Valorisation et expérimentation du matériel végétal au Conservatoire du Vignoble Charentais

Cette année, le Conservatoire du Vignoble Charentais célèbre ses 25 ans. Sébastien Julliard, directeur de l’institution, nous explique le rôle de ce conservatoire et nous délivre le programme de la journée anniversaire du 20 juin.

Comment a été pensé ce conservatoire il y a 25 ans maintenant ?
A l’origine, Jean Louis Rouquayrol, ancien directeur de l’Institut de Richemont, qui a eu l’idée originale de créer le Conservatoire, était parti de trois constats. Le passé viticole des Charentes était très important et avant la crise phylloxérique la surface viticole représentait près de 280 000 hectares (contre un peu plus de 80 000 ha actuellement), et une grosse partie du vignoble était concentré sur les îles charentaises (Ré et Oléron principalement) et l’Aunis (secteur de La Rochelle). À ce jour, bon nombre de ces surfaces ont disparu, mais il restait des variétés ensauvagées au fil du temps qu’il fallait sauvegarder. Aussi, dans les Charentes, les musées existants étaient principalement axés sur le produit cognac, mais il y avait peu de choses sur la plante en tant que telle. Enfin, au niveau de la formation, il fallait un site dédié aux cépages. Ce sont ces trois constats qui ont mené à la création du Conservatoire du Vignoble Charentais, le 4 mai 1998, sous forme d’Association Loi 1901. Nous avons encore ce statut). Parmi les premières actions marquantes du conservatoire, nous pouvons notamment citer la mise en place de la collection ampélographique (qui regroupe maintenant plus de 200 accessions) et les prospections de variétés anciennes, initialement prévues pour 3 ans… et qui durent encore en 2023.

Son rôle a-t-il évolué au fil des années ?
Assez rapidement l’activité du Conservatoire s’est tournée vers la valorisation et l’expérimentation du matériel végétal, et ce pour les trois filières charentaises : vins charentais, pineau des Charentes et bien sûr cognac. On peut notamment citer plusieurs éléments marquants de l’évolution du Conservatoire. En 2008 la création de l’Ampélopole, notre bâtiment technique et scientifique. En 2014, le début d’un programme avec la filière Cognac autour de la réduction des intrants et de l’adaptation au changement climatique. L’année suivante les premières hybridations, réalisées pour le compte de l’INRA. En 2016 les premières hybridations dans le cadre du programme Martell (création de variétés à résistance polygénique contre mildiou et oïdium et adaptées au changement climatique). Deux ans plus tard, la création d’un centre de Traitement à l’eau chaude des plants de vigne, en partenariat avec le syndicat des pépiniéristes de la région de Cognac, afin de lutter contre la Flavescence dorée. Toujours en 2018, la plantation des premières parcelles d’expérimentation de porte-greffes potentiellement adaptés au changement climatique, en partenariat avec la maison Hennessy. L’année dernière, le lancement d’un programme avec la maison Rémy Martin pour la création de variétés avec une résistance au black rot. Également le lancement d’un atelier pilote de distillation permettant de distiller des faibles volumes de vins (3 litres) dans des conditions très proches des alambics grands modèles. En parallèle à ce développement, le Conservatoire du Vignoble Charentais s’est tissé un réseau de partenaires important, au niveau local bien sûr, mais également de manière très forte au niveau nationale, avec des partenariats étroits avec l’INRAE Bordeaux et de Montpellier, l’IFV, Montpellier SupAgro, Bordeaux Sciences Agro… Le tout fédéré dans le cadre du réseau national des partenaires de la sélection vigne France (CTNSP) regroupant les principaux acteurs de la sélection Française (40 organismes) autour de l’INRAE et de l’IFV.

