaine familial dont il s’occupe avec sa sœur. Relativement peu disert, l’homme a tout de même tenu à présenter à plusieurs journalistes ses cuvées sur le millésime 2021. Ce dernier fut éprouvant pour tous les vignerons de la région, entre intempéries climatiques notamment un épisode de gel très marqué et foyers de maladie. Un millésime où les volumes n’ont pas été importants et où la concentration des baies est sans commune mesure avec certains des derniers millésimes. Pour autant, comme le rappelle Jean-Nicolas, « cela marque le retour à une forme de classicisme ». Et celle-ci n’est pas pour nous déplaire. Avec son grand talent de vinificateur (et il en fallait sur ce 2021), Jean-Nicolas a réussi à sortir des jus très bien définis, suaves et gourmands. Bien évidemment, la dégustation montre des vins plus élégants qu’intenses mais leur charme n’en est pas moins intéressant.

Une gamme homogène

Constituant historiquement des volumes importants pour le domaine (jusqu’à 50% de la production), la part du négoce a été réduite ces dernières années. Plusieurs cuvées continuent toutefois d’être produites comme ce Nuits-Saint-Georges d’un juteux délicieux ou ce Chambolle-Musigny précis et d’une belle allonge. Côté vins du domaine, on ne peut que saluer la qualité du Corton Les Perrières, magnifique expression de ce grand cru qui a bénéficié d’une peu de rafles entières pour le densifier. La bouche est d’une grande rondeur, d’une vraie plénitude. Le toucher de bouche est délicat et soyeux. Un vin qui se déguste aujourd’hui très bien. A l’instar du Clos Vougeot à l’intensité aromatique remarquable ou du Vosne-Romanée premier cru Aux Brulées. Ce dernier incarne la force tranquille. Doté d’une grande puissance, il y associe un toucher de bouche comme poli, particulièrement élégant. Jean-Nicolas précise que « sur ce type de millésime, l’élevage a été déterminant. La grande recette en Bourgogne, c’est d’attendre. Les vins qui manquaient de corps en début d’élevage se sont progressivement enrichis ». Des vins aériens, dentelés, qui vont offrir un grand plaisir de dégustation pendant une bonne dizaine d’années. 

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Trophées Bordeaux Vignoble Engagé : l’édition de la maturité

La 5ème cérémonie des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé se tenait hier soir à la Cité du Vin pour célébrer un engagement toujours plus accru de la filière en faveur d’une viticulture responsable. Au total, ce sont 17 propriétés qui ont vu récompensées leurs actions vertueuses.

Ce qui était une promesse il y a 5 ans est aujourd’hui une confirmation. Après une nouvelle édition réussie, les Trophées Bordeaux Vignoble Engagé sont pleinement installés dans le paysage viticole bordelais et montrent plus que jamais l’exemple. Initiés par Sud Ouest, le CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) et Terre de vins, les trophées ont célébré leurs noces de bois en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Crédit Agricole Aquitaine, H&A Location, l’ISVV et Portocork. Le coup d’envoi de la soirée à été donné avec la conférence intitulée “La RSE, outil d’attractivité pour les métiers de la vigne et du vin” animée par Rodolphe Wartel, directeur général de Terre de vins, en compagnie de Marie-Catherine Dufour (Directrice du service technique du CIVB), Stéphanie Peres (Chercheuse en économie et directrice adjointe au transfert et aux relations avec la filière pour l’ISVV), Pierre Cazeneuve (Propriétaire du Château Paloumey) et Serge Melchior (Grands Chais de France). Une heure durant, il a donc été question de RSE, outil qui a replacé le social, le sociétal et l’environnemental au cœur de l’entreprise, apparaissant aujourd’hui comme « un enjeu fort et indispensable pour rendre les entreprises plus équilibrées et par conséquent, plus compétitives » dixit Marie-Catherine Dufour qui avec le CIVB, encourage cette dynamique grâce au label « Bordeaux cultivons demain ».

