Adieu à l’immense Jean-Michel Cazes

Jean-Michel Cazes, propriétaire du château Lynch-Bages et grande figure du monde du vin, vient de s’éteindre à l’âge de 88 ans. Au-delà du Médoc et de Bordeaux, ce sont tous les amateurs qui sont en deuil.

Il aurait dû pleuvoir ce 28 juin 2023 sur la région bordelaise. On ne choisit pas le temps, pas davantage le départ des gens que l’on aime. Jean-Michel Cazes est mort. Un monument s’en va, laissant derrière-lui une vie immense, une vie plurielle.

Jean-Michel Cazes est d’abord indissociable d’un territoire, le Médoc, son Médoc. Il faut s’imaginer à l’origine un bayou, un immense marécage enserré entre l’océan Atlantique et le plus grand estuaire d’Europe, la Gironde, où viennent se perdre les fleuves Garonne et Dordogne dans une eau café au lait. Les mains de l’homme dont ses descendants ariégeois ont transformé cette région et sa renommée se mesure désormais en 75 cl, la contenance d’une bouteille de vin qui se débouche dans le monde entier, et ce depuis quelques siècles.

Sa terre porte aussi une histoire mouvementée, de crises en âges d’or, de l’élaboration empirique du vin à la recherche de la perfection, des grandes bouteilles aux petites mains qui forment une sociologie médocaine singulière. Jean-Michel Cazes connaissait cette histoire par cœur car c’est aussi la sienne. Quand il revient au bercail début des années 1970, le vin bordelais traverse une nouvelle tempête. Son père, André, hésite à vendre la propriété familiale : Château Lynch-Bages, grand cru classé de Pauillac. Le retour de Jean-Michel l’en dissuade. Ayant fait un bout de chemin en tant qu’ingénieur dans une importante société d’informatique (IBM), il va avoir deux temps d’avance pour aborder la mondialisation des vins de Bordeaux. Il maîtrise l’informatique et parle anglais. Le savoir-faire du Médoc, Jean-Michel va le faire savoir. Avec son vin du 45ème parallèle, il va inlassablement traverser les fuseaux horaires. Au pays des grands crus, situons-le comme le chaînon manquant entre les Anciens et les Modernes.

Il avait enfin un autre atout dans son jeu, Jean-Michel Cazes était aussi à l’aise dans les salons mondains qu’au bar du village : c’était un conteur, un homme de l’oral, accessible. Un don et une qualité qui donnent envie de boire ses paroles comme son vin. Dès la fin des années 1980, Lynch-Bages connaît une renommée mondiale, de New York à Pékin. Portée par un visage avenant, la propriété va connaître l’une des plus belles ascensions parmi les Grands Crus Classés 1855 si ce n’est la plus belle.

Ainsi la marque s’est construite pendant les Trente Glorieuses du vin. Jean-Michel Cazes a tenu avec brio son rôle d’ambassadeur, brandissant une bouteille sur la muraille de Chine, organisant des fêtes mémorables sous un chapiteau ou confiant un flacon à l’astronaute Patrick Baudry. Parallèlement, un grand groupe d’assurances a mandaté Jean-Michel Cazes pour développer un portefeuille de propriétés (AXA Millésimes), de Pauillac à Sauternes en passant par la vallée du Douro ou le vignoble de Tokaj en Hongrie. En découvrant ce volet de sa vie, on comprend davantage Lynch-Bages dans la capacité de son propriétaire à créer des aventures humaines. 

Pour ceux qui ont eu la chance de le rencontrer, lové dans son bureau de la place de Bages, Jean-Michel offrait un café et pouvait discuter de François Mauriac ou du Che, de Picasso ou de gin to’. Curieux de nature et cultivé de fait, il charmait son monde. Ces derniers temps, à un jet de pierre de son capharnaüm, des grues se croisaient et se décroisaient, des sonneries de chantier retentissaient, des Fenwick s’agitaient. Jean-Michel enfilait un casque pour suivre le nouveau Lynch-Bages. Les enfants de Jean-Michel Cazes ont progressivement pris les commandes dans les années 2000. C’est sous leurs impulsions que le nouveau Château Lynch-Bages est sorti de terre.

Jean-Michel Cazes nous quitte à 88 ans, dans la sérénité qu’il méritait. Nous adressons nos sincères condoléances à son épouse Thereza, ses enfants Kinou, Marina, Catherine, Jean-Charles ainsi qu’à tous ses proches. 

