Les Châteaux Vernous et Haut-Logat quittent le navire de l’Alliance des Crus Bourgeois

Les deux Médoc des vignobles Pierre Jean Larraqué se retirent du classement des Crus Bourgeois pour intégrer un autre regroupement.

L’étiquette du Château Vernous en Médoc ne mentionnera pas le classement des Crus Bourgeois dès le millésime 2021 en livrable. Pour le Haut-Médoc Haut-Logat, la suppression s’opère sur le millésime 2022. La mention sera remplacée par Alliance des Récoltants, justement fondée en juillet 2020 par Pierre Jean Larraqué. « Dans un contexte où les consommateurs sont en perte de repères dans les linéaires et en demande d’information, et ceux malgré les nombreuses classifications, l’Alliance des Récoltants apporte une réponse à leurs attentes en proposant une offre claire et visible avec une PLV phygitale », explique le communiqué qui fait notamment référence à une étude récente de Wine intelligence Landscape expliquant que 44% des consommateurs de vin déclarent être perdus au moment de faire leur choix quand 55% souhaitent se renseigner au moment de l’acte achat. Toujours est-il, Pierre Jean Larraqué annonce dans la foulée avoir acquis un nouveau chai sur la commune de Saint-Estèphe afin que ses vins en Haut-Médoc et en Saint-Estèphe y soient vinifiés et élevés avec pour objectif d’intégrer l’Alliance des Récoltants. Aujourd’hui ce regroupement compte une soixantaine de châteaux répartis sur l’ensemble du bordelais.

A noter que les vignobles Pierre Jean Larraqué se composent de trois entités, à savoir le Château Vernous, le Château Barre Gentillot en Gaves de Vayres et enfin le Château Le Virou en Blaye Côtes de Bordeaux.

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[Bourgogne] Récolte généreuse mais en ordre dispersé

Les vendanges battent leur plein en Bourgogne. Si les volumes sont réjouissant, les écarts de maturités peuvent rendre les choses compliquées. Explications.

En octobre 2021, alors que les vignerons de Bourgogne vinifiaient, moroses, la maigre récolte que les gelées et le mauvais temps leur avaient laissé, une même réflexion revenait : « Il nous faudrait pas une, mais deux belles récoltes pour refaire les stocks ! ». Vœu exaucé. Après les beaux volumes de 2022, la vendange 2023 s’annonce, encore une fois, très généreuse.

Vers des rendements proches de 2022 ou 2018

« Il y a eu d’énormes sorties de grappes au printemps. Depuis, aucun accident majeur n’a amputé le potentiel de récolte », résume Christine Monamy, responsable des observatoires au BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne). «Certes il y a eu quelques cas de brûlures en juillet et en août, lors des fortes chaleurs. Et des dégâts de grêle dans certains villages, notamment dans le Mâconnais, à Rully, à Meursault ou encore dans le Chablisien. Mais tous ces phénomènes, très localisés, ne devraient pas avoir d’impact sur les rendements moyens. On se dirige plutôt vers des volumes proches de 2022 ou 2018. »

Une excellente nouvelle qui n’empêche pas les vignerons de garder la tête froide : Si le raisin est là, il mûrit de manière peu homogène. « D’habitude on a une logique géographique : le Mâconnais d’abord, puis plus on remonte au nord, plus c’est tardif. Cette année est très particulière : certains raisins sont mûrs en Côte de Nuits alors des vignerons attendent toujours en Mâconnais par exemple », constate Christine Monamy. Un casse-tête pour beaucoup d’exploitations, qui doivent multiplier les contrôles de maturité et s’adapter au jour le jour.

Maîtrise des rendements ou non : telle est la question

Deux facteurs expliquent ce phénomène. D’une part « une pluviométrie essentiellement orageuse, donc ultra localisée. C’est pour cela que l’on observe des évolutions de maturité complètement différentes entre des villages voisins ». De l’autre : « des choix de maîtrise des rendements très différents selon les vignerons. Face à la profusion de grappes cette année, certains ont décidé de restreindre les quantités, avec des vendanges en vert par exemple, d’autre on laissé ce potentiel de récolte intacte. Dans ce cas, le mûrissement est plus difficile ».

Un choix qui pourraient également entraîner des différences qualitatives, entre des vins plus mûrs et concentrés et d’autre plus frais et légers. Réponse après les vinifications.

Un peu plus tardif que 2022
La vendange 2023 a commencé avec les premiers crémants fin août. Côté vins tranquilles, les machines et sécateurs ont fait leur apparition aux alentours du 5 septembre dans la partie sud de la région (Mâconnais, Côte chalonnaise, Côte de Beaune et Côte de Nuit). La partie nord (Chablisien) débutera plutôt à partir de ce lundi 11 septembre. Soit, en moyenne, 10 jours de plus qu’en 2022, millésime exceptionnellement précoce.

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Gabriel Picard : nouveau Président de la FEVS

Elu pour 3 ans comme Président de la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France, Gabriel Picard s’est prêté au jeu des questions-réponses.

