Crise du vignoble bordelais : lancement du plan d’arrachage face à des viticulteurs en « détresse »

Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau et les représentants des vins de Bordeaux ont signé lundi le déblocage d’une aide à l’arrachage d’une partie du vignoble, en proie à une grave crise de surproduction, à l’issue d’une réunion avec des viticulteurs en « détresse ».

Cette enveloppe de 57 millions d’euros, cofinancée par l’État et le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), doit permettre l’arrachage « sanitaire » d’environ 9.500 hectares de vignes, avec une prime de 6.000 euros par hectare, afin de lutter à titre préventif contre la flavescence dorée, une maladie qui menace les vignes laissées à l’abandon.

L’Etat a mobilisé 38 millions d’euros, et le CIVB débloqué 19 millions, dont 14 millions tirés d’un emprunt, pour financer ce plan qui permet indirectement de réduire les volumes de production. Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ajoute 10 millions d’euros pour aider « au moins 300 viticulteurs » à diversifier leur productions. Ce plan, « même s’il est insuffisant à plusieurs égards« , doit être mis en place « le plus vite possible » car « les derniers chiffres sur la consommation en France montrent que les choses s’aggravent« , a alerté le vice-président du CIVB Bernard Farges lors d’une réunion à Salleboeuf (Gironde) avec le ministre et une trentaine de représentants de viticulteurs témoignant « de cris de détresse » localement.

Dans le premier vignoble AOC de France, avec 110.000 hectares de vignes cultivés, les appellations les moins prestigieuses souffrent d’un effondrement des prix et d’une surproduction évaluée à un million d’hectolitres. En janvier, plus d’un vigneron girondin sur trois se déclarait en difficulté auprès de la Chambre d’agriculture. Pour Didier Cousiney, du collectif Viti 33 qui réclame l’arrachage d’au
moins 15.000 hectares, avec une prime de 10.000 euros par hectare, « on n’est pas en crise, on est en guerre. Il faut prendre des décisions urgentes car dans quelques temps le paysage girondin va être défiguré, dénaturé« . Ces aides ne représentent pas « un solde de tout compte« , a répondu Marc Fesneau, ouvrant la voie à des prêts bonifiés pour « être offensif collectivement » à l’export. Il a également promis « au niveau européen » un prochain dispositif de distillation des excédents, afin de réduire les volumes « pour faire face à cette crise qui est une crise de consommation« .

Une dizaine de militants anti pesticides, munis de casseroles, ont attendu sans succès le ministre à sa sortie de la réunion.

Nous en parlions également dans l’émission Vino Veritas du mois de janvier 2023 à retrouver en replay en cliquant sur ce lien.

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Randonnée Bordeaux Vignoble Engagé en vidéo

[Randonnée Bordeaux Vignoble Engagé]

Vous étiez plus de 470 à fouler les terres du vignoble de Saint-Emilion hier.

L’intégralité des tickets d’entrée, soit près de 1400€, seront reversés à l’association Biotope Festival.

Rendez-vous ce soir dès 18h sur facebook pour la remise des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé. Toutes les photos, infos, liens sont disponible sur terredevins.com !

Encore merci pour votre présence.

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Cognac Frapin : L’incroyable mais vrai

Il est des choses que la fiction ne pourrait délivrer, faute d’être crédible. Comme cette anecdote de Frapin qui s’est déroulée ce jeudi 1er juin où la réalité dépasse volontiers la fiction. Explications.

On le sait, l’anniversaire a nourri dernièrement les colonnes de Terre de Vins, la cuvée Fontpinot XO de Frapin célèbre cette année son centenaire avec, pour l’occasion, un flacon singulier. Jusque-là, rien d’étonnant, juste du plaisir. Coïncidence de calendrier, il s’avère par ailleurs qu’en 1923 est né le futur maître de chai de la maison Frapin, un certain Guy Jeanneteau. Il travaillera durant presque 40 ans – de 1947 à 1986 – en les murs de la pépite de Segonzac afin de poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs et ce dans l’excellence, fidèle à l’esprit de la maison. Il aurait ainsi au 100 ans cette année ! Non, mieux, il a 100 ans cette année et Jean-Pierre Cointreau, propriétaire de la maison Frapin, le directeur-général et maître de chai Patrice Piveteau ainsi que le reste de l’équipe se sont rendus le jeudi 1er juin 2023 dans la maison de repos de Cozes pour fêter l’anniversaire de Monsieur Guy Jeanneteau. L’histoire est aussi belle que la vie.