Enfin, le 20 juin, vous inaugurez une serre, pouvez-vous nous en dire davantage ainsi que sur le programme de cette journée ?
Cette journée se déroule en deux temps. D’une part, il s’agit de fêter notre 25ème anniversaire, nous aurons donc des interventions de collègues scientifiques qui viendront aborder des sujets traités dans les Charentes par le Conservatoire. Loïc Le Cunff (UMT Genovigne Montpellier) interviendra sur les variétés résistantes en France, intérêt de la génétique dans la création et la sélection. Olivier Yobregat (IFV) sur l’ntérêt de la diversité variétale et intravariétale de la vigne vis-à-vis du changement climatique. Elisa Marguerit (INRAE BX et BSA) sur les porte-greffes, une piste d’adaptation au changement climatique. Suite à cela nous inaugurerons notre serre Insect Proof, destinée à conserver nos meilleures variétés à l’abri de contaminations par des maladies émergentes (exemple : Xylella fastidiosa). C’est une serre qui nous permettra de conserver une centaine de variétés. La maille du filet insect proof de cette serre est de l’ordre de 300 microns. Cette inauguration se fera en présence de Jean Pierre Raynaud, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Agriculture. Cette serre, d’un montant de 150 000 €, a reçu le cofinancement de la région Nouvelle-Aquitaine, des fonds européens LEADER ete la Fondation Jean Poupelain. Au-delà de tous ces éléments, l’idée de cette journée est avant de réunir nos partenaires autour d’un thème qui nous passionne… le matériel végétal.

©L. Mabille

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Un gin rose pour aider la lutte contre le cancer du sein

Pour la seconde fois, un groupe de 4 amis a décidé de produire un gin rose dans le but de collecter des fonds pour une association venant en aide aux femmes atteintes d’un cancer du sein.

Tout est parti d’un drame personnel. Mathieu Gouret a perdu sa compagne en 2016, décédée d’un cancer du sein. En mémoire de celle-ci, l’association Madame S a été créée dans le but de pouvoir mener des actions caritatives en lien avec cette maladie. Avec 3 amis (Steven Pereira, Cédric Brement et Rémy Rousseau), Mathieu a décidé de produire en 2022 un gin de manière totalement bénévole dont les ventes iraient en totalité à l’association. La couleur rose s’est évidemment imposée d’elle-même en écho à l’opération octobre rose qui sensibilise chaque année au cancer du sein. 1800 bouteilles ont pu être vendues l’an passé générant 21 000€ reversés à Madame S. Cet argent a été ensuite donné en totalité à une autre Association, Ma parenthèse. Celle-ci permet à des femmes malades notamment de cancers du sein de pouvoir être accueillies avec leur entourage dans un même lieu de vie.

Des objectifs plus ambitieux
Face à ce premier succès, l’opération a été reconduite cette année (toujours entièrement bénévolement) en partenariat avec la maison Villevert qui a créé ce second batch de gin à base de raisin. L’aromatique associe une infusion naturelle d’hibiscus donnant cette couleur intensément rose au produit mais aussi du poivre timut et du poivre de Madagascar. 3 600 bouteilles vont être commercialisées avec un objectif de collecte de 45 000€. Lancé au début du mois de mai, ce gin rose peut être acheté dans de nombreux établissements qui ont accepté d’accompagner ce projet. Leur liste est disponible sous forme d’une google map sur la page Facebook de La confrérie du gin créée par Mathieu et Steven. Un bel élan de solidarité.

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Terroirs & Vignerons de Champagne : le chiffre d’affaires bondit de 37% en 2022

Il flottait ce vendredi à l’Assemblée générale du groupe Terroirs & Vignerons de Champagne comme un parfum de victoire, celle, un an après, d’avoir réussi le pari de la plus grande fusion jamais opérée en Champagne. TEVC constitue désormais une extraordinaire locomotive pour le vignoble, disposant de trois marques (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757) agissant sur tous les segments du marché, que ce soit en France ou à l’international, dans les catégories des produits de prestige accessibles comme du luxe le plus artisanal.