Comment se portent les exportations françaises de vins et spiritueux ?
Les premiers mois de 2023 montrent que les exportations françaises de vins et spiritueux se normalisent avec une stabilité en valeur à environ 8,6 milliards € (-1%). L’élément qu’il faut suivre sans doute plus particulièrement est la baisse des volumes. Elle s’explique en partie par les difficultés économiques que connaissent les consommateurs sur différents marchés. Nous sommes donc dans une phase d’atterrissage après plusieurs années de forte croissance :  nos exportations ont progressé de 23% entre 2019 et 2022. Tout ceci, dans un environnement économique global qui demeure complexe et tendu, sur le plan politique comme économique.

Quelles sont les principales régions exportatrices de vins et spiritueux en France ? Quelles sont celles qui ont le plus progressé ces dernières années ?
Si l’on regarde les deux dernières années, 2021 et 2022, toutes les régions ont bénéficié du développement des exportations, mais à des degrés divers. S’agissant des vins, la Champagne et les Crémants, la Bourgogne et la Provence, sont les régions qui ont connu les progressions les plus fortes. Les vins de cépage français ont connu également une forte progression. Mais encore une fois, toutes les régions ont progressé ces deux dernières années avec une progression globale de 25% en valeur.

Pour les spiritueux, c’est certainement Cognac qui a marqué les exportations de spiritueux depuis 2 ans mais la vodka ou les liqueurs demeurent des produits également très dynamiques.

Il faut bien sûr relire ces performances à la lumière de l’inflation réapparue en 2022. Mais il reste clair qu’avec une progression globale de 23%, il y a une hausse de valeur supérieure à l’effet inflation.

Quels sont les principaux marchés à l’étranger pour les entreprises viticoles et de spiritueux ?
Le triptyque reste assez constant : les Etats-Unis demeurent, de loin, notre premier marché, à plus de 4,5 milliards €. Le second est le Royaume-Uni qui, depuis deux ans, a déjoué toutes les craintes qu’on pouvait avoir à la suite du Brexit. Le troisième est la Grande Chine (Chine + Hong-Kong), même si les périodes de confinement qui ont duré jusqu’à la fin de l’année 2022 ont pesé sur la demande des consommateurs. En Europe, l’Allemagne reste un marché important.

Quels sont les marchés export les plus dynamiques en termes de croissance ?
Sur les premiers mois de l’année 2023, parmi les marchés qui connaissent les plus fortes progressions, on peut citer Singapour ou le Japon. La Corée du sud, la Thaïlande ou la Malaisie sont aussi dynamiques : la performance de la Thaïlande ou de la Malaisie souligne l’intérêt d’un accord commercial qui, en réduisant les droits de douane, permettrait à nos entreprises d’exploiter pleinement le potentiel de ces pays. Plus près de nous en Europe, l’Espagne ou l’Italie connaissent des progressions très positives.

La petite taille est-elle aujourd’hui un handicap pour exporter ?
Je ne le pense pas car cela dépend d’abord de l’état d’esprit de l’exportateur et des marchés qu’il vise. Il n’y a pas une stratégie unique et donc il n’y a pas une réponse unique. De petits opérateurs peuvent prospérer avec des marchés ciblés, parfois de niche, avec des partenaires locaux qui cherchent des produits originaux, atypiques ou exclusifs. A l’inverse, dans d’autres cas, des distributeurs plus importants voudront travailler avec des interlocuteurs capables de leur proposer un catalogue de produits plus large ou des services complémentaires (logistiques, marketing, etc…). Dans ce cas, la taille peut devenir un atout.

Quels sont aujourd’hui les principaux freins à l’export pour les entreprises de vins et spiritueux ?
Comme indiqué, c’est avant tout une prise de conscience de la nécessité d’y aller et un état d’esprit ! Ensuite, pour exporter, le premier enjeu est de pouvoir accéder à un marché. Ce sont donc souvent les droits de douane qui constituent une première barrière. A titre d’exemple, si les vins et spiritueux étrangers sont peu présents sur un marché aussi important que l’Inde, c’est parce que les protections tarifaires sont très élevées et dissuasives. C’est pour cela aussi que les négociations commerciales demeurent essentielles.

Les autres barrières sont techniques : règles d’étiquetage, normes produits, publicité, etc. sont autant d’éléments qui n’interdisent pas l’exportation mais peuvent vite la rendre onéreuse et donc, en pesant sur le prix au consommateur, empêcher le développement réel des exportations. C’est ce qu’on appelle les « mesures non tarifaires » et nous constatons malheureusement qu’elles ont tendance à se développer. Là encore, les négociations, multilatérales ou bilatérales, sont essentielles pour lever ces freins.

Enfin, il faut aussi veiller à ne pas se créer de freins en franco-français ou en euro-européens : là encore, nos propres règles en matière d’étiquetage, de réemploi ou le morcellement chaque fois plus accentué de notre offre par la multiplication des règles – souvent inutiles – des cahiers des charges, sont autant de freins à la compétitivité de notre offre française à l’export. Là aussi, une forme de modération serait la bienvenue !

Vous avez été élu pour 3 ans comme Président de la FEVS. Quelles sont vos priorités quels seront les grands jalons de votre mandat ?
Je crois que qu’il faut capitaliser sur ce qui fait l’ADN de la FEVS tout en allant plus loin :

L’ADN de la FEVS, c’est la facilitation de l’export. Faire tout ce qui est nécessaire pour éliminer ou réduire les barrières au commerce, qu’elles soient tarifaires ou non tarifaires. Lors de mon élection à la présidence de la FEVS, j’ai particulièrement mis en avant la nécessité de lutter contre de nouveaux obstacles qui viennent fragmenter les marchés, comme récemment, la législation irlandaise en matière d’étiquetage sanitaire, qui remet en cause trente années de construction du Marché Unique. Il faut veiller à ce que des préoccupations légitimes qui relèvent de la responsabilité sociétale de nos entreprises ne conduisent pas à des mesures disproportionnées voire protectionnistes.