À notre tour, l’équipe de Terre de Vins lui souhaite un très bel anniversaire !  

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[PRIMEURS] Château Palmer s’affiche

La campagne des Primeurs 2022 reprend en ce début de semaine sur les chapeaux de roues, avec la sortie de l’emblématique Château Palmer, 3ème Grand Cru Classé 1855 (Margaux). On fait également le point sur les sorties récentes.

Noté 97-98 par la rédaction de Terre de Vins, qui a noté qu’il « tutoie une nouvelle fois les sommets de Margaux » avec son millésime 2022, Château Palmer sort au prix de 414 € TTC. Par comparaison, il était sorti au prix de 280 € HT en 2021 et 2020, et 187 € HT en 2019. On est donc sur une augmentation de prix assez sensible, de l’ordre de +20%. Le second vin de la propriété, Alter Ego, sort pour sa part au prix de 92,40 € TTC. Voir notre article récent sur les travaux en cours au château Palmer.

Les autres sorties récentes
Château Clerc Milon – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 91,80 € TTC
Château Grand Puy Lacoste – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 82,30 € TTC
Château Grand Puy Ducasse – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 42,50 € TTC
Château Haut Batailley – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 60,50 € TTC
Château Branaire Ducru – 4ème Grand Cru Classé (Saint-Julien) : 55,40 € TTC
Château Talbot – 4ème Grand Cru Classé (Saint-Julien) : 67,20 € TTC
Château Marquis d’Alesme Becker – 3ème Grand Cru Classé (Margaux) : 52,20 € TTC
Château Kirwan – 3ème Grand Cru Classé (Margaux) : 51,80 € TTC
Château Cos Labory – 5ème Grand Cru Classé (Saint-Estèphe) : 37,80 € TTC
Château Olivier rouge – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 31,10 € TTC
Château Olivier blanc – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 35,30 € TTC
Château Latour Martillac rouge – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 35,70 € TTC
Château Latour Martillac blanc – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 41,40 € TTC
Château Carbonnieux rouge – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 36 € TTC
Château Carbonnieux blanc – Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan) : 36 € TTC
Château Brown blanc (Pessac-Léognan) : 30,20 € TTC
Château Brown rouge (Pessac-Léognan) : 31 € TTC
Clos Marsalette (Pessac-Léognan) : 20 € TTC
Château La Mondotte – Premier Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 201,60 € TTC
Château Canon La Gaffelière – Premier Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 90,70 € TTC
Clos de l’Oratoire – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 38,60 € TTC
Château de Ferrand – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 33,60 € TTC
Château Grand Mayne – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 45 € TTC
Château Corbin – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 34,80 € TTC
Château Faugères – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 39,60 € TTC
Château Péby-Faugères – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 165,60 € TTC
Château Laroze – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 28,20 € TTC
Château Lassègue – Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 34,80 € TTC
Château Sociando-Mallet (Haut-Médoc) : 38,60 € TTC
Château Labégorce (Margaux) : 34,80 € TTC
Château Ormes de Pez (Saint-Estèphe) : 29,40 € TTC
Château Potensac (Médoc) : 28,20 € TTC
Château La Tour de Mons – Cru Bourgeois Supérieur (Margaux) : 22,80 € TTC
Château Nénin (Pomerol) : 76,80 € TTC
Château Taillefer (Pomerol) : 28 € TTC
Château La Pointe (Pomerol) : 46,80 € TTC
Château Les Cruzelles (Lalande-de-Pomerol) : 27,50 € TTC
La Chenade (Lalande-de-Pomerol) : 21,40 € TTC
Château Montlandrie (Castillon-Côtes-de-Bordeaux) : 23,60 € TTC
Château Cap de Faugères (Castillon-Côtes-de-Bordeaux) : 14 € TTC
Château d’Aiguilhe (Castillon-Côtes-de-Bordeaux) : 19,10 € TTC
Château Saintayme (Saint-Émilion Grand Cru) : 17,40 € TTC
« Caillou Blanc » de Chateau Talbot (Bordeaux blanc) : 43,70 € TTC