Le groupe TEVC formé depuis la fusion entre la CRVC et le Centre Vinicole Nicolas Feuillatte, a réuni ce matin son assemblée générale. Les résultats affichés sont brillants alors même que les ajustements causés par la fusion, l’inflation, la nécessité de contingenter les ventes suite aux petites récoltes de 2020 et 2021, mais aussi le ralentissement du marché français, pouvaient laisser craindre quelques difficultés. La présidente Véronique Blin a ainsi constaté : « Alors que les ventes avaient déjà bondi de 22 % à l’exercice précédent, notre chiffre d’affaires a de nouveau progressé de 37 % en s’établissant à 284 millions d’euros contre 207 millions l’année dernière, on remarquera la belle part à l’export à hauteur de 40 %. Avec 53 millions d’euros, notre valeur ajoutée franchit un cap historique confortant la stratégie de création de valeur appliquée sur tout le groupe. En termes de résultat net, en affichant plus de 12 millions d’euros, nous sommes bien au-delà de ce que nous escomptions en année 1 de post fusion. Il est inférieur à celui de l’an dernier, certes, mais meilleur que celui de 2019, dernière année de référence comparable. Avec un ratio de 4,4 % sur le chiffre d’affaires, nous jouissons d’une belle rentabilité. » Il faut noter également la réussite sur le plan social de cette fusion. L’engagement pris par le groupe de maintenir l’emploi a été plus que respecté, puisque les effectifs de TEVC ont progressé de 340 à 352 CDI du 31 décembre 2021 au 31 décembre 2022 !

Si on se penche davantage sur le détail, on soulignera que la stratégie de la maison qui a décidé en France de limiter mais surtout de prémiumiser et rationnaliser davantage ses ventes en GD au profit des Cafés hôtels restaurants, semble porter ses fruits. Nicolas Feuillatte a vu ainsi progresser de 5% son chiffre d’affaires rien que sur le marché des cavistes pour atteindre 3,5 millions d’euros. En 2022, les équipes d’Abelé 1757 et Nicolas Feuillatte ont réussi à convertir plus de 300 nouveaux clients du CHR, avec de beaux référencements pour Abelé 1757 au Negresco à Nice ou encore au Ciel de Paris, ce restaurant situé au 56ème étage de la Tour Montparnasse. La marque Castelnau, sur ce même créneau, a quant à elle gagné 100 nouveaux clients. Côté export, on observe une croissance impressionnante du marché américain, en hausse de 43 %. Aux Etats-Unis, Nicolas Feuillatte a dépassé pour la première fois le million de bouteilles, conservant sa place de numéro 3. Le groupe enregistre aussi de bons résultats en Allemagne, où TEVC bénéficie désormais, grâce à sa filiale, d’une équipe de commerciaux intégrés. Les ventes sur ce marché ont été multipliées par deux ! 

Trois marques d’une très belle complémentarité
Cette assemblée générale a été l’occasion, pour le directeur marketing David Cerval, de préciser aux adhérents le positionnement de chacune des trois marques que compte désormais le groupe. Celles-ci apparaissent parfaitement complémentaires. Sur le plan des approvisionnements, Nicolas Feuillatte, forte de ses 5000 vignerons, est l’incarnation de l’ensemble du terroir champenois. Castelnau qui en compte 1000 a un ancrage très fort dans la vallée de la Marne. Abelé 1757, la seule Maison de négoce du portefeuille, représente 32 vignerons et vingt terroirs sélectionnés. « En termes de stylistique, chez Nicolas Feuillatte, c’est d’abord le travail sur les vins de réserve qui sert de matrice. Chez Castelnau, la maison accorde une place prépondérante au vieillissement sur lie (cinq ans rien que pour le Brut sans année). Enfin, chez Abelé 1757, l’identité repose sur la signature chardonnay. Après, si on devait résumer en une phrase : Nicolas Feuillatte, c’est depuis 10 ans la marque préférée des français (16% du marché !), Castelnau est un champagne d’ « auteures », dont les vins sont pilotés depuis des décennies par des femmes qui lui ont donné une expression toute particulière, quant à Abelé 1757, c’est la maison mythique, avec plus de 260 ans de tradition. » 

Chaque marque a ses occasions de consommation. Nicolas Feuilllatte correspond aux instants du quotidien que l’on cherche à sublimer, par exemple lorsque le vendredi soir entre amis, on décide de faire d’un beau moment un moment extraordinaire en sortant une bouteille. Castelnau est davantage centré sur des événements prémédités, comme un dîner dans un restaurant choisi. Abelé 1757, la marque la plus premium, est davantage consacrée aux grandes célébrations traditionnelles, un mariage etc… Chaque maison a aussi sa cible de clients. Nicolas Feuillatte par exemple est la marque de la désobéissance, celle qui a osé se lancer il y a moins de cinquante ans pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, l’une des plus grandes maisons de Champagne. Elle est très tournée vers la jeunesse, les 25/30 ans en quête d’une marque qui leur ressemble.