Cet article Adieu à l’immense Jean-Michel Cazes est apparu en premier sur Terre de Vins.

La France toujours reine du rosé

Il n’y a pas toujours de bonnes raisons de faire cocorico mais cette fois, on peut chanter le rosé sur tous les tons comme le confirme le dernier rapport de l’Observatoire mondial du rosé, fruit de la collaboration entre FranceAgriMer et l’interprofession des vins de Provence .

La France garde un leadership à ce jour incontesté et caracole en tête des pays producteurs et consommateurs de rosé. Elle se taille la part du lion pour la production mondiale avec 35% devant l’Espagne à 20%, les Etats-Unis a 10% et l’Italie a 9% mais également dans la consommation mondiale avec un tiers du total loin devant l’Allemagne (12%) et les États-Unis (11%). En prime, elle garde également la main sur les exportations en valeur (derrière l’Espagne en volume). De quoi donc se réjouir dans un contexte mondial plutôt en retrait après une croissance ininterrompue de plusieurs années, crise sanitaire aidant.

Un consommation hétéroclite selon les pays
Si la consommation semble marquer le pas (de 19,9 à 19,4 M hl entre 2019 et 2021), un repli bien moindre que l’ensemble des vins tranquilles, il n’en est pas de même sur tous les marchés. Certes, on enregistre un tassement dans les pays leaders et matures comme la France (où le rosé représente quand même une bouteille sur trois consommée soit la part la plus importante de tous les marchés), les États-Unis et l’Italie. Mais la croissance se maintient en Belgique, en Europe centrale et orientale, en Scandinavie et en Asie-Océanie, et on assiste même à un re décollage en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Une production à la hausse
La production qui a fait un bond en une décennie de 18,36 M hl à près de 23 M hl continue d’augmenter ce qui a généré un différentiel de 3 M hl avec la consommation, en retrait. Après un fléchissement dû à la récolte 2019, elle semble repartir néanmoins à la hausse. Elle reste concentrée pour les deux tiers autour du trio France-Espagne-Etats-Unis. Mais elle apparaît en forte progression, souvent à plus de 50%, dans des pays de l’Hémisphère sud comme le Chili et la Nouvelle-Zélande et en Europe de l’Est (Hongrie, Roumanie, Bulgarie).

La France, le plus grand exportateur et faiseur de tendance
Les échanges des vins rosés sont également au beau fixe avec environ la moitié franchissant au moins une frontière avant d’être consommés. Sur le podium des importations, toujours la France même si on constate une légère baisse depuis le record de 2017, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Sur celui des exportations en volume, l’Espagne qui pèse plus du double de la France sur la deuxième marche devant l’Italie. Les exportations de vins espagnols vers l’Hexagone constitue d’ailleurs le flux le plus important au monde (près d’un quart des exportations mondiales à 2,4 M hl).

Côté valeur, L’Hexagone (45% de la valeur mondiale) domine le classement mondial devant l’Italie avec des rosés bien valorisés contrairement à l’Espagne, au Chili et à l’Afrique du Sud qui vendent surtout des entrées de gamme et du vrac. Ce sont aux Etats-Unis et au Canada que les rosés sont le plus valorisés à 3,20-3,50€ départ cave, ainsi qu’au Danemark et en Suède. Sur le marché américain où les les consommateurs se réorientent vers les rosés secs au détriment des traditionnels zinfandel californiens sucrés, la France reste leader en volume, s’imposant comme « faiseur de tendance ».

Cet article La France toujours reine du rosé est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les 1ers vins labellisés « Volcanic Origin » en 2024

Depuis sa création en 2019 à Clermont-Ferrand, l’association Vinora travaille sur la caractérisation des terroirs volcaniques. Elle finalise le cahier des charges de la future dénomination « Volcanic Origin » dont le nom vient d’être déposé. La présentation des premières bouteilles certifiées est prévue pour début 2024 sur le salon Wine Paris.

Le projet a commencé en 2019, en amont du premier salon professionnel Vinora en Auvergne, avec l’ambition de référencer le parcellaire et les zones d’appellations sur terroirs volcaniques, grâce à une approche scientifique et géologique. La seconde étape touchait la dégustation et a commencé à montrer des caractéristiques organoleptiques aux vins issus de terroirs volcaniques, avec une souplesse marquée, une certaine salinité et des notes fumées. La troisième étude de caractérisation est en cours.