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Une première édition de la Randonnée Bordeaux Vignoble Engagé pleine de promesses

470 randonneurs se sont réunis hier, dans le parc Guadet à Saint-Emilion, pour la première édition de la Randonnée de Bordeaux Vignoble Engagé (BVE) autour de deux boucles possibles, 9 ou 5 kms !

17 châteaux
En partenariat avec le Conseil des Vins de Saint-Émilion et le CIVB, les randonneurs se sont aventurés à travers 17 châteaux du vignoble de Saint-Emilion : Château Villemaurine, château La Couspaude, Château Balestard la Tonnelle, Château Haut Sarpe, Château Coupelle d’Ertan, Château Gaubert, Château Sarpe Grand Jacques, Château Barde haut, Château Tour St Christophe, Château Guillemot, Château la Grangere, Château Godeau, Château Tour Baladoze / la Croizille, Château Tertre Roteboeuf, Château Pavie Decesse et Château Pavie Macquin.


La randonnée est une occasion unique de faire (re)découvrir au public la beauté des paysages et de montrer, au travers d’ateliers animés par des vignerons, l’ensemble des projets mis en place pour protéger cet écrin.

Le Château Haut-Sarpe (Grand Cru Classé de Saint-Émilion, Saint-Christophe-des-Bardes) faisait découvrir son travail autour de la biodiversité avec des nichoirs à chauve-souris et hôtel à insectes, une et ferme pédagogique.

À l’occasion d’une halte sur le parcours des 5 km, le Château Sarpe Grand Jacques (Saint-Émilion Grand Cru, Saint-Christophe-des-Bardes) proposait une approche gustative du terroir présentant un des vins qui reflète et respecte le lieu où il est né et les personnes qui y contribuent. Les plus petits ont eu le droit au jus de raisin de la propriété.

Le Château Barde-Haut (Saint-Émilion Grand Cru Classé, Saint-Christophe-des-Bardes) a présenté son nouvel ensemble viti-vinicole responsable avec par exemple des toitures végétalisées, des puits canadiens qui permettent de réduire les amplitudes thermiques du chai et du cuvier, une éolienne fixée sur la toiture des ateliers alimente l’éclairage extérieur des bâtiments, les eaux de pluie qui sont récupérées et réutilisées pour l’usage au quotidien…

Enfin, après une côte vertigineuse, les randonneurs ont pu faire une halte sur la terrasse panoramique du Châteaux La Croizille (Grands Crus Classé de Saint-Émilion, Saint-Laurent-des-Combes) avec la dégustation de la cuvée 2012 du Château La Croizille.


Biotope Festival
L’intégralité des ventes de la billetterie sera remise à l’association Biotope Festival qui œuvre pour une action pédagogique auprès des scolaires, des enseignants et des familles en traitant la question de l’environnement et de la biodiversité, mais également pour un accompagnement, auprès de la Jurade de Saint-Émilion, avec “La marche des arbres” qui reboise le territoire. Biotope Festival, c’est aussi une action autour de l’alimentation avec “Mon resto responsable”, à destination des restaurations collectives, et plus particulièrement des scolaires et enfin un accompagnement à la réinstallation de maraîchers pour que les cantines puissent se fournir auprès d’eux. 

©A. Viller

Le village
Quartier général au départ et à l’arrivée de la randonnée, le village découverte au cœur du parc Guadet à pu proposer à chacun de se reposer, se retrouver autour d’ateliers ludiques organisés par l’École du Vin de Bordeaux avec une dégustation pédagogiques et Justine Colson qui proposait une atelier sophro-tasting.