La RSE, toujours au cœur des préoccupations du groupe
Dernier point central abordé lors de l’Assemblée générale, celle de la RSE, évidemment au cœur des préoccupations du groupe. L’année dernière TEVC a multiplié les initiatives, notamment dans le domaine des économies d’énergie, à travers l’installation de pompes à chaleur au centre vinicole de Chouilly, et la mise à l’étude d’une installation exploitant les ressources de la géothermie chez Castelnau à Reims, en profitant de la proximité de la nappe phréatique.

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Nuits-Saint-Georges, dégustation effervescente à la Verrière avec Louis Bouillot !

Louis Bouillot dévoile les secrets de ses Grands Crémants de Bourgogne. Visite en immersion et dégustation sous une verrière Art Nouveau vous sont proposées toute l’année !

La Verrière offre aux visiteurs le plaisir de plonger dans l’esprit du 19e siècle qui a vu naître la Maison Louis Bouillot (1877) et les bulles de Bourgogne.

Nous vous proposons, une découverte en immersion pour percer le secret des Crémants de Bourgogne. Un parcours en 6 étapes visuelles et sonores de 25 mn, suivi par une dégustation commentée dans le jardin d’hiver.

Quatre formules sont proposées selon le temps et le budget dont vous disposez. Réservation conseillée.

L’art de l’assemblage : 5 Crémants de Bourgogne – 12 € par personne – 20 min

Temps & Terroirs : 5 Crémants de Bourgogne millésimés – 15 € par personne – 20 min

La Grande Dégustation : 10 Crémants de Bourgogne & gougères – 25 € par personne – 1 heure| Sur réservation

Passion Collection : 5 Crémants de Bourgogne d’exception millésimés servis dans des verres en cristal de Baccarat, accompagnés de gougères – 45 € par personne – 1 heure | Sur réservation

LA BOUTIQUE

La boutique présente dans une ambiance feutrée et chaleureuse les vins et les objets liés à l’univers de Louis Bouillot. Véritable écrin des collections, où se trouve l’ensemble des cuvées, les créations et les éditons limitées.

Expéditions en France et à l’étranger, selon les contraintes réglementaires de chaque pays.

Information et réservation                                                        
Louis Bouillot, La Verrière
2, rue de la Berchère
21700 Nuits-Saint-Georges
Tél. +(0)3 80 60 18 77 | laverriere@louis-bouillot.com

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Distillerie des Moisans : Grand les bras

Ce week-end du 9, 10 et 11 juin, la distillerie des Moisans participe à l’opération portes ouvertes. L’occasion de découvrir l’univers spirituel des spiritueux et de s’amuser aussi.

Du côté de Sireuil, plus précisément impasse des Chais, le week-end qui arrive risque d’être animé. La distillerie des Moisans ouvre grand les bras pour des visites, des dégustations d’eau-de-vie et, le samedi, un foodtruck sera de la partie. La création de cette distillerie revient au fondateur Roland Bru avec l’acquisition de quelques vignes dans les années 1960. Sans doute fut-il inspiré par son beau-père, Georges Guimard, représentant de grandes maisons de cognac. Dans tous les cas, les générations se sont succédé du côté des Moisans et l’affaire est devenue incontournable sur la Place. Véronique Legaret, Roland, secondés par Olivier Petit, président aujourd’hui aux destinées de la distillerie qui élabore bien sûr des cognacs (Deau, Roland Bru, Moisans) et des pineaux des Charentes mais aussi des gins, rhums, whiskies, du pastis, de l’absinthe, etc. 

Se rendre à Sireuil ce week-end est l’occasion de se plonger dans la spirit valley, une région qui distille le futur cognac de la vendange à fin mars. Le reste du temps, les chaudières étaient au repos : ce n’est plus le cas…

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Des dégâts dus à la grêle restent limités à Cahors

Si les orages menacent presque tous les soirs ces dernières semaines, ils ne sont pas toujours accompagnés de grêle. Une partie du vignoble a été toutefois sérieusement touchée mercredi 31 mai.

Depuis bientôt deux semaines, pas une journée ne se passe sans que le ciel ne vienne à s’obscurcir dans le Lot, où est installé le vignoble de Cahors. « Tous les soirs, on a peur de prendre un orage de grêle », confie Pascal Verhaeghe, président de l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors (UIVC). Ce jeudi 8 juin, il redoute encore les orages annoncés pour ce week-end.