Lieux-dits et climats pour modèle
En prenant pour modèle les lieux-dits des crus du Beaujolais et les climats bourguignons, l’association Vinora lance avec le syndicat des Côtes d’Auvergne une cartographie sur plus de 350 hectares, qui s’étendra au-delà de son territoire des Côtes d’Auvergne et des Côtes du Forez. Elle portera ainsi sur des parcelles de Côte de Brouilly, d’Alsace grand cru Rangen de Thann, de Languedoc Pézenas et d’IGP Ardèche. En France, on estime que les terroirs d’origine volcanique représentent 1 à 2 % de la production. Dans le monde, ce serait 2 %.

Rayonnement international
« Nous tenons vraiment à défendre l’utilisation du mot volcanique qui commence à être usurpé, à cause de l’engouement pour ces vins » explique Jean-Baptiste Deroche, président de Vinora. L’association Vinora a déposé la dénomination « Volcanic Origin » auprès de l’INPI, Institut national de la propriété intellectuelle, car l’ambition est de promouvoir non seulement les terroirs français, mais aussi ceux du reste du monde. Les termes « Volcanic Origin » sont compréhensibles en anglais comme en français, mais ils seront de toutes façons bientôt déposés sous la forme francophone « Origine Volcanique ». Le label sera une garantie pour les acheteurs et consommateurs, ainsi qu’un outil de reconnaissance validé scientifiquement pour les vignerons.

Un cahier des charges précis
Le cahier des charges, en cours de finalisation, précise que les raisins doivent provenir de vignobles reconnus volcaniques (projections du volcan, coulée, colluvions issus de l’érosion) et de roches volcaniques (basalte, trachybasalte, andésite, trachyandésite, trachyte, rhyolite, dacite) ou volcano-sédimentaires (scories, « pouzzolane », pépérite, pierre ponce), voire volcano-sédimentaires de proximité (boues volcaniques ou lahard, colluvions de pente à faible remaniement). La certification devrait être confiée à l’organismes certificateur Bureau Veritas. « Les premiers vins labellisés seront sans doute auvergnats, car l’étude que nous avons lancée avec l’Institut français de la vigne et du vin et Vinora permettra d’affiner le cahier des charges du label. De nombreuses communes nous ont fait part de leur volonté de participer (…). À terme, le vignoble des Côtes d’Auvergne pourrait doubler (700 hectares contre 350 aujourd’hui) et favoriser la création de 35 nouvelles exploitations et d’une centaine d’emplois environ » déclare Gilles Vidal, président du syndicat des Côtes d’Auvergne.

Cet article Les 1ers vins labellisés « Volcanic Origin » en 2024 est apparu en premier sur Terre de Vins.

Grande Dégustation Pays d’Oc IGP, des rouges d’exception

Plus que quelques jours avant la présentation de la Collection Pays d’Oc IGP qui se tiendra au domaine de Manse à Lattes. Pour rappel, c’est le grand événement de l’année, co-organisé par le syndicat Pays d’Oc et Terre de Vins, qui révèlera une collection de vins de cépages du Pays d’Oc. Revenons sur ce territoire propices à l’élaboration de grands vins rouges.

Le Pays d’Oc est un terrain de jeu idéal pour les producteurs de vins. Né en 1987 avec la création des vins du Pays d’Oc, cette IGP prend sa succession en 2009 pour dépendre désormais de l’INAO, une marque de reconnaissance de la qualité des vins. Aujourd’hui, près de 20 000 producteurs (vignerons, caves coopératives et négociants) sont installés aux quatre coins de son territoire.

Avec plus de 120 000 hectares, l’IGP est une terre de vins de cépages où 58 sont autorisés à la production, de quoi laisser s’exprimer les vigneronnes et vignerons de la plus grande IGP du sud de la France. Une ouverture d’esprit récompensée lors de la Grande Dégustation de la Collection Pays d’Oc.

Sur les 3 zones d’influences (plaines, coteaux, altitude), réparties du Gard à la Côte Vermeille, ce sont les vins rouges qui dominent la production des vins avec plus de 45 % des bouteilles élaborées. Merlot, cabernet-sauvignon et syrah y sont les cépages les plus cultivés.

Loin derrière ces mastodontes dont certains sont les plus cultivés au monde, le syndicat autorise également d’autres variétés insolites pour la région, nous pensons au petit verdot, à la négrette, au portan et au gamay. Pas étonnant que l’IGP soit leader à l’export en France, 25 bouteilles se vendent dans le monde à chaque seconde !