Et après quelques kilomètres dans les jambes, tout le monde a pu se restaurer avec le food truck, le Casa Mama qui servait des gaufres salés et sucrées, Lou Vincent qui à regalé les gourmands avec ses grillades,, le tout, accompagné du Saint-Émilion Wine truck et du Pablito Coffee compagny. On pouvait aussi y retrouver Cabicoulx qui proposait des fromages de chèvres et des sorbets à base de lait de chèvres ainsi que La Ferme de Hournadet.

La journée a été rythmée par le groupe de rock “Les Landers” dont la chanteuse et guitariste était Marie-Pierre Lacoste vigneronne au Château La Clotte-Cazalis situé à la confluence de la Garonne et du Ciron.


Trophées Bordeaux Vignoble Engagé
Cette randonnée était un prélude aux Trophées Bordeaux Vignoble Engagé qui se déroulent ce soir dès 18h avec une conférence sur le thème « La RSE, outil d’attractivité pour les métiers de la vigne et du vin » suivie à 19h de la remise des Trophées en direct sur facebook en cliquant sur ce lien.

Photos: ©A. Viller

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Grêle en Charentes : des dégâts dans le vignoble

Un orage mêlé de pluies diluviennes et parfois de grêlons a traversé hier après-midi les Charentes. Des dégâts dans le vignoble sont à déplorer.  

Sur les coups de 18 heures, ce dimanche 4 juin, le ciel s’est soudainement noirci. L’orage venait de l’Est portant avec lui des vents violents, des pluies battantes et son lot de grêlons. « Il semblerait que le gros de la tempête soit passé au sud de Rouillac, nous avons connu de belles averses mais sans grêle, c’est heureux », raconte la viticultrice Géraldine Landier des cognacs éponymes. Du côté de Segonzac et de Lignières-Sonneville, des grêlons sont en revanche tombés. « Mon responsable du vignoble a fait un premier tour, on semblerait plutôt épargné mais la grêle est tombée par endroits », précise le directeur-général de la maison Frapin, Patrice Piveteau. « Notre parcelle de folle blanche a été lourdement impactée, ce fut impressionnant, la pluie dense a peut-être amorti quelque peu les grêlons, l’orage a laissé des amas de grêlons, ce fut un épisode violent », souligne Claudine Dudognon à Lignières-Sonneville. Concernant la violence du vent, les vignes ayant connu le premier relevage semblent avoir mieux résisté. Par endroits, il est tombé jusqu’à 110 millimètres de pluie – notamment à Criteuil – en quelques minutes. À coup sûr, l’orage a fait des dégâts sur les secteurs de Barbezieux, d’Archiac, Saint-Fort-sur-Gironde et de Jonzac où des couloirs de grêle sont venus mâcher les vignes. « Il faut toujours un peu de temps pour évaluer les pertes mais je constate sur certaines parcelles que c’est déjà à moitié vendangé, que des bois sont cassés, avec la chaleur qui arrive, demain, des vignes seront marrons », explique Ghislain Bossard, viticulteur basé sur la commune de Réaux-sur-Trèfle.

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[Costières de Nîmes] Cyril Marès : « Je serai un président fédérateur ! »

Après quasiment vingt ans à la tête du syndicat des vignerons des Costières de Nîmes, Bernard Angelras a cédé la main à Cyril Marès. Le vigneron du Mas Carlot et du Mas des Bressades entend bien poursuivre la dynamique d’une appellation à l’indéniable potentiel.  

Cyril Marès, vous avez été élu il y a quelques jours président du syndicat des vignerons des Costières de Nîmes. Racontez-nous comment ?
En vérité, ce n’était pas prévu (il sourit) et je ne m’y étais pas préparé mais la motivation de la jeune génération et la dynamique de l’appellation m’ont convaincu d’accepter cette mission. Après un mois d’exercice, je ne regrette pas du tout, j’ai découvert un super collectif et il y a tellement de choses à faire, d’objectifs à atteindre et de combats à mener que toute cela est vite devenu passionnant.