Jusqu’à présent, l’épisode de grêle le plus dévastateur remonte au mercredi 31 mai. La grêle est venue perforer les feuilles de vignes des domaines situés autour de la commune de Bélaye, un village au cœur de la vallée du Lot. Si seulement un peu moins de 100 hectares a été touché, ce qui représente peu au regard de la taille de l’appellation (3 700 hectares), « c’est une catastrophe » pour les vignerons et vigneronnes qui se trouvaient sous le nuage de grêle, tient à rappeler  Pascal Verhaeghe.

Une grêle plus destructrice qu’en 2022
Timothy Thielen et sa femme Julie Loygues du domaine de Bénéjou ont ainsi perdu cinq hectares et demi. « On avait un début de floraison, maintenant il n’y a plus rien », décrit le vigneron qui précise que sur Bélaye, les domaines ont perdu « 80% » de leur récolte. L’histoire semble se répéter pour ces exploitants déjà touchés par la grêle en 2022, à la fin du mois de juin. « L’année dernière, les grappes étaient déjà formées, nous étions après le stade petit grain. Mais c’était moins intense. Toutes les baies n’étaient pas tombées. Cette fois, il n’y a presque plus de feuilles. »

Heureusement pour Timothy Thielen, toutes ses vignes ne se trouvent dans dans la zone. Le domaine de Bénéjou peut encore compter sur 17 hectares encore intacts sur la commune de Vire-sur-Lot. Encore faut-il que les prochaines intempéries les épargnent. « Si les prévisions se confirment, le temps doit s’améliorer la semaine prochaine », glisse Pascal Verhaeghe, vigneron du Château du Cèdre.

« Paradoxalement, on est sur une année très belle »
Cela serait une bonne nouvelle, également au niveau de la lutte contre les maladies cryptogamiques. L’alternance de pluie et de soleil, associé à une importante humidité encourage le développement des champignons. « C’est tendu depuis une quinzaine de jours contre le mildiou et le black-rot », observe le vigneron du Château du Cèdre. « Mais c’est sous contrôle », assure de son côté Maurin Bérenger, du domaine La Bérangeraie, qui se montre plutôt confiant. « Paradoxalement, on est sur une année très belle. Nous n’en avons pas vu d’aussi belle depuis plusieurs années. Il y a de l’eau régulièrement. Il n’a pas eu gelé. La vigne a eu un développement végétatif rapide, cela pourrait amener un très bon millésime. »

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Julien Brocard, chantre de la culture régénérative à Chablis

Fils de Jean-Marc, il a su se faire un prénom en militant pour des pratiques bio et biodynamiques et adopte progressivement une viticulture régénérative dans ses vignes.

L’aventure familiale est née entre Saint-Bris-le-Vineux côté maternel et Chablis côté paternel, là où il y avait le plus de potentiel dans les années 70 comme le rappelle Julien, le fils de Jean-Marc Brocard, l’un des principaux vignerons chablisiens. Il a rejoint le vignoble après une formation d’ingénieur dans l’industrie, d’abord pour aider aux vendanges en 1997 et il n’est plus reparti. « J’aimais travailler dehors et rester ici a été une évidence ». Il a démarré avec une dizaine d’hectares de son grand-père à Saint-Bris; il va, en 20 ans, en planter une centaine. Il est désormais à la tête de 200 hectares en Chablis, Petit Chablis et 25 hectares de premiers et grands crus, mais il a surtout créé sa propre gamme de vins en biodynamie sur son vignoble de Préhy.

©F. Hermine

Lutter contre la culture du « cid »
Julien, aujourd’hui la cinquantaine, s’est d’emblée penché sur la viticulture bio puis en biodynamie. « Le plus difficile a été de faire comprendre la démarche à la génération précédente. Mon père était contre et parlait de secte avec ses copains; il a mis dix ans à l’accepter avant de s’en approprier le mérite quand les vins ont commencé à bien se vendre. On vient de la culture du « cid », herbicides, pesticides, fongicides… qui s’occupe d’abord des symptômes plus que des causes alors que le remède est rarement loin du problème. La biodynamie n’est pas seulement une question de préparations ; elle apporte surtout une conscience et aide à comprendre les sols, les parcelles, les vents, le vivant. Aujourd’hui, je trouve que mes vins ont plus de finesse, de pureté et d’harmonie même si il faut beaucoup lutter contre les attaques de mildiou ».