L’autre élément clé c’est mieux faire comprendre aux Pouvoirs publics (membres du Gouvernement, Parlementaires, élus locaux) mais également au grand public, l’importance stratégique de l’export, en utilisant l’exemple des vins et des spiritueux. Il faut que tous soient conscients de cette extraordinaire richesse, de ce capital que représentent nos productions pour la France. C’est une force économique, c’est une force territoriale, c’est une force culturelle et même diplomatique. Finalement, ce sont les Français eux-mêmes qui l’ignorent. Je veux porter ce message haut et fort : l’export, c’est le rayonnement de nos entreprises, petites ou grandes, ce sont des savoir-faire anciens perpétués et modernisés, des emplois et bien sûr de la création de valeur, ici en France, non délocalisable. Nous devons collectivement être fiers de ce patrimoine commun, qui vit indiscutablement par et grâce à l’export.

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« Poétique de la terre » : quand Mailly Grand Cru aborde la vinification sous bois

Mailly Grand Cru sort une toute nouvelle cuvée qui marque le tournant pris par la coopérative dans son approche de la vinification sous bois, utilisé non pas pour enrichir le vin, mais pour souligner et mieux mettre en valeur les traits caractéristiques du pinot noir de ce grand cru de la face Nord de la Montagne. Nous sommes allés rencontrer Sébastien Moncuit, le chef de caves, pour en savoir davantage.

Vous êtes issu d’une famille de vignerons de la Côte des blanc, et vous travaillez dans une maison spécialisée dans les pinots noirs…
La transition a été facilitée par l’élégance des pinots noirs de Mailly, moins solaires par exemple que ceux de Bouzy, compte tenu de l’exposition générale au Nord. Les anciens disent que nos chardonnays pinotent et que nos pinots noirs chardonnisent. Notre cuvée l’Intemporelle qui allie les deux cépages reflète très bien cela. Les pinots noirs y sont majoritaires, mais se marient bien parce qu’ils sont printaniers, floraux, un peu exotiques… La force de Mailly, c’est d’être capable de produire des pinots noirs qui n’ont pas une expression de fruits rouges mais plutôt de fruits jaunes, de mirabelle.

Vous sortez aujourd’hui une nouvelle cuvée « Poétique de la terre », quelle est au juste son originalité ?
Cela faisait quatorze ans que nous n’avions pas sorti une nouvelle cuvée. L’idée est de continuer à approfondir l’exploration de l’ADN du pinot noir de Mailly à travers le travail du bois. Jusqu’ici, celui-ci n’intervenait que comme épice dans nos assemblages, alors qu’il représente dans cette cuvée la majorité soit 63 %, dont 50 % de vins vinifiés en fût et 13 % de vins élevés en foudres. Nous avons choisi la base 2016, dont le velouté et le côté généreux se prêtaient bien à l’expérience. Nous disposions déjà de fûts lorsque je suis arrivé en 2013 mais nous utilisions des barriques âgées. Le problème, c’est que si elles participent à la complexité des vins, elles ont aussi tendance à les fatiguer, en donnant un côté vineux qui ne correspond plus au style contemporain recherché par la clientèle. Cela confère un caractère très oxydatif, un peu bodybuildé, qui sature vite le consommateur. Quelques grandes maisons travaillent avec de vieux fûts, mais elles réduisent le passage du vin à un temps très court. Alors que dans les barriques plus jeunes, la micro-oxygénation est équilibrée par les propriétés anti-oxydantes des tanins encore présents dans le bois. Enfin, on peut facilement nettoyer une cuve. Un fût c’est plus compliqué, et lorsqu’il est ancien, il y a davantage de risques microbiologiques qui peuvent ensuite conduire à des déviations.

Vous dites chercher par le bois à souligner les traits naturels du pinot noir de Mailly pour mieux les mettre en évidence, expliquez-nous…
Le pinot noir de Mailly se distingue par sa capacité à combiner une fraîcheur naturelle, liée à l’acidité du terroir, et une forme de retenue dans les maturités qui lui donne toujours une petite tanicité structurante en fin de bouche. Elle ressemble à l’amertume tonique du schweppes. Tout l’intérêt de fûts jeunes, c’est qu’ils permettent justement de souligner cette petite amertume rafraîchissante grâce aux tanins du bois qui n’ont pas été lessivés par de trop nombreuses vinifications. Aussi, plutôt que de chercher le côté vanillé et sucrant, nous sélectionnons des bois plus structurants, rigides, longilignes, et une chauffe qui débouche sur des notes grillées.