Quel type de président voulez-vous être ?
J’ai été élu avec le score de Kim Jong Un mais je vous rassure, je ne serai pas un dictateur (rires), j’ai plutôt l’âme d’un animateur, d’un président fédérateur. Je suis sur la fin du mandat de Bernard Angelras, j’ai donc un CDD d’un an pour rassembler autour de moi. Ensuite, si la confiance est là, on pourra avancer sur tous les dossiers.

Quelle est votre principale qualité ?
Je pense que c’est mon vécu. J’ai été arboriculteur à une époque en coopérative, je suis vigneron depuis 1996 au Mas des Bressades (il dirige également le Mas Carlot depuis 2018), j’ai connu le conventionnel, maintenant je suis en bio et je pratique même quelques préceptes de biodynamie, je bosse aussi à l’export, en vrac, en bouteille, bref je peux parler à tout le monde et c’est vraiment ce que j’ai l’intention de faire.

Le vigneron des Costières sait qu’il est rhodanien et il en est fier !

Cyril Marès

Justement, quels sont les chantiers qui vous paraissent prioritaires ?
J’aimerais d’abord que l’on travaille sur l’image auprès du public français et des médias nationaux. Les Costières ont un déficit en ce sens que l’on ne retrouve pas à l’étranger. Le fait d’être bâti sur une frontière entre trois régions a tendance à brouiller les pistes. Languedoc ou Vallée du Rhône ? Mais rassurez-vous, le vigneron des Costières sait qu’il est rhodanien et il en est fier.

Et pour la suite ?
Evidemment, comme toutes les appellations, on a déjà entamé le gros chantier de l’adaptation au changement climatique avec la porte ouverte de l’INAO concernant les VIFA (variétés d’intérêt à fin d’adaptation). On a sérieusement remis le couvert depuis un an à ce sujet en redégustant les vieux cépages résistants (sécheresse, maladie ou mieux adaptés pour offrir des vins avec plus de fraîcheur et moins d’alcool) et on aimerait rapidement intégrer deux cépages blancs et deux cépages rouges dans ce nouveau cahier des charges. On a aussi bien avancé sur la DGC (dénomination géographique complémentaire) qui concerne deux parties, Saint-Roman au Nord et Franquevaux au Sud. On espère avoir un système de Costières Villages reconnu dans le futur. Ce serait un label de qualité supérieur qui ferait émerger l’image d’une AOP fortement identitaire et qualitative.

Comment voyez-vous l’avenir des Costières ?
Je le vois radieux, le terroir est magique, on a fait un gros effort de maitrise de la production depuis quinze ans, le niveau qualitatif est exponentiel et on a un avantage climatique indéniable avec la proximité de la mer. En plus, on a la possibilité d’irriguer un peu partout.

La crise de consommation des vins rouges ne vous inquiète pas outre mesure ?
En Costières, on a un équilibre de production avec les rosés (environ 45-48% en fonction des millésimes) qui nous permet d’être moins impacté qu’ailleurs. Et puis, on a entamé un gros travail avec Inter Rhône sur les blancs (5-10% actuellement). La viticulture a connu des crises beaucoup plus graves comme celle du phylloxéra et elle a toujours su trouver des solutions…

L’AOC Costières de Nîmes en bref
Reconnue en VDQS en 1945 puis en appellation en 1986, le vignoble des Costières de Nîmes appartient à la grande famille des vignobles de la Vallée du Rhône, dont il constitue la pointe méridionale. Les Costières de Nîmes, rouges, blancs, rosés, sont le fruit d’un travail méticuleux réalisé par plus de 250 hommes et femmes. Ces vigneronnes et vignerons adaptent chaque année leur savoir-faire aux spécificités du nouveau millésime en symbiose avec la nature et la richesse de ce terroir. Le vignoble, à plus de 80 % sous certification environnementale, est notamment l’un des plus bio de France avec 30 % de vignes labellisées. Galets roulés emblématiques composent ce sol d’exception qui constitue la dernière terrasse rhodanienne avant les étangs de Petite Camargue. Cette proximité méditerranéenne apporte en été des brises thermiques bénéfiques faisant des vins de l’appellation des nectars uniques. Aujourd’hui, ces vins frais et élégants s’expriment dans 18 millions de bouteilles vendues en France et à l’étranger.  