Le retour des arbres
Une soixantaine d’hectares ont été convertis en bio à partir du début du siècle; aujourd’hui 120 hectares sur six domaines (sur les 13 de la maison).

Le vignoble est en phase de renouvellement. Julien Brocard en redessine les parcelles pour éviter les grandes masses de monoculture et recréé un écosystème vivant. Il s’attache à replanter des lignes d’arbres et des haies y compris en milieu de parcelles pour redévelopper la mycorhization et récupérer de l’humidité dans les sols. Des trognes d’arbres sont également laissées en bordure de parcelles.

« Le bio est déjà un gros défi dans une région où il pleut beaucoup. Mais la plus grande difficulté est de lutter contre les sécheresses estivales qui s’allongent avec des effets accrus quand il pleut sur des sols trop secs sans arbres ». Pour lutter contre le tassement des sols, il a acheté des tracteurs plus légers et replanter entre les ceps des couverts végétaux. « La difficulté réside surtout dans le recrutement de la main d’oeuvre, en particulier des tractoristes » avoue-t-il.

Une gamme éponyme
Julien s’est désormais fait un prénom. La gamme Les sept lieux en biodynamie, coiffée d’une capsule de cire corail sous son nom, compte actuellement sept références, du Petit Chablis au grand cru Les Preuses en passant par les premiers crus Côte de Lechet, Vau de Vey et Montée de Tonnerre, uniquement en parcellaires sur ce terroir de kimmeridgien. La première cuvée issue de La Vigne de la Boissonneuse sera officiellement certifiée Demeter pour le millésime 2022 (29 €). La dernière baptisée La 7ème est un chablis nature (30 €). « Mon objectif est de tout passer en biodynamie d’ici cinq-sept ans à condition d’arriver à le financer avec quelques récoltes à volumes. Pour ça, il faut avoir les reins solides en trésorerie et adopter un rythme plus lent en vignes. »

©F. Hermine

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Trophées Cognac vignoble engagé : le jury a délibéré !

Il a apprécié la diversité et la qualité des candidatures. Toutes témoignent d’un élan vers des pratiques plus respectueuses des hommes et de la nature

Il y avait 70 candidatures et 50 finalistes. Il y aura 16 lauréats dans quatre catégories et 2 prix spéciaux, dont les 18 noms seront dévoilés le jeudi 29 juin 2023 à Jonzac (Charente-Maritime), au Centre des congrès de la Haute-Saintonge. Le palmarès des premiers Trophées Cognac vignoble engagé est établi.

En attendant les résultats, il est possible de consulter la liste des 50 finalistes en suivant ce lien.

Le jury composé par « Terre de Vins » et le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a délibéré. Il s’est réuni fin mai, dans le huis clos de la Maison Welcome, un charmant gîte rural doublé d’un bel espace de séminaire à Réaux-sur-Trèfle.

Certains choix crève-coeur
Que dire des échanges sans dévoiler les secrets des délibérations ? D’abord que l’examen des argumentaires fut studieux et bienveillant. Ponctué de 18 votes, il a duré une bonne matinée. Ajoutons que le jury a apprécié la diversité et la qualité des candidatures. Toutes témoignent d’un élan vers des pratiques plus respectueuses des hommes et de la nature.

Certains choix relevèrent du crève-cœur, notamment dans la catégorie « biodiversité », où trop de viticulteurs, distillateurs et négociants avaient postulé, négligeant un peu les catégories « empreinte et « vivre ensemble ». Il faudra y remédier lors de la prochaine édition.

Le jeudi 29 juin, à 18 heures, vous pourrez suivre la cérémonie en direct, lors d’un Live Facebook accessible en suivant ce lien.

