Les crémants profitent d’un marché “décomplexé” par le prosecco

Les Crémants de France avec leur huit appellations ne cessent de gagner des consommateurs et essaient de mieux valoriser les vins. Mais la production n’est pas toujours à la hauteur des besoins de commercialisation même si elle vient pour le millésime 2019 de franchir la barre des 100 millions de bouteilles.

La production des huit appellations de crémants de France n’a pas fini d’être en montagnes russes. Si le cap de production « tant espéré »  des 100 millions de bouteilles annuelles a été franchi avec 100 millions pour le millésime 2018 et a même atteint 115 millions avec le millésime 2019, il risque d’être difficile à maintenir à cause des divers aléas climatiques, le millésime 2021 s’annonçant plutôt faible. Fin 2019, la commercialisation frôlait les 90 millions de bouteilles (elle a gagné en une décennie plus de 20 M de bouteilles et a élargi son périmètre en 2015 avec le Crémant de Savoie). « Seul le manque de produits et de matières premières nous empêchait de franchir la barre des 100 millions tant attendue, estime Olivier Sohler, directeur de la Fédération nationale des Crémants On ne vendait pas plus car on ne produisait pas assez ». Les espoirs avaient été regagnés l’été 2020, « un été d’anthologie avec une belle reprise des ventes. Mais le deuxième confinement au moment des fêtes, notre plus grosse période de ventes, nous a fait souffrir et en 2020, nous avons finalement perdu 18% en volumes pour redescendre aux environ de 75 millions ». Les chiffres sont néanmoins très hétéroclites selon les régions. Seule consolation, une chute moindre comparée au recul de 20% des champagnes sur le marché français. Et si les ventes remontent depuis le début de l’année, elles n’ont pas encore regagné le niveau de 2019.

Une nouvelle dynamique en Grande-Bretagne

L’export apporte son lot d’espoirs puisque les expéditions à l’étranger ont repris des couleurs et retrouvé leur niveau global d’avant crise autour de 20% (10% pour Die mais autour de 45% pour Bourgogne et Limoux et jusqu’à 64% pour la Loire). « La locomotive, c’est la Grande Bretagne pourtant un marché traditionnellement difficile, seulement au 10e rang global pour les crémants, précise Edouard Cassanet, directeur de la cave de Lugny et vice-président de la Fédération. On constate une vraie dynamique d’autant plus importante que le marché anglais reste la référence Vins mondiale ». « Depuis deux ans, les marchés scandinaves et anglo-saxons se réveillent car avec le confinement, les consommateurs se montrent plus curieux, commente Pierre de Couedic, président des Crémants de Bourgogne. Le prosecco a eu l’avantage de désinhiber le marché en décomplexant la consommation des bulles hors Champagne et en nous faisant gagner des consommateurs qui naviguent davantage entre les effervescents ». Les Crémants planchent donc sur un projet de communication collectif outre-Manche en 2022 ou 2023, avec l’aide de FranceAgriMer puisque la Grande -Bretagne est désormais pays tiers.

Valoriser à plus de 10€

On retrouve cette tendance aux Etats-Unis qui se sont hissés au troisième rang des marchés export « et il est même devenu le plus dynamique car même si les crémants n’étaient pas concernés par la taxe Trump, en tant que compléments de gamme, ils ont souffert indirectement de la baisse des commandes » avoue Olivier Sohler. Les petites bulles françaises progressent également en Asie du Sud Est, en Corée du Sud, en Scandinavie, se maintiennent en Belgique et en Allemagne qui restent sur les plus hautes marches du podium. « L’objectif est toujours d’atteindre les 100 millions de ventes mais comme en 2021, il n’y aura moins de matière et qu’en 2020 n’ont été produits que 80 millions de bouteilles, le pari n’est pas gagné même si le Covid a aidé à refaire les stocks ». La valorisation fait également partie des objectifs. La moyenne actuelle des prix de vente en GD restant sous la barre des 10€, les crémants aimeraient se positionner davantage entre 10 et 15€, voire dans la tranche au-dessus pour les plus ambitieux. Pour cela, il faut convaincre les cavistes de jouer davantage les bulles locavores en région avec quelques références de crémants locaux sur les étagères et d’étoffer la carte des crémants, notamment à Paris où ils sont souvent sous-réprésentés sur ce circuit. D’où l’organisation de masterclasses cet automne dans la capitale pour expliquer la méthode traditionnelle et le cahier des charges.

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Domaine Toque rouge : de Bordeaux à Rasteau

François Masson-Regnault a choisi d’échanger son vaste domaine en Côtes de Bordeaux pour trois hectares à Rasteau. Un grand écart qui lui trottait dans la tête, pour une course gagnante.

Le petit caveau accroche le regard sur la route qui mène au village de Rasteau (Vaucluse). La décoration raffinée sur la thématique des courses équines et l’enseigne « Toque rouge » attestent d’une réelle passion et montrent les couleurs. François Masson-Regnault et son épouse Florence y font déguster une cuvée, leur seule et unique, en appellation Rasteau.