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Philippe Pozzo Di Borgo, ancien patron de Pommery et « intouchable », est décédé

Héros du film « Intouchables », mais aussi ancien patron du champagne Pommery, Philippe Pozzo Di Borgo est décédé jeudi dernier. Il avait gardé avec la Champagne une relation très forte, tirant de son histoire une partie de son humanisme et de sa philosophie de la vie.

François Cluzet lui a prêté ses traits dans le film « Intouchables » qui a ému la France entière, Philippe Pozzo Di Borgo nous a quittés jeudi dernier. Beaucoup l’ignorent, mais au début des années 1990, dans sa première vie, avant son tragique accident de parapente qui l’a rendu tétraplégique, cet aristocrate corse a aussi été le directeur délégué du champagne Pommery, alors que la Maison était encore la propriété du groupe LVMH. Il était en effet le petit-fils de Robert-Jean de Vogüé. Ce célèbre patron de Moët & Chandon des années 1930 à 1972 a été le créateur du groupe Moët Hennessy et du champagne Dom Pérignon. Philippe Pozzo Di Borgo dans son autobiographie « Le Second souffle », soulignait avoir été très inspiré par ce personnage iconique de la Champagne, ancien résistant, catholique social et adepte de la cogestion et de l’intéressement qu’il expérimenta au sein de sa propre entreprise. Robert-Jean de Vogüé avait développé une grande amitié pour Gaston Martin, un ouvrier caviste communiste, délégué CGT de sa maison, auquel il avait sauvé la vie pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme son grand-père, Philippe Pozzo Di Borgo n’hésitait pas à casser les codes et à faire fi des convenances pour laisser parler d’abord son cœur. La relation que Philippe Pozzo Di Borgo a entretenue avec Abdel Yasmin Sellou, un chômeur repris de justice, qu’il a embauché comme auxiliaire de vie, et avec lequel il avait développé une amitié à la vie à la mort, alors qu’en apparence tout les opposait, n’est pas sans parallèle. 

On retiendra aussi les nombreux engagements de Philippe Pozzo Di Borgo, notamment en tant que Président d’honneur de l’association Simon de Cyrène. Celle-ci est à l’initiative de maisons partagées où cohabitent personnes handicapées et valides. En 2017, l’Association Coteaux Caves et Maisons de Champagne Patrimoine mondial lui avait attribué les bénéfices de son dîner de gala. Philippe Pozzo Di Borgo était également parrain de l’Association « Soulager mais pas tuer » dédiée à la lutte contre l’euthanasie. Il était enfin ambassadeur de l’association Wheeling around the world, militant pour faciliter la mobilité des personnes handicapées. 

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Champagne Lanson lance « Le Black Création » 

Parfois il suffit d’un mot pour que tout s’éclaire. En rebaptisant Le Black Label, Le Black Création, Lanson veut mettre en lumière toute la complexité de sa cuvée flagship et casser l’image générique des Bruts sans année, pour mieux souligner l’inventivité que nécessite la composition de ces multimillésimes.

La Maison Lanson fondée en 1760 a une histoire prestigieuse et un style marqué par la fraîcheur dont elle n’a jamais dévié. Lorsqu’elle a été rachetée en 2006, elle connaissait cependant quelques difficultés. Cette fraîcheur qui reposait sur le blocage des malos n’était pas toujours suffisamment patinée par le vieillissement qu’exige ce type de vinification. Elle souffrait aussi de l’image d’une maison tournée vers la Grande Distribution et le marché français.

Les trois familles champenoises actionnaires ont donc opéré un retour aux fondamentaux en procédant par ordre, c’est-à-dire en commençant par un travail sur les vins. Lorsqu’elles ont recruté en 2013 Hervé Dantan comme chef de caves, celui-ci a conditionné sa venue à l’acquisition d’un outil industriel lui permettant de gagner en précision. La Maison n’a pas lésiné, mettant sur la table vingt millions d’euros. De quoi constituer une nouvelle cuverie parcellaire et un chai à foudres. Lanson peut ainsi s’appuyer dans l’élaboration de ses multimillésimes sur plusieurs réserves perpétuelles, et une collection de vins de réserve rassemblant une vingtaine de millésimes depuis 2003. Hervé Dantan s’est aussi donné la liberté de réaliser une petite proportion de fermentations malolactiques (25% en 2022). « C’est une épice supplémentaire, cela permet apporte davantage de richesse, là où parfois nous avions un excès d’austérité. En revanche, nous ne l’employons pas sur les millésimés ».