Fin mai à Réaux-sur-Trèfle, le jury était composé de :

Michel Amblard, vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime ;

Adrien Bacle, chargé de clientèle viticole au Crédit Agricole Charente-Périgord ;

Christophe Bayle, président du Conseil de développement de l’Ouest-Charente ;

Virginie Beauvallet, directrice de la communication et de l’attractivité de l’Agglomération de Grand Cognac ;

Gilles Brianceau, directeur d’Innovin, cluster de la filière vitivinicole en Nouvelle-Aquitaine ;

Claire Caillaud, directrice de la communication du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) ;

Mathieu Doumange, grand reporter à « Terre de Vins » ;

Sylvain Geneau, Crédit Agricole Deux-Sèvres Charente-Maritime ;

Vincent Lang, directeur du pôle technique et développement durable du BNIC ;

Jacky Quesson, vice-président de la communauté de communes de Haute-Saintonge ;

Zoé Saffra, Grand Cognac ;

Olivier Sarazin, journaliste à « Sud Ouest », reporter détaché en Charente ;

Anne-Marie Vaudon, vice-présidente de la Chambre d’agriculture de Charente.

Les Trophées Cognac vignoble engagé est un événement organisé par Terre de vins, en partenariat le BNIC et les journaux Sud Ouest et Charente Libre.

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Trophées de l’œnotourisme 2023 : croissance et durabilité

Lyon, capitale de la gastronomie, est devenue le temps d’une soirée la capitale de l’œnotourisme, en accueillant la cérémonie de la 5è édition des Trophées 2023 de l’Œnotourisme organisés par Terre de Vins, en partenariat avec Atout France.

Ouverture sur le thème de l’œnotourisme durable
La Région Auvergne Rhône-Alpes a souhaité accueillir cette cérémonie, l’œnotourisme étant à la croisée de deux politiques fortes de la collectivité : l’agriculture (et notamment la viticulture), soutenue par un plan quinquennal de 10 millions d’euros, et le tourisme).

Rodolphe Wartel, directeur de la rédaction de Terre de Vins ; Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région AURA délégué à l’agriculture et Ludovic Walbaum, président du Comité Vin AURA, ont ouvert la cérémonie, qui a démarré par une conférence sur le sujet de l’engagement environnemental et la durabilité dans l’offre oenotouristique.

Laure Ménetrier (directrice du musée du vin de Champagne et d’archéologie régionale), Jérôme Isnardi (CEO de Rue des Vignerons), Alexis Kermezian (directeur du développement de l’Agence Française de la Réalité Virtuelle), Martin Lhuillier (responsable œnotourisme d’Atout France) et Sébastien Michelas (vigneron au domaine Michelas Saint Jemms) ont chacun témoigné de la façon dont il intègre la durabilité dans leurs offres oenotouristiques.

D’une économie de l’empreinte carbone par la visite de domaine via des casques de réalité virtuelle, à la préservation de la biodiversité et la pédagogie sur le sujet, en passant par des balades dans les vignes en utilisant des modes doux : les solutions et les initiatives individuelles et collectives sont nombreuses pour répondre à cette nouvelle demande forte des consommateurs et des touristes, résidant dans l’envie de découvrir une histoire complète et pas seulement celle des cuvées, et des liens avec la nature environnante.

Les grandes tendances du secteur oenotouristique
En plus de cette nouvelle demande d’œnotourisme durable, devenu le 2è critère de recherche d’une offre après le critère régional, le secteur se caractérise par un dynamisme en hausse, dont le niveau revient, et même dépassera, les chiffres pré-covid.

La clientèle française et européenne n’a jamais vraiment quitté le secteur, et la clientèle internationale est totalement revenue, et ce tout au long de l’année, avec un pic d’activité de mai à octobre.
Les tendances s’articulent autour du cœur de l’œnotourisme, composé de visites simples et surtout de dégustations, auxquelles s’ajoute une demande plus prononcée sur des offres complétées par des prestations annexes (restauration, activités complémentaires ou alternatives) et surtout un critère de durabillité (bio, diodynamie notamment) qui intègre le trio des critères de sélection d’une offre par le visiteur.

Jérome Isnardi note que le ticket moyen a doublé en quelques années, la quantité ayant définitivement laissé la place à la qualité et la complétude de l’expérience recherchée.

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La protection du terme « Rhône » entérinée par la Cour d’appel de Paris

Il a fallu plusieurs années de procédure, pour que l’appellation Côtes du Rhône remporte son combat pour la protection de sa dénomination contre les usurpations. Dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, le terme Rhône, élément distinctif de l’appellation Côtes du Rhône, dispose d’une protection juridique indiscutable. Cette décision de justice vient rappeler que l’utilisation du terme « Rhône » est réglementée.