Le bois accentue par ailleurs le caractère épicé, typique également de Mailly. Le terroir, à la suite de l’effondrement du cirque, a été chahuté dans tous les sens et nous avons quelques cuvettes froides. La maturation y est plus lente ce qui donne des notes végétales nobles, comme le fenouil, la chlorophylle. En vieillissant, elles se transforment en arômes épicés tels que le gingembre, le poivre, la cannelle. Les épices viennent en effet davantage de l’univers du végétal que de l’univers du fruit. Cette expression nécessitant une longue maturation, elle nous a donné l’idée de « variations » avec un deuxième dégorgement et une deuxième sortie dans les années à venir.

Enfin, dernière dimension, je travaille le bois dans un esprit champenois d’assemblage. Pour élargir la palette des notes disponibles, je multiplie les schémas. Certains vins sont simplement vinifiés sous-bois, d’autres qui ont été vinifiés en inox vont être élevés dans des foudres. Avec le réchauffement climatique et la dimension plus aléatoire des vendanges, on est de plus en plus vigilant à travailler les vins de réserve. Or, la conservation en cuve en inox génère le risque d’une réduction qui referme complètement les vins, là où le bois les amène à occuper un espace supplémentaire. A l’inverse, je trouve aussi très intéressant de faire des élevages en inox après des vinifications sous bois. Cela assouplit le côté marquant du bois neuf. De cette manière, alors que l’on avait quelque chose de saturant, d’omniprésent, on arrive à un profil pointu, précis, un univers toasté et délicat. Là-encore, on vient souligner une caractéristique de Mailly qui, en vieillissant, a naturellement tendance à prendre des notes briochées, de boulangerie, de pain au lait…

Prix: 95 €

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Alsace : l’obligation des rieslings secs se profile

Depuis le 1er août, le riesling déchaine à nouveau les passions en Alsace : le vignoble est divisé entre ceux qui s’opposent à la nouvelle réglementation de l’étiquetage du riesling et ceux qui l’approuvent.

Le 1er août a été publié au Journal Officiel un nouveau décret qui établit que tous les vins étiquetés riesling doivent être secs. Les vignerons qui ne sont pas d’accord avec cette décision enjoignent les amateurs de rieslings pluriels à se joindre à eux pour manifester leur désaccord en écrivant une lettre à l’INAO, Institut national des appellations et de la qualité avant le 30 septembre. C’est principalement le cas des vignerons indépendants, qui avaient voté contre cette mention, lors de la l’assemblée générale de mars. Le nouveau cahier des charges proposé interdira le nom de riesling aux vins qui auraient plus de 4g de sucre résiduel, ou 9g s’ils ont plus de 7g d’acidité.  

Pierre Gassmann lance une pétition
A la tête des vignerons qui s’opposent au nouveau cahier des charges, Pierre Gassmann, propriétaire du domaine Rolly Gassmann à Rorschwihr (Haut-Rhin), est connu pour faire vieillir ses innombrables cuvées, dont beaucoup de style demi-sec ou moelleux, qu’il commercialise uniquement au moment où il les juge à leur apogée. Il s’oppose à la « frénésie normative », à la « standardisation » et envisage avec inquiétude « l’impossibilité de produire des rieslings dans les millésimes solaires ». Il rappelle aussi que depuis la récolte 2021, les Alsaciens appliquent la directive européenne qui rend la lecture des étiquettes aisée avec les mentions précises sec, demi-sec, moelleux ou doux. Il a créé un site qui permet de télécharger une lettre type à adresser à l’INAO avant la fin du mois de septembre, date butoir de contestation, deux mois piles après la parution au JO.

Pierre Gassmann et son père Louis ©I. Bachelard

Pour la pluralité de styles pour le riesling
Membre de l’Association ACT, Alsace crus et terroirs, Ludivine Dirler, du domaine Dirler-Cadé à Bergholtz (Haut-Rhin), soutient Pierre Gassmann car « on travaille avec la nature, tout est une question d’équilibre, sur les grands crus Kessler ou Saering par exemple » et craint un nivellement par le bas. Elle évoque un riesling 2015 qui s’est vu passer de sec à demi-sec en l’espace de trois jours, juste par une petite pluie qui a amené de la pourriture noble. Il en est né une belle « cuvée Cécile » avec du sucre, mais moins riche qu’une vendange tardive. A Westhoffen (Bas-Rhin), Etienne Loew évoque les cuvées de riesling exceptionnelles 1978 ou 1981 pour défendre la pluralité des rieslings et explique que « le problème n’est pas le sucre, mais les vins qui manquent de matière auxquels on laisse 6 ou 7g de sucre pour cacher leur agressif acide malique. Sur mes 6 cuvées de rieslings il y en a toujours une qui dépasse les 4g de sucre, mais il peut se déguster sec, car il est équilibré par l’acide tartrique, pas l’acide malique » dit-il en pensant à son grand cru Altenberg de Bergbieten 2021, soutenue par ses  6,1g d’acidité.

Des opinions mitigées
D’autres vignerons ont des opinions plus mitigées. Pour Frédéric Bernhard du domaine Jean-Paul Bernhard à Katzenthal (Haut-Rhin) : « Je suis pour la pluralité encadrée, donc réservée à certains terroirs, mais c’est une évidence que le riesling sec doit être la norme, et les plus riches clairement identifiés sur l’étiquette ». De même Eddy Leiber-Faller, du domaine Weinbach à Kaysersberg (Haut-Rhin) comprend le désir de lisibilité, mais se demande si la démarche est véritablement utile en plus de l’application stricte de la législation européenne. Il admire Pierre Gassmann comme « un des meilleurs connaisseurs de l’Alsace » mais pense que des solutions existent pour ses types de vins puisque « à l’avenir les cépages vont s’effacer au profit des terroirs » et que le nom du cépage pourrait disparaître de l’étiquette.