A noter également le travail opéré sur le vignoble. La Maison bénéficie d’un approvisionnement de 420 hectares, dont 45 % de premiers et grands crus, alors que ceux-ci ne constituent que 33 % de la surface de l’appellation. En 2018, Lanson a été la première maison à lancer une structure collective d’accompagnement des vignerons, notamment vers les différentes certifications. « On ne peut pas se contenter d’attendre que le raisin arrive au pressoir et de constater s’il y a des défauts en disant au vigneron ce qu’il aurait dû faire, il faut conseiller en amont. » Nous avons pu déguster quelques vins clairs 2022 et constater leur qualité, notamment les chardonnays. Notre coup de cœur ? Trépail, où la maison possède un pressoir. Sur cette année solaire où l’acidité pèche un peu et où les arômes sont parfois très exotiques, ce cru se démarquait par sa fraîcheur, sa minéralité, et une expression plutôt sur les agrumes. « Ces chardonnays de la Montagne, dont l’austérité rebutait un peu autrefois, sont devenus un immense atout ».

En 2019, la Maison a enfin mis en place un vaste programme de repositionnement dont le nom de code Lvinvingt ou L2020, est un clin d’œil à la fois à la date et à l’objectif, celui de remettre les vins au centre. « Nous l’avons déployé en plein Covid, alors que nous n’avions rien à perdre. Les ventes s’effondraient, autant travailler à soigner notre repositionnement en prévision de la reprise » confie François Van Aal, le président. La Maison réduit le nombre de cuvées de 15 à 10, revoit la plateforme de marque, et crée notamment ce fameux Key Visuel mettant en scène la bouteille de Black Label portée avec amour, comme un nouveau-né, entre les mains du chef de caves. Au nom de la transparence, Lanson a aussi apposé des contre-étiquettes détaillées. Enfin, côté distribution, la Maison a opéré une large recomposition de son réseau d’importateurs notamment aux Etats-Unis et en Allemagne. 

© Jean-Baptiste Delerue. Nouvel espace de réception de la Maison qui accueille aujourd’hui 11500 visiteurs par an et devrait ainsi pouvoir augmenter son plafond à 16000 visiteurs.

Ce travail n’a pas tardé à porter ses fruits « Dès le deuxième semestre 2021 et surtout dès 2022 nous avons vu les expéditions augmenter de 40 % et notre chiffre d’affaires de 50 %. » Aujourd’hui, la grande distribution ne représente plus que 7 % des expéditions et l’export 85 %, avec comme premier marché l’Angleterre. Rappelons que Lanson s’est vu attribuer le Royal Warrant dès 1900 par la Reine Victoria. Outre-Manche, elle est aujourd’hui la deuxième marque la plus vendue derrière Moët & Chandon, et sa cuvée rosé arrive même en tête ! Cette position est confortée par son partenariat avec le tournois de Wimbledon qui dure depuis 1977 et pour lequel elle vient de resigner il y a deux mois à peine pour cinq ans. De quoi réjouir de là où il est Victor Lanson qui avait rebaptisé en 1937 son multimillésime du nom de Black Label en hommage à ce marché.

Le Black Création : un nouveau concept ?