Le vigneron-œnologue, militaire réserviste et cavalier a tenu les rênes du château de Pic durant 30 années. Fourbu par la charge de « commercialiser 1 200 bouteilles quotidiennement », il décide en 2012 de vendre. L’affaire conclue, il prend la direction du Sud, là où enfant, il passait ses vacances. Après l’achat d’une maison puis de gîtes, l’œnologue recherche quelques parcelles de ce vin qu’il affectionne. Un peu d’attente et 3 hectares s’offrent à lui, « sur un terroir formidable ». Syrah, grenache, mourvèdre et cinsault composent sa nouvelle écurie.
Bien conseillé par Gilles Ferran, du domaine des Escaravailles, François Masson-Regnault gère le vignoble, « avec un minimum de traitements, de façon raisonnée, efficacement et intelligemment », déléguant les travaux aux prestataires de service. Il loue trois cuves chez Damien Rozier (domaine Rose-Dieu à Travaillan) où il vinifie les cépages par maturité, assemble et élève son unique cuvée en barriques de 500 litres, durant 6 mois. 1 800 bouteilles sont commercialisées, le restant étant acheté par la Maison de négoce Chapoutier. Le couple joue la carte Rasteau avec la bouteille syndicale. Deux importateurs, quelques salons et la vente directe sont les seuls circuits de distribution.

Ce Rasteau 2019 (15€), au nez très aromatique et expressif de fruits noirs, de groseille et d’épices propose une belle attaque fruitée dominée par la mûre. Un vin fluide, aux tanins harmonieux soutenant les notes poivrées en finale. D’une belle élégance, il fait partie de cette nouvelle génération de Rasteau où la fraîcheur supplante l’alcool. Il accompagnera une pintade braisée et sa poêlée de champignons. A garder !

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Alsace : le vin nouveau est arrivé

En Alsace, les vendanges commencent doucement. Du 24 au 26 septembre, on peut déjà découvrir le vin nouveau ou « Neier Siasser » à la sortie du pressoir ou s’inscrire pour devenir « vendangeur d’un jour » dans les semaines à venir. Accueil spécial chez les vignerons indépendants d’Alsace.

Dès le mois de septembre, des panneaux « Neier Siasser » fleurissent sur la route des vins d’Alsace, avec des orthographes parfois légèrement différentes selon les villages, le Haut-Rhin ou le Bas-Rhin. Quant au vin nouveau, ses facettes sont encore plus variées, puisque cette boisson éphémère évolue de jour en jour, à mesure que la fermentation des raisins progresse. Le sucre des baies qui se transforme en alcool et en gaz carbonique, cela donne d’abord une boisson qui plait à tous et qu’on peut même faire découvrir aux enfants, un jus de fruit très sucré, pratiquement sans alcool, opaque mais souvent très parfumé grâce aux cépages aromatiques. Mais le « demi-vin » assez pétillant, un peu doux mais déjà un peu vineux et construit qui lui succède a ses amateurs, adultes.

Entre jus de fruit et vin pétillant

Un vin éphémère, des produits locaux à grignoter, des vignerons passionnés, une ambiance conviviale chez le vigneron, c’est ce que propose l’évènement « Vin nouveau chez le vigneron indépendant » les 24, 25 et 26 septembre à l’initiative du Synvira, Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, déjà à l’origine du « pique-nique chez le vigneron indépendant » qui réjouit les amateurs chaque année autour du week-end de la Pentecôte. Pour la 2ème année le vin nouveau sera proposé chez une vingtaine de vignerons répartis sur la route des vins, pendant le week-end du 24-26 septembre, le vendredi soir, le samedi midi, le samedi soir et le dimanche midi. Pour les retardataires, il y a une dernière chance chez Burckel-Jung, à Gertwiller, le village du pain d’épice !

Réserver sa place

Étant donné l’encépagement de l’Alsace et le relatif retard des vendanges 2021, il n’y aura que des vins blancs à découvrir cette année, sauf peut-être à Otrott, dans le Bas-Rhin, un des rares villages d’abord connu pour ses rouges. Mais partout le vin sera accompagné d’une planchette gourmande, charcuterie, fromage, pain, noix etc. A réserver pour 25 € par personne sur https://www.alsace-du-vin.com/vin-nouveau-chez-le-vigneron-independant-18.html

Devenir vendangeur d’un jour ®

Le Syndicat des vignerons d’Alsace organise aussi, en collaboration avec les offices de tourisme, la possibilité de découvrir les vendanges de l’intérieur, en toute sécurité, dans une ambiance à la fois professionnelle et chaleureuse. Après l’accueil, muni d’un sécateur, l’œnotouriste se glisse dans la peau d’un vendangeur pour une petite demi-journée entre les rangs de vignes. Ensuite retour au domaine pour découvrir comment le raisin se transforme en moût puis en vin, puis dégustation et remise d’un diplôme symbolique. Deux formules sont offertes, avec ou sans repas (55 € et 45 €). Tarif réduit pour les groupes et très réduit pour les enfants. A réserver au plus vite sur https://www.alsace-du-vin.com/evenements-alsace-vignerons-37.html.

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