Pour le riesling sec exclusivement
Christophe Botté directeur de la cave de Turckheim (Haut-Rhin) et d’Union Alsace (cave du Roi Dagobert à Traenheim, Bas-Rhin) est favorable au riesling sec parce que « l’Alsace souffre de la diversité de ses profils, que le riesling avec le pinot blanc et le sylvaner est traditionnellement un cépage à vin sec, que les sommeliers et les consommateurs plébiscitent les vins secs ». Il se réjouit que l’Alsace ait « pris le taureau par les cornes ». A la grande cave coopérative Wolfberger, Emilie Lejour, maitre de chai et oenologue pour les vins tranquilles, confirme qu’on a sauté le pas dès 2021, que tous les rieslings sont secs. « Même en 2022, tous les rieslings de grands crus ont été vinifiés en sec depuis le Rangen de Thann au sud jusqu’au Muenchberg de Nothalten au nord. Les restaurateurs, les sommeliers et les clients veulent des vins secs ou demi-secs pour la gastronomie » conclut-elle.

Une voie noble
Au domaine Zind-Humbrecht, Olivier Humbrecht comprend bien la démarche de Pierre Gassmann. Mais le président de la section Grands Crus au sein de l’AVA, Association des viticulteurs d’Alsace constate qu’avec le changement climatique, la viticulture doit s’adapter. Avec son fils Pierre-Emile, il voit certains vins non secs comme des échecs, des manques de discipline de la part des vignerons. Il s’explique : «Le climat nous pousse à faire des vins plus secs. Quand on vendange en septembre, les journées sont chaudes, les acidités chutent brutalement, il y a plus de levures, les fermentations se font rapidement dans les caves encore chaudes ». Il poursuit : «Pierre Gassmann recherche un style, mais c’est une exception, alors que la nouvelle loi va aider des centaines d’autres producteurs. La liberté a bon dos : on vit un ouragan pour ½ ou 1% du vignoble ». Il entrevoit une solution qui respecterait le consommateur et ferait briller le terroir. S’il y a des lieux-dits comme le grand cru Schoenenbourg (Riquewihr) ou le Silberberg (Rorschwihr) cher à Pierre Gassmann qui produisent un style de vin original, avec du sucre résiduel, et que tous les vignerons se mettent d’accord, une nouvelle définition (demi-sec, moelleux ou doux) de ces lieux-dits pourrait être revendiquée auprès de l’INAO. Ce serait une voie noble, tout comme la suppression du nom du cépage sur l’étiquette au profit d’un nom de terroir. Il rappelle qu’un décret n’est pas éternel : « Toutes les AOC ont évolué, elles pourront évoluer de nouveau » conclut-il.

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Comment Martell accélère sa transition environnementale

« Dans dix, vingt ou trente ans, le consommateur nous jugera sur nos pratiques d’aujourd’hui », répète inlassablement le PDG César Giron. La maison, deuxième acteur économique du cognac, détaille sa feuille de route RSE

Cognac, septembre 1868. Le négociant Martell écrit à l’un de ses agents à l’autre bout du monde : « Nous sommes en pleine vendange. La chaleur excessive que nous éprouvons depuis quelques jours fait malheureusement bouillir le raisin sur pied. Après les fortes gelées d’avril, nous ne pouvions compter que sur une récolte médiocre mais avec une température aussi élevée, le rendement sera encore inférieur à ce que nous supposions la semaine dernière. »

Que nous apprennent ces mots anciens, rédigés à la plume d’oie et délicatement couchés sur papier jauni ? Que les caprices de la nature ont toujours préoccupé les viticulteurs et les négociants charentais. Aujourd’hui, l’urgence climatique les exhorte à s’y intéresser plus encore. Dans les 83 000 hectares du pays du cognac, la transition environnementale n’est pas une option. C’est une exigence.

Tant l’amont viticole que l’aval industriel et commercial
César Giron, le PDG de Martell, deuxième acteur économique de la filière, le répète souvent : « Dans dix, vingt ou trente ans, le consommateur nous jugera sur nos pratiques d’aujourd’hui. Le monde du cognac, produit de luxe, symbole d’excellence, doit être pionnier en la matière. »

Question : la maison Martell, fleuron du groupe Pernod-Ricard, est-elle justement exemplaire ? Réponse : pas plus, pas moins que les autres grandes marques (ici plus collègues que concurrentes) mais avec de réelles spécificités que l’entreprise a détaillées en juin dernier, lors d’un voyage de presse à Cognac et à Cherves-Richemont. Y était conviée une dizaine de journalistes français de la presse généraliste et spécialisée.

Qu’a-t-on appris de neuf et d’intéressant ? Que la feuille de route RSE du négociant concerne tant l’amont viticole que l’aval industriel et commercial.

Vitiforesterie et cépages résistants
L’amont tout d’abord. Martell a fait de ses domaines (450 ha certifiés CEC en 2016 et zéro herbicide depuis 2019) un « labo expérimental à ciel ouvert », où les « trouvailles et bonnes pratiques ont vocation à être partagées avec les 1 200 viticulteurs partenaires de l’entreprise », souligne Adeline Loizeau, directrice des approvisionnements.