8 rouges entrent dans la Collection 2023
La première session de la sélection Collection s’est déroulée les 12 et 13 avril dernier au siège de l’IGP Pays d’Oc. Elle a réuni 19 dégustateurs experts dont Charles Fontès (Directeur de la Réserve Rimbaud à Montpellier) ou l’oenologue Sylviane Lepâtre. Sur les 59 échantillons de l’année, le jury a retenu 8 vins rouges.

Cuvées à ne pas rater le 6 juillet à la Grande Dégustation :
Vieux carignan” 2022 – Cellier des Demoiselles.
Un joli vin, frais et gourmand, issu de vieilles vignes de carignan. En plein cœur de l’Aude et sur un sol argilo-calcaire, ce vin est le reflet de sa région. Après une récolte à la main, les vieux carignans reçoivent une macération carbonique typique dans le secteur. Nez de fruits rouges et de garrigues, bouche fine et élégante pour ce vin sélectionné dans la Collection.

Entre nous selon Valensac” 2021 – Domaine de Valensac
Loin de ses terres médocaines, le petit verdot se plaît dans le Pays d’Oc. Âgées de presque une trentaine d’années, les vignes offrent un vin aux tanins poudrés, très agréables en bouche. 2021 fût un millésime difficile, une année particulière qui a contraint le domaine à assembler des raisins de maturité très hétérogène mais qui n’a pas perturbé le domaine. Résultat parfait, entre équilibre et fraîcheur pour cette cuvée sélectionnée dans la Collection.

Cet article Grande Dégustation Pays d’Oc IGP, des rouges d’exception est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les Vins de Bourgogne ont un nouveau directeur

L’expérimenté Sylvain Naulin dirigera le BIVB à partir du 17 juillet. Il succède à Christian Vannier.

De la Loire à la Bourgogne. Sylvain Naulin, jusqu’ici directeur général d’InterLoire (interprofession des vins du Val de Loire), va prendre la tête du BIVB (Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne). Cet ingénieur agronome, au parcours très tourné vers l’économie et le juridique [lire plus bas], prendra ses fonctions le 17 juillet. C’est lors de l’assemblée générale du BIVB, ce mardi 27 juin à Beaune, que la nouvelle a été officialisée. « Je n’ai jamais caché mon intérêt pour la Bourgogne », a souligné celui qui a déjà travaillé à Mâcon pour les services de l’État. « J’aime cette région à titre personnel, et à titre professionnel les défis sont nombreux. Aujourd’hui la Bourgogne va bien, a du succès. Et l’idée est de poursuivre sur cette voie. Ce qui implique, sur le plan économique, de gérer les variations de prix dans un contexte de récoltes aux quantités de plus en plus irrégulières, et sur le plan technique de poursuivre le travaux sur la durabilité du vignoble. » Parmi les dossiers qui l’attendent, trônent au sommet celui des vendanges 2023, ainsi que la mise en œuvre du plan Objectif Climat, visant à réduire les émissions de CO2 de la filière.

Un changement attendu : Christian Vannier, actuel tenant du poste, fait valoir ses droits à la retraite. Le passage de relais a été l’occasion pour la profession de remercier chaleureusement son directeur sortant. « Sans lui de nombreux projets d’ampleur n’auraient pas vu le jour », a déclaré François Labet, président du BIVB, évoquant la Cité des Climats et vins de Bourgogne ou encore Qanopee. Emu par les longs applaudissement à son endroit, Christian Vannier a une dernière fois pris la parole devant les professionnels, félicitant le « sens du collectif  bourguignon », ainsi que « cet idéal du vigneron de Bourgogne d’avoir son vin de parcelle à lui, à rebours de l’idée marketing du vin qui plaît à tout le monde ».

Sylvain Naulin : un CV de Bordeaux à la Bourgogne
1996  diplôme d’ingénieur agro à Bordeaux
1996-2002  professeur d’économie au lycée viticole de Belleville-sur-Saône (69)
2002-2005 responsable de cellule à la direction départementale de l’agriculture (désormais direction départementale des territoires) à Mâcon.
2005-2009 Chargé de mission « Relations internationales vin » au ministère de l’agriculture
2009-2016 Secrétaire général adjoint au comité européen des entreprises vin (CEEV), à Bruxelles
2016-2023 Directeur général d’InterLoire
2023-…  Directeur général du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, en 2023.

Cet article Les Vins de Bourgogne ont un nouveau directeur est apparu en premier sur Terre de Vins.