Le 26 mai dernier, la Cour d’appel de Paris a condamné la société de ventes de vins Newrhône Millésimes, pour le dépôt auprès de l’INPI de plusieurs marques incluant le terme «Rhône », terme distinctif de l’appellation Côtes du Rhône, ainsi que leur usage pour des vins bénéficiant de cette appellation.

Il faut rappeler que l’appellation Côtes du Rhône a été reconnue par décret le 19 novembre 1937. Seuls les vins rouges, rosés et blancs produits sur l’aire d’appellation et qui répondent aux critères du Cahier des charges de l’appellation peuvent en bénéficier.

L’affaire
En tant qu’Organisme de Défense et de Gestion de l’appellation, le syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône a mis en place un programme de lutte, sur le terrain juridique, contre les opérateurs économiques dont le comportement est susceptible de détourner ou d’exploiter la notoriété de l’AOP Côtes du Rhône. Suite à la détection de dépôts de marques reproduisant le terme « Rhône », terme distinctif de l’appellation, le service juridique du Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône et l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) se sont emparés de l’affaire.

Après l’échec des négociations amiables engagées, les deux organismes ont été contraints de porter en justice leurs demandes et ont assigné la société titulaire des marques devant le Tribunal judiciaire de Paris. Les juges de premières instances n’ayant pas appréhendé pleinement la spécificité de la réglementation en matière d’Indication Géographique, l’INAO et le Syndicat ont fait appel de la décision le 12 mai 2021.

Par décision du 26 mai 2023, la Cour d’Appel de Paris a fait droit aux arguments de l’INAO et du Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône.

Une condamnation décisive
La Cour suit entièrement l’argumentaire développé par l’INAO et le Syndicat en relevant que « Rhône » constitue l’élément dominant des AOP Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages, identifié comme se rapportant aux vins de l’appellation protégée.

La Cour rappelle que « l’usage de l’appellation d’origine protégée, sous une forme imitante ou évocatrice, est interdit, y compris pour un vin bénéficiant de ladite appellation ».

Surtout, elle juge que la dénomination enregistrée dans le Cahier des charges ne peut être utilisée qu’à l’identique, sans imitation ou évocation possible. Ainsi, il n’est pas possible d’échapper aux poursuites en ne reprenant qu’une partie de la dénomination de l’appellation : « un vin conforme à un Cahier des charges et bénéficiant d’une appellation d’origine ne peut faire usage de celle-ci que sous sa forme enregistrée, tout autre usage n’étant pas autorisé, qu’il s’agisse d’une imitation ou d’une évocation et que cette imitation ou évocation porte sur l’un ou l’ensemble des composants d’une appellation ».

La Cour d’appel rappelle également que l’argument de défense consistant à faire valoir l’utilisation par des tiers de la dénomination « Rhône » n’est pas pertinent :il est inopérant de se prévaloir de dépôts ou usages de tiers illégaux pour justifier sa propre illégalité.

Le Syndicat et l’INAO se réjouissent de cette décision historique qui consacre plusieurs années de travail pour protéger l’appellation. Elle vient récompenser les efforts des vignerons des Côtes du Rhône dans la valorisation de leur terroir auquel ils sont si attachés et de l’INAO dans sa mission de protection des Indications Géographiques.

Par ailleurs, le Tribunal judiciaire de Paris a condamné l’exploitant à payer au Syndicat et à l’INAO des dommages et intérêts substantiels*, ainsi qu’au remboursement partiel des frais d’avocats exposés par le Syndicat et l’INAO. Cette décision peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation.

Cette décision tempérera sûrement les ardeurs des opérateurs économiques à s’approprier le mot Rhône et remettra vraisemblablement en question des dénominations existantes …

*Condamne la société Newrhône Millésimes à payer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts et au Syndicat général des vignerons Réunis des Côtes du Rhône celle de 3 000 euros à titre de dommages et intérêts.

Condamne la société Newrhône Millésimes à payer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) et au Syndicat général des vignerons réunis des Côtes du Rhône la somme globale de 10 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

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