Ici, le négociant y teste la viticulture dite « régénératrice ». Il a notamment dédié une parcelle de 8 ha à l’étude de la « vitiforesterie », où 1 500 arbres et arbustes d’une trentaine d’essences favoriseront un « écosystème vivant et équilibré ». Le vrai plus : tous les végétaux (vignes et arbres) ont été installés en même temps, dans un agencement spatial inédit.

Martell s’est aussi engagé dans un programme de recherche variétale, en obtenant et en plantant depuis 2016 la bagatelle de 280 cépages moins sensibles à l’oïdium et au mildiou que l’ugni blanc. Cette année et l’an prochain, une vingtaine d’autres variétés aux plus grandes résistances polygéniques (notamment au black-rot, une maladie du bois) seront éprouvées.

« L’ère du mass market a vécu »
Évoquons désormais l’aval industriel et commercial. « Terre de Vins » a déjà présenté les efforts de Martell pour une distillation plus vertueuse. Nous ne connaissions pas, en revanche, la volonté du maître de chai Christophe Valtaud de valoriser les trésors de l’AOC et de promouvoir des assemblages issus d’un seul et même cru : « L’ère du mass market a vécu. Le vrai luxe, demain, sera de proposer des produits rares et uniques », a-t-il déclaré.

Enfin, Frédéric Potier, en charge du packaging et de l’innovation, a expliqué comment Martell et ses fournisseurs verriers et cartonniers privilégient l’écoconception des flacons et de leurs emballages. « Le poids de la carafe XO a fondu de 35 % et celui de la bouteille Noblige d’environ 10 %. Enfin, nous avons décidé de supprimer le plus tôt possible les étuis des gammes VS et VSOP. Aujourd’hui, 60 % de ces références sont déjà expédiées sans », a-t-il indiqué.

Last but not least, Martell a réaffirmé son soutien à l’armateur breton Towt, qui construit un premier cargo à voile. Le cognac devrait bientôt hisser la grand-voile. Première cargaison à destination de New York prévue en 2024.

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La Cité du vin fait sa rentrée

Pendant que certains prenaient des vacances d’été bien méritées, les équipes de la Cité du vin, elles, n’ont pas chômé ! Elles ont concocté une offre culturelle riche et variée jusqu’à la fin de l’année. Nous vous en disons plus.

Après un été au beau fixe, avec près de 97.000 visiteurs cumulés accueillis sur juillet et août (+ 7 % par rapport l’été 2019), faisant de ce millésime estival 2023 le deuxième plus beau depuis l’ouverture, et un taux de satisfaction record (plus de 90% des visiteurs recommanderaient la visite à leurs proches), la Cité du Vin continue à œuvrer pour honorer son titre d’incontournable de la ville de Bordeaux. Pour la période septembre-décembre 2023, elle propose à nouveau une belle palette de rendez-vous riches en saveurs, en destinations viticoles et en apprentissage.

Quelques temps forts
Le week-end du 16 septembre, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, la Cité du Vin vous convie à un voyage en Suisse. Plus précisément, c’est le vignoble de Lavaux (Suisse), avec  ses spectaculaires terrasses classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui sera mis à l’honneur le temps d’une après-midi spéciale, autour d’une conférence à 15h30, suivie d’une dégustation commentée à 17h30. Au diapason de la Coupe du monde de Rugby, lors de laquelle Bordeaux est l’une des villes hôtesses, deux événements lieront vin et ovalie le temps d’une soirée : le 29 septembre à 19h30, à la veille du match Géorgie-Fidji, une soirée exceptionnelle au Belvédère rendra hommage à la culture géorgienne (dégustation mets & vin et musique), en compagnie de la Fédération géorgienne de rugby, et le 10 octobre à 19h, la Cité du Vin recevra Gérard Bertrand, ancien rugbyman et vigneron, pour un Grand entretien. Pour ceux désireux d’en apprendre plus sur l’architecture de la Cité du Vin, des visites guidées architecturales seront organisées pour les journées nationales de l’architecture, le samedi 14 octobre à 14h30 et 16h, et le dimanche 15 octobre à 14h30. Enfin, à l’approche de la fin d’année, Véronique Sanders, présidente du Château Haut-Bailly, Grand Cru classé de Graves, sera accueillie le 5 décembre à 19h lors du second Grand Entretien de la saison.

Sur grand écran
Pour accompagner les soirées d’automne, la Cité du vin a prévu des projectionssur des thématiques diverses. Le 3 octobre à 19h, le documentaire Vignes sur le fil sera projeté dans le cadre du cycle « L’environnement et le vin » lancé au printemps dernier, et s’intéressera à l’adaptation des vignerons face au réchauffement climatique. Une rencontre suivra la projection pour échanger sur le sujet. Le 17 octobre à 19h, la série Des vignes et des Hommes s’envolera pour Santorin, ou encore pour La Rioja le 28 novembre. Le 8 novembre à 19h, le Ciné Gourmand reviendra pour une soirée où mets, vins, cinéma et animations artistiques se rencontreront avec un menu réalisé par Chef Jésus et Gabriel Gette, autour de la comédie sentimentale indienne The Lunchbox.