« Bordeaux n’a pas à rougir »
Après ces passionnants échanges, la cérémonie tant attendue est arrivée, introduite par Rodolphe Wartel qui a évoqué « une édition de la maturité » avant de rappeler que « Bordeaux n’a pas à rougir et à même une longueur d’avance » concernant l’engagement de ses vignerons sur cette thématique du développement durable. Derrière lui, l’écran géant décrivait le chemin parcouru en 5 ans avec plus de 1 300 dossiers étudiés, 500 finalistes et 84 lauréats. C’est Allan Sichel, président du CIVB qui, après avoir clamé sa « fierté de voir perdurer l’engagement de très longue date la filière bordelaise« , à ouvert le bal de ce palmarès 2023 récompensant 17 propriétés à travers 5 catégories : Empreinte, Nature & Respect, Vivre Ensemble, Faune & Flore, Innovation & Avenir et 2 prix spéciaux : Coup de cœur du jury pour la démarche collective et Trophée du vigneron de l’année. Pendant une heure et demi, l’ensemble des lauréats se sont relayés sur scène pour recevoir des mains des partenaires la récompense de leurs engagements vertueux. Ce sont, cette année, les propriétés de petites tailles qui ont suscité l’adhésion du jury puisqu’elles raflent l’immense majorité d’un palmarès ou Château d’Arche est le seul grand cru classé en 1855 à figurer. La remise des prix s’est conclue dans le sourire avec l’attribution du Trophée de la vigneronne de l’année à Noémie Tanneau du Château St-Ferdinand, qui avec son parcours extraordinaire et sa joie de vivre communicative à illuminé un auditorium Thomas Jefferson qui affichait complet pour l’occasion. Au lendemain du succès de la première Randonnée Vignoble Engagé, cette soirée événement à scellé pour de bon la place de la filière bordelaise comme locomotive environnementale.


Photos Adrien Viller

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Fitou : 75 ans, toutes ses dents et un rajeunissement

Fitou, la plus ancienne appellation du Languedoc, a fêté ses 75 ans il y a quelques jours lors d’un événement à Toulouse. A l’heure où le vin rouge a moins la cote, l’AOC monochrome cherche à se moderniser. Rencontre avec Alain Gleyzes, son président.

« Ne pas montrer qu’on est différent, c’est acter le fait de mourir sans lutter ! » Alain Gleyzes a le sens de la formule au moment de lancer les festivités des 75 ans de l’AOC Fitou, première à être reconnue dans le Languedoc par décret du 28 avril 1948. L’appellation a décidé de prendre les choses en main. « Il est temps de récupérer cette fierté d’être une ‘petite’ appellation du Languedoc (65400 hl de production en 2022) qui gagne à être connue », ajoute-t-il. Depuis deux ans déjà, l’AOC Fitou s’est adjoint les services de Big Happy afin de rajeunir son message et se tourner vers l’avenir. « C’est vrai que le chantier prend du temps, nous sommes en pleine crise avec une consommation de vins rouges en nette baisse et des marchés qui tournent le dos au Languedoc », reconnait Alain Gleyzes. Mais Fitou a des arguments à faire valoir : tout d’abord un terroir bicéphale dont peu d’appellations peuvent se targuer. Deux entités distinctes, communément nommées « Fitou Côté Mer » (sols argilo-calcaires) et « Fitou Côté Montagne » (schistes, galets roulés et calco-schistes), qui offrent des vins uniques.

Diminuer l’aire d’appellation, le carignan en majesté
« Fitou a toujours prôné l’excellence avec un collectif soudé pour tendre vers l’excellence, ajoute Alain Gleyzes. Nous sommes la seule aire d’appellation dont l’étendue a diminué depuis sa création (2600 hectares initialement, 1970 depuis 2017), et ce, à la demande des vigneronnes et des vignerons. » Fitou c’est évidemment le cépage emblématique : Monsieur Carignan. « Il est clairement l’ADN de l’appellation et c’est tant mieux pour nous, poursuit le président. Il avait été banni à une époque et maintenant, il revient dans les bonnes grâces face au réchauffement climatique. » « C’est un cépage adapté à la sécheresse, ses sarments résistent bien au vent, ce qui est important dans nos régions, confirme Romain Vidal, vigneron œnologue au Mas de La Roque. Il est intéressant lorsque la production n’est pas trop élevée à l’hectare. La maturité pleine du raisin nous permet d’avoir un côté fruité moins alcooleux, des tanins ronds, des vins équilibrés avec un degré maîtrisé. » Un cépage profond et généreux qui apporte de la structure, de la fraîcheur et des notes acidulées, complété par la rondeur du grenache et les épices de la syrah, voilà un cocktail qui détonne sur le schiste et le calcaire local.

Engagement vertueux et foncier abordable
Cela n’empêche pas l’appellation de réfléchir à son futur en lançant une étude de l’adaptabilité des cépages au sol et à la vie du sol. « Fitou, c’est aussi une appellation qui a un œil vers l’avenir avec au total, 23 caves particulières (sur 37) et 3 caves coopératives (sur 3) inscrites dans une démarche agro-environnementale et une moyenne d’âge d’une quarantaine d’années au sein des domaines en propre », rajoute Alain Gleyzes. Avec un foncier qui n’est pas loin d’être l’un des moins chers de France (entre 8000 et 14000 €/ha), les successions et les installations ont la cote. Evidemment reste le problème majeur du marché du vin rouge. « Quand on ne produit qu’une couleur, il est difficile de rester maitre de la situation », convient le président. « Mais on n’est plus du tout dans le cliché que ‘Le Fitou, ça se boit avec du gibier’, rebondit Hélène Grau, œnologue, co-fondatrice de l’entreprise de conseil Synergie Lab, à Perpignan. Aujourd’hui, le Fitou, ce sont des vins fins, qui se marieront aussi bien avec une belle viande rouge, sans ‘l’écraser’, qu’avec des poissons, des légumes grillés… » De quoi peut-être plaire au marché asiatique, l’un des seuls où le vin rouge a encore la cote…