Sylvain Naulin devient le nouveau Directeur Général des Vins de Bourgogne

Officiellement présenté à l’occasion de l’Assemblée Générale du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB), le 27 juin, Sylvain Naulin prendra ses fonctions de Directeur Général le 17 juillet.

Il succède à Christian Vanier, arrivé en 2017, qui fait valoir ses droits à la retraite. En prenant ses fonctions, il compte prolonger les nombreuses actions de l’Interprofession pour défendre et promouvoir les vins de Bourgogne. (source communiqué)

Interview à retrouver prochainement

Cet article Sylvain Naulin devient le nouveau Directeur Général des Vins de Bourgogne est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les Crus du Beaujolais, plus désirables que jamais

Ce lundi 26 juin, l’Union des Crus du Beaujolais organisait avec Terre de Vins une grande dégustation à Paris. 100 cuvées étaient proposées aux professionnels, l’occasion de redécouvrir toute la dynamique qui porte la région depuis quelques années. Géologie unique, approche parcellaire, avenir des blancs, les sujets ne manquent pas.

En préambule de cette très belle journée qui s’est tenue au restaurant parisien Les Belles Plantes, Sylvie Tonnaire, rédacteur en chef de Terre de vins a rappelé lors d’un discours inaugural « tout le travail réalisé par les Crus du Beaujolais depuis une dizaine d’années notamment sur les lieux-dits. Une démarche collective, à l’instar de l’événement coorganisé ce jour avec Terre de vins, qui a permis d’aider à la montée en gamme des vins ». Un sentiment partagé par Jean-Marc Lafont, Président de l’ODG des Crus. « Nous avons connu quelques difficultés il y a 15 ou 20 ans dans la région mais cela fait plusieurs années que nous œuvrons tous ensemble à reconquérir notre clientèle. Cela passe notamment par faire connaître davantage le travail de précision que nous avons engagé par rapport à l’incroyable diversité de notre géologie. La cartographie complète que nous avons réalisée nous a permis d’identifier finement toute la mosaïque de sols et sous-sols présents (on en compte près de 300 différents !). Une aubaine pour notre cépage gamay qui est particulièrement sensible au sol sur lequel il pousse. Avec in fine une diversité exceptionnelle de styles de vins ». Les 10 Crus du Beaujolais sont donc en pleine renaissance, portés également par l’arrivée de nombreux jeunes qui trouvent ici du foncier encore abordable. Les vins produits répondent en outre parfaitement aux demandes des consommateurs pour des rouges friands, frais, dotés d’un beau fruité même lorsqu’ils présentent davantage de structure. « Nous devons nous battre pour conserver notre leadership sur ce type de vin » ajoute Jean-Marc Lafont. Sans oublier d’évoquer les vins blancs de la région qui « continuent de progresser, représentant 2% à 3% de la production ». D’excellents chardonnays plantés sur des sols argilo-calcaires et aujourd’hui vendus comme Beaujolais ou Beaujolais nouveaux. Mais Jean-Marc souhaite aller plus loin et mener « une étude d’opportunité pour voir s’il serait possible demain que les Crus produisent également du blanc. Il y a des pistes intéressantes à approfondir, notamment du côté de Brouilly et de Saint-Amour ».

Une géologie unique
La force des Crus du Beaujolais provient de cette géologie extraordinaire qui était encore méconnue il y a peu. Une masterclass animée par Tanguy Leblanc, géologue indépendant travaillant avec le Geopark Beaujolais, a permis aux participants de mieux appréhender toute cette diversité. Le Beaujolais se situe à l’emplacement d’anciennes montagnes. Ce sont elles qui ont contribué à rapprocher des sols historiquement très éloignés et à constituer cet ensemble unique de roches. Celles-ci ont aussi bénéficié d’un climat tempéré qui a permis des types d’érosions multiples favorisant là aussi une plus grande diversité de sols. Grâce à près de 1500 fosses réalisées, la cartographie des sols établie permet de mettre en œuvre une véritable approche parcellaire. « Il s’agit d’un changement de paradigme dans la région où l’on assemblait traditionnellement les différents lieux-dits » poursuit Tanguy. Un terrain de jeu tout à fait nouveau qui permet de présenter aux amateurs une offre nouvelle et particulièrement enthousiasmante.