Vendanger le savoir
Orchestré avec l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, le cycle de conférences Les Vendanges du savoir, voué à rendre accessibles à tous les connaissances et avancées scientifiques sur la vigne et le vin, sera de retour cette saison, avec deux rendez-vous. Le 14 novembre à 19h, Didier Merdinoglu, chercheur en génétique, proposera d’étudier l’Histoire de la culture de la vigne dans la conférence « La vigne, de sa domestication à son amélioration génétique ». Le 12 décembre à 19h, Fabrice Redois, maître de conférences en géologie, hydrogéologue agréé et expert pour l’INAO, s’intéressera aux eaux souterraines qui coulent sous les vignes dans la conférence « De l’eau sous terre, au vin dans le verre ».

Côté dégustation
Toujours incontournables, les très instructifs et ludiques ateliers afterworks du jeudi soir donneront rendez-vous aux novices comme aux amateurs pour découvrir toute la diversité viticole et de savoureux accords mets-vins, avec une première séance à 18h30 et une seconde à 20h30. Au programme : vins de Corse le 21 septembre, vins de Bordeaux « Nouvelle vague » le 28 septembre, vins du monde et chocolat (en partenariat avec l’Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine  AANA) le 5 octobre, vins du monde et bouchées innovantes (en partenariat avec l’AANA) le 12 octobre, vins de Bulgarie le 19 octobre, vins mystères d’Halloween le 26 octobre, vins blancs du monde et fromages (en partenariat avec l’AANA) le 2 novembre, vins du monde et charcuteries (en partenariat avec l’AANA) le 9 novembre, vins du Beaujolais le 16 novembre, vins du monde et Truffe (en partenariat avec l’AANA) le 23 novembre, vins mutés le 30 novembre, vins du monde et accords festifs (en partenariat avec l’AANA) le 7 décembre, vins d’Ukraine le 14 décembre, vins doux le 21 décembre, vins effervescents le 28 décembre.

En journée, deux ateliers sont également à retrouver toute l’année à la Cité du Vin : initiation à la dégustation à 15h en version multilingue, pour apprendre les bases de la dégustation, et Bordeaux 360° à 16h30 les samedis et jours fériés (en français), pour découvrir en immersion les vignobles de la région bordelaise à travers 4 films et des images spectaculaires à 360°.

Le 21 octobre à 18h, un atelier Grands Crus de Bordeaux sera également proposé dans le cadre du « Fascinant Week-end Vignobles et Découvertes ».

Plus d’informations sur le site web de la Cité du Vin.

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C’est quoi un second vin ?

Le samedi 21 octobre prochain (10h-19h) au Hangar 14 (Bordeaux), Terre de vins et Cash Vin s’allient une nouvelle fois pour proposer à la dégustation et à la vente, à tarifs avantageux, les seconds vins d’une cinquantaine de prestigieuses propriétés bordelaises. En préambule, nous vous proposons une petite révision de rentrée autour de la notion de second vin.

Si vous êtes coutumiers des vins de Bordeaux, vous avez certainement déjà entendu parler de la notion de second vin. Mais savez-vous d’où vient cette tradition et ce que recouvre exactement cette notion ? Créés par de grandes propriétés bordelaises, ces flacons constituent une alternative gustativement et financièrement plus accessible à l’univers et au prestige des grands vins.

Pour découvrir les prémisses de ce phénomène, il faut remonter à la fin du XIXe siècle. Plutôt que de céder au négoce les lots écartés de l’assemblage du premier vin car jugés insuffisamment qualitatifs, certains propriétaires décident de les conserver pour créer une cuvée dédiée. Et ce, afin d’élargir leur gamme, pour encore mieux valoriser leur premier vin. Dès 1874, le château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande lance le mouvement, rapidement suivi par d’autres grands noms (Léoville Las Cases, château Margaux…), avant que cette tendance ne se généralise dans les années 1980, encouragée par un tri drastique à la vigne et les frémissements de la spéculation.

Cuvées à  l’identité propre
Si historiquement, les seconds vins étaient créés « en creux » avec les baies non retenues pour l’assemblage du grand vin, aujourd’hui, ce sont des cuvées à part entière. Issu du même terroir que son aîné et élaboré avec un soin identique, le second vin peut, selon les domaines, être le fruit d’une sélection parcellaire dès la vigne (jeunes vignes destinées à produire quelques années plus tard le premier vin ou plants dédiés) ou pensé par dégustation à l’heure de l’assemblage. Quel que soit le parti pris, certains points communs immuables unissent néanmoins ces « seconds » : leur qualité, leur belle buvabilité dès leurs jeunes années, prenant appui sur un profil gourmand faisant la part belle au fruit, et un rapport prix-plaisir imbattable, embrassant à merveille les tendances de consommation actuelles. Pour ceux désireux d’aller plus loin, ils constituent aussi une jolie porte d’entrée vers le premier vin.

Bonnes affaires en vue
Grâce au partenariat avec Cash Vin, durant toute la durée de cette foire aux seconds vins, les amateurs pourront repartir directement avec leurs bouteilles coups de cœur à tarifs avantageux, et bénéficier de l’offre suivante : pour l’achat de 5 bouteilles identiques, la 6ème est offerte.

L’entrée à 10€, remboursée dès l’achat d’une caisse de 6 bouteilles, permet à chacun de venir apprécier ces grands crus.