Plus d’informations sur https://www.fitouaoc.com/

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Cognac : une pierre blanche et deux annonces de taille

Lundi, le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) ouvrait un chantier symbolique. Il a profité de la présence du ministre de l’Agriculture en Charente pour dévoiler deux informations importantes

Pas de truelle ni de mortier mais un ruban rouge et des ciseaux. Lundi à Cognac, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a « inauguré » à défaut de sceller la première pierre du futur siège social du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC). Le chantier débutera cet été sur les bords du fleuve Charente, face au port de plaisance. L’ensemble immobilier conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte devrait être livré au printemps 2025.

L’investissement (18,4 millions d’euros HT) est conséquent. Il témoigne de la vigueur d’une filière d’excellence, « la première en tant qu’exportatrice de spiritueux avec 3,8 milliards de chiffre d’affaires à l’international », a souligné le ministre. « Être français et ignorant du cognac, ce serait une faute de goût. Pour un ministre, ce serait une faute professionnelle […]. Le cognac, c’est la France ! Ce matin, je suis très heureux de célébrer la France avec vous », a-t-il déclaré.

Un “moment charnière”
Hasard (ou politesse) du calendrier : on célébrait ce lundi 5 juin la Journée mondiale de l’environnement (instaurée par l’ONU en 1972). Marc Fesneau a loué la résilience et « l’engagement de la filière dans la transition environnementale », à un « moment charnière » où « le changement climatique nous impose d’agir ».

Christophe Veral, le président du BNIC, a profité de la tribune ministérielle pour formuler deux annonces importantes. La première concerne la révision prochaine de la Certification environnementale cognac (CEC) ; la seconde la création d’une association capable de mobiliser plus de matière grise et d’argent dans la R&D appliquée à la transition écologique.

La CEC a été créée en 2017. La Haute valeur environnementale (HVE) de niveau 3 en est le socle, avec des exigences accrues spécifiques au vignoble charentais, notamment en matière de pulvérisation confinée et de gestion des effluents. A ce jour, 400 viticulteurs (sur les 4 300 dans l’aire d’appellation) sont certifiés CEC. Avec la réforme nationale du label HVE, la CEC va donc évoluer. Les professionnels charentais la veule « plus simple, plus pragmatique, ouverte à tous », notamment aux titulaires du niveau HVE 2 mais aussi aux exploitants conduisant leurs vignes en agriculture biologique. La nouvelle mouture de la CEC sera détaillée lors des vendanges et mise en œuvre début 2024. « L’objectif de 100 % de viticulteurs certifiés en 2028 est inchangé », a souligné Christophe Veral.

L’association Imagine Cognac
La deuxième annonce, de taille elle-aussi, porte donc sur la création d’une association capable d’accélérer la transition écologique dans les deux Charentes. Imagine Cognac, c’est son nom, va muscler les ressources via la création de groupements d’intérêt scientifiques capables de lever des fonds privés. Son travail complétera celui des 25 ingénieurs agronomes et techniciens du BNIC.

« Avec cette association, nous voulons déployer notre R & D plus vite et plus fort, afin de garantir la pérennité du cognac dans son territoire d’origine et maintenir à très long terme la qualité de vie à laquelle ses habitants aspirent », a déclaré Patrick Léger, le négociant appelé à présider Imagine Cognac.

Le premier groupement d’intérêt scientifique (GIS) sera dévolu à une expérimentation à grande échelle de produits AB et de biocontrôle, « afin de trouver le plus rapidement possible une alternative à l’utilisation des pesticides de synthèse ». Le second GIS pourrait s’intéresser à la décarbonation de la distillation. Des programmes de recherche sur ces deux sujets existent déjà à Cognac. Avec plus de moyens, ils devraient s’accélérer. Notons qu’une partie des financements seront apportés par une cotisation volontaire obligatoire (CVO) spécifique apportée par la famille viticole.

Rappelons qu’avant d’être reçu à Cognac, Marc Fesneau avait rencontré, tôt le matin, les représentants des vins de Bordeaux dans une exploitation de l’Entre-Deux-Mer. Il était question de la crise qui ébranle le vignoble girondin et de la signature d’un plan d’arrachage de 9 500 hectares.