Dernier jalon de cette révolution feutrée, la transformation du Black Label en Black Création. L’idée selon François Van Aal, est là-encore d’être plus transparent. « On a tendance à penser que les bruts sans années sont des produits génériques, la Maison veut ici souligner que tous les ans, l’assemblage est une nouvelle création. » Certes, Lanson cherche à reproduire le même style, mais la base vendange est toujours spécifique, et il faut s’adapter. Chaque édition, désormais numérotée, a ainsi ses propres nuances. Afin de donner tous les détails de ces créations, de pouvoir mieux les comprendre et les comparer, la contre-étiquette est désormais dotée d’un QR Code. On préfèrera par ailleurs le terme multimillésimes à celui de Brut sans année, dont la préposition négative « sans » donne justement une image illusoire de vin standardisé. La Maison inscrit ainsi ses pas dans ceux de Jacquesson, Krug et Roederer…

La 257ème édition qui arrivera sur les marchés en septembre nous a beaucoup séduite. Constituée à partir de la base 2017 et intégrant 45 % de vins de réserve, elle présente un profil élégant avec des notes de pêche, d’abricot, d’agrumes frais et de frangipane. Le vin a une belle fluidité, de la fraîcheur, mais sans agressivité. La Maison qui possède une œnothèque fantastique remontant à 1904, nous a donné l’opportunité de goûter quelques anciennes éditions. La n° 200 (base 1979), nous a éblouis. Malgré le temps, le vin ne s’est pas alourdi d’arômes de champignons, mais s’est juste enrobé d’une pointe de moka, de noisette et de vanille, tout en gardant une belle vivacité qui s’exprime sur des notes de citron confit et d’orange amère.

Terre de vins aime : Le Black Création 257. Prix 34 €. Disponible sur la boutique en ligne.

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[Good Wines Only] Quand la musique est bonne bonne bonne avec les Crus Bourgeois

Après le succès de la 1e édition du festival Good Wines Only, Terre de Vins et les Crus Bourgeois du Médoc s’allient à nouveau le jeudi 21 juin (18h-23h) pour une soirée en bord de Garonne, à la guinguette La Belle Saison (Bordeaux). Une occasion inédite de découvrir dans une ambiance musicale quelque 70 domaines venus de toutes les appellations médocaines, aux côtés d’une alléchante offre de tapas cuisinées. Nous vous en disons plus sur les trois artistes présents. Ne tardez pas à réserver vos places !

A 18h15, le DJ bordelais Noyha aka Nicolas Outin ouvrira le bal de cette belle soirée festive. Passionné de musiques, collectionneur de vinyles, amoureux de voyages, ce beatmaker puise dans cette diversité d’horizons son inspiration. Rare-groove, soul, jazz, funk, hip-hop, afro, brazil, deep house composent son vivier pour composer un mélange de black music des années 70 à nos jours. Retrouvez son univers musical sur la webradio Bluehmong radio.

De 19h à 20h30, la franco-américaine Lee-Ann Curren prendra à son tour le micro. Fille de deux légendes du surf mondial, ayant elle-même excellé dans ce sport, elle embarquera les dégustateurs dans son univers musical forgé depuis l’adolescence. Influencée par la pop des années 80, de Depeche Mode à Madonna, elle distille des sonorités entre électro-psychédélique, dream-pop et disco-folk, au son de sa voix suaves si reconnaissable. Après avoir joué dans des groupes, elle fait cavalière seule depuis 2020, année de sortie de son premier album solo baptisé « Shapes, Colors ». Laissez-vous emporter dans un voyage onirique !

Pour clôturer la soirée, de 21h à 22h30, changement d’ambiance au son du swing et jazz enjoués du groupe bordelais Rix And Wonderland. Multicartes, Rix excelle aussi bien à la guitare qu’au chant, au clavier, dans l’écriture, sur ses propres compositions ou reprenant celles d’artistes incontournables. Inspiré par le jazz inimitable de Frank Sinatra, des notes swing voire manouche qu’il joue parfaitement, de la pop anglaise, qu’il reprend à merveille, il voue aussi un amour inconditionnel à la soul music ou le funk portés par des icônes telles que George Benson, Prince ou Marvin Gaye, et à l’honneur dans son dernier album « Baamaaz ». Aux côtés de ses complices Jérôme Dubois à la trompette, Olivier Léani à la batterie, Xavier Duprat aux claviers et Pascal Fallot à la basse, il communiquera aux amateurs son énergie soul dynamique et positive. Avec toujours la place pour une touche d’improvisation. A savourer sans modération !

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