Pour les billets c’est ici.

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[Concours des Vins 8/12] Château de Nouvelles et Calmel & Joseph

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, direction le Languedoc !

CHÂTEAU DE NOUVELLES (11)
Les coups de cœur de la rédaction posent leurs valises dans l’Aude aujourd’hui avec deux domaines de renom. Le premier, le Château de Nouvelles, est un lieu chargé d’histoire puisqu’il est construit sur une ancienne villa gallo-romaine et qu’il a notamment été la propriété du Pape Benoît XII au milieu du XIVème siècle. C’est d’après ce dernier dont le nom de naissance est Jacques Fournier de Novelles que la propriété trouve son nom actuel, déclinaison du patronyme de son ancien locataire. Non content de posséder une histoire aussi riche, le domaine peut également se targuer d’être situé sur un terroir magistral perché dans le massif des Corbières tout en bénéficiant du climat méditerranéen. C’est la famille Daurat-Fort qui, depuis 1834, jouit de cette situation exceptionnelle lui permettant d’élaborer « des vins personnalisés et racés ». Jean-Rémy incarne la nouvelle génération à la tête du château qui vinifie aujourd’hui 12 cuvées à partir d’une impressionnante palette de cépages languedociens : grenache noir, grenache blanc, grenache gris, syrah, carignan, macabeu, muscat d’Alexandrie et muscat à petits grains. Vous avez dit Languedoc ?

La cuvée médaillée : Cuvée Vieilles Vignes 2020, Rouge, Fitou, 14 € (CAB)
Le Languedoc sur la langue. Ce fitou de belle race, 40 % carignan, 30 % grenache et 30 % syrah, élevé 18 mois en barriques, est à la fois corsé et fin, énergique, plein. La garrigue affleure sous la teinte boisée. Il a du caractère et on l’aime pour ça. C’est du terroir qui clame ses lettres de noblesse.

Accord mets-vin
Une épaule d’agneau confite aux herbes. 

Jean-Rémy Daurat ©Photo DR

CALMEL & JOSEPH (11)
L’histoire de Calmel & Joseph, autre « cador » languedocien, est loin d’être aussi ancienne que celle du Château de Nouvelles puisqu’elle débute en 1995. Malgré tout, en moins de 30 ans, Laurent Calmel et Jérôme Joseph ont réussi à faire de leurs noms une référence qui résonne bien au-delà du sud de la France. D’abord maison de négoce, désormais également « créateurs de grands vins en Languedoc-Roussillon », le Domaine Calmel & Joseph s’établit sur une ancienne métairie Languedocienne avec 160 hectares de vignes d’un seul tenant, jonchés sur les contreforts du Val de Dagne, de l’Alaric et des Hautes Corbières. Cette situation géographique rêvée lui permet d’exploiter le superbe potentiel de la région, et fait naturellement d’elle une propriété productrice de grands vins destinés à faire rayonner le Languedoc. Ce positionnement d’ambassadeur de ces contrées sudistes est appuyé par une offre de séjour oenotouristique à travers quatre gîtes permettant de profiter de la magie des lieux, à quelques kilomètres seulement de Carcassonne et sa célèbre citadelle médiévale. Voilà donc une adresse incontournable et ensoleillée à ne pas manquer.

La cuvée médaillée : Ams Tram Gram – Quartier Libre 2022, Blanc, IGP Pays d’Oc, 11 €
Une vivacité florale se distingue dans son parfum printanier. L’assemblage entre grenache blanc, clairette et rolle fonctionne à merveille, déroulant une chair de fruit blanc juteux, entre pêche et poire, une onctuosité sans lourdeur, signée par de fins amers qui viennent zester la finale. C’est un blanc tout terrain (et cela n’a rien de péjoratif), à toujours avoir sous le coude et au frais.

Accord mets-vin
Avec un crumble de cabillaud aux courgettes.

©Photo DR

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The D-day à Ducru-Beaucaillou

Ce sera le 14 octobre, au Château Ducru-Beaucaillou, pour le Food Festival des Vendanges. Un évènement à cocher dans le Save the Date !

Ce drapeau qui flotte sur l’immense édifice, le tout surplombant l’estuaire, nous sommes en haut lieu du vin, à Saint-Julien, en les murs du Château Ducru-Beaucaillou. Si des amateurs de Grand Cru Classé 1855 ne connaissent pas encore ce temple du vin, l’occasion rêvée se présente. Rendez-vous le samedi 14 octobre pour la deuxième édition du Food Festival des Vendanges : « Une journée unique placée sous le signe de la convivialité et de l’art de vivre médocain avec de nombreuses animations et activités », préviennent les équipes. Pour preuve un programme haut en couleur avec un concours de cuisine, une master class cuisine, une master class de dégustation de vin, un banquet des vendanges, Paseo sur le Ruedo avec de magnifiques bœufs du Médoc. Des jeux d’antan attendent les enfants et leurs parents dans le parc. Naturellement, les portes des chais seront ouvertes pour des visites commentées. Le parrain de cette édition n’est autre que Vincent Ferniot, célèbre journaliste gastronomique. Différents pass sont disponibles sur le lien ci-dessous afin de bloquer cette sublime journée.

www.ducrubeaucaillou-foodfestival.com

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