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Week-end des Grands Crus : en route pour la 17e édition

La 17e édition du Week-end des Grands Crus se déroule du 9 au 11 juin. Un rendez-vous qui permet à l’Union des Grands Crus de Bordeaux de toucher le grand public, en invitant les amateurs à venir à la rencontre de ses propriétés membres. Entretien avec le président de l’Union, Ronan Laborde.

Quels sont les temps forts à attendre pour cette 17e édition ?
Comme vous le savez, l’Union des Grands Crus organise un certain nombre d’événements, toute l’année à travers le monde, s’adressant essentiellement aux professionnels. Ce Week-end des Grands Crus est pour nous l’occasion de toucher le grand public dans une ambiance festive, d’ouvrir les portes de nos châteaux et de faire goûter nos vins, « à domicile », aux amateurs bordelais, français et internationaux. Nous attendons pour cette édition entre 1300 et 1500 visiteurs. Le point d’orgue de ce week-end sera, samedi10 juin, la grande dégustation qui se tiendra de 10h à 17h au Hangar 14, sur les quais de Bordeaux. 110 propriétés feront goûter leurs vins (le millésime 2020 et un millésime au choix), elles représenteront la rive gauche comme la rive droite, avec des animations musicales et culinaires, des masterclasses animées par Margot Ducancel (« Rouge aux Lèvres »), le critique chinois Alexandre Ma et la verrerie Riedel.

Les visiteurs sont également invités à explorer le vignoble durant ce week-end…
Oui, le programme est une nouvelle fois très riche avec, vendredi et samedi, des « dîners passion » dans cinq propriétés (Château de Fargues, Château Clarke, Château Beauregard, Château Kirwan et Château Pichon Baron) qui feront déguster leur vin ainsi que les vins d’autres membres de l’Union. Ces dîners très prisés affichent déjà complet pour certains d’entre eux. Le dimanche, les amateurs ont la possibilité de participer à des circuits découverte dans le vignoble (Médoc, rive droite et Pessac-Léognan / Sauternes), avec des visites, dégustations et déjeuners à la propriété. Dimanche se tient enfin un tournoi de golf, qui se déroule au Grand Saint Emilionnais Golf Club.

Après la belle affluence de dégustateurs constatée lors de la Semaine des Primeurs, ce Week-end des Grands Crus est-il l’occasion de confirmer la bonne dynamique dans laquelle veut s’inscrire Bordeaux, après les années Covid ?
Oui, le millésime 2022 a été très apprécié par la presse internationale, il s’inscrit dans une belle série de millésimes de haute qualité qui confirme le retour de Bordeaux au premier plan. Le 2020, qui est présenté lors de la grande dégustation de ce week-end, s’inscrit dans cette succession de grands millésimes. Bien sûr, au-delà de la qualité des vins, il y a toujours des préoccupations autour du contexte économique et international auquel nous sommes forcément liés. Ce Week-end des Grands Crus constitue justement une occasion de se retrouver, de prendre du plaisir, de se cultiver, de constater l’évolution des vins de Bordeaux, la dynamique des propriétés, la mutation des pratiques, et de découvrir, pour un tarif de 50 €, une grande variété de vins qui incarnent toute la diversité bordelaise.

Informations pratiques et billetterie sur le site officiel de l’Union des Grands Crus

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Les lauréats des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé 2023 sont ….

Catégorie Faune et Flore
CHÂTEAU BARDINS – GRAND PRIX D’OR
CHÂTEAU LE MOULIN DE LA MARZELLE – BRONZE
VIGNOBLES INVINDIA – ARGENT

Catégorie Empreinte
UNION DES PRODUCTEURS DE SAINT-ÉMILION – GRAND PRIX D’OR
VIGNOBLES SIOZARD – BRONZE
CHÂTEAU D’ARCHE – ARGENT

Catégorie Nature et respect
DOMAINE JEAN-YVES MILLAIRE – GRAND PRIX D’OR
CAVE TUTIAC – ARGENT
CHÂTEAU DE CHELIVETTE – BRONZE

Catégorie Innovation et avenir
DOMAINE EMILE GRELIER GRAND – PRIX D’OR
CHÂTEAU HAUT-CHAIGNEAU – ARGENT
CHÂTEAU FOURCAS HOSTEN – BRONZE

Catégorie Vivre Ensemble
CHÂTEAU DU TAILLAN – GRAND PRIX D’OR
CHÂTEAU BONALGUE – ARGENT
YVON MAU – BRONZE

Prix Spécial de la Vigneronne Engagé de l’année
CHÂTEAU ST-FERDINAND

Coup de cœur démarche collective
LES EPICU’RIONS

Retrouvez toute la cérémonie en cliquant sur ce lien.


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