Des cuvées identitaires
Parmi les 100 cuvées qui étaient servies en dégustation au cours de cet événement, nombre d’entre elles provenaient des millésimes 2020 à 2022. Mais tous les Crus présentaient également des millésimes plus anciens afin de témoigner du potentiel de garde des vins. Le Cru Chiroubles, relativement homogène en matière géologique avec essentiellement du granite rose, offrait la possibilité de découvrir sa typicité, à savoir une grande variation d’altitude allant de 270 m à 600 m. Avec évidemment à la clé, des vins aux personnalités variées. Parmi eux, le très beau Chiroubles « Javernand » 2021 de Julien Chantreau, friand et fruité, doté d’une acidité sous-jacente rafraîchissante. Le Chiroubles 2020 d’Anthony Charvet n’était pas en reste. Vinifié sans soufre, il présentait un fruité particulièrement éclatant et précis. Un vin très juteux, hautement séduisant, à l’image également du Chiroubles 2021 du Domaine Passot.

Du côté de Chénas, plus petit des Crus en termes de surface (224 Ha), la séduction était aussi de mise avec des vins séveux, comme le Chénas 2019 de Julien Aucagne. Une très belle mâche, des épices et une finale finement poivrée. Autre jeune et autre réussite, le Chénas « En Mélardière » 2022 de Gaëtan Duc, tout juste 24 ans et nouvellement installé. Un premier millésime avec une densité maîtrisée qui laisse augurer de bien belles choses pour l’avenir.


Et c’est du côté de Saint-Amour que se trouve certainement le plus jeune vigneron du coin. Pierre Van Oost, 22 ans, la tête bien faite, s’est installé dès l’âge de 20 ans. Son « Clos de la Brosse » 2021 issu de parcelles voisines de Juliénas dont on retrouve les pierres bleues si caractéristiques, est déjà impressionnant d’équilibre. Un nom à suivre… Côté Juliénas justement, les vins impressionnent toujours par leur chair intense mais leur suavité et leur fraîcheur toutes septentrionales. Une cuvée très réussie parmi tant d’autres ? Le Juliénas « Vayolette » 2020 du Domaine de Boischampt. Thibaud Baudin a donné naissance à un vin au nez d’une belle complexité et doté d’un toucher de bouche superbe. Des tanins finement poudrés, une profondeur de milieu de bouche et une acidité franche encadrant l’ensemble font de cette cuvée de garde une très belle bouteille à regoûter dans 6/7 ans.

Photos ©A. Viller

Cet article Les Crus du Beaujolais, plus désirables que jamais est apparu en premier sur Terre de Vins.

Bordeaux fête le vin, un joli millésime

L’événement œnotouristique mettant à l’honneur les vins et la gastronomie de Bordeaux et de Nouvelle-Aquitaine a fermé ses portes sur une note enthousiaste, avec une fréquentation à la hausse. Des avant-premières du 15 au 18 juin, aux festivités sur les quais du 22 au 25 juin, retour en chiffres et en temps forts sur ce succès populaire.

Durant quatre jours, les quais bordelais, d’ordinaire déjà très animés, l’étaient encore plus qu’à l’accoutumée. Et pour cause, en habits de fête, ils accueillaient – comme ce sera désormais le cas tous les ans -, le festival Bordeaux fête le vin. A cette occasion, quelque 1200 vignerons et négociants représentant 80 appellations locales étaient au rendez-vous pour échanger et faire déguster leurs nectars à tous les visiteurs munis du fameux pass dégustation. Mais loin de se cantonner aux berges de la Garonne, l’événement a fait vibrer l’entière métropole durant la deuxième quinzaine de juin.

Des Avant-Premières plébiscitées
Dès le 15 juin, viticulteurs et négociants ont investi 55 restaurants, bars à vin, épiceries fines, et 71 caves de la Métropole mises aux couleurs de Bordeaux Fête le Vin. Ravis d’échanger avec les curieux, ils ont aussi orchestré des animations ludiques. La musique était également de la partie, avec sept soirées conviviales en plein air du 15 au 18 juin, mêlant musique et dégustation, accueillies dans des espaces culturels et naturels de la métropole (Parc de Camponac, Prieuré de Cayac…). Pour la plupart engagés et certifiés dans une agriculture biologique, les viticulteurs ont ont pu partager leurs convictions avec les participants, au nombre de 150 à 400 par lieu.

Les quais, toujours incontournables
Centre névralgique de l’événement depuis la première édition en 1998, les quais avaient revêtu leurs nouveaux habits festifs, imaginés sur-mesure l’an dernier. Entre des pavillons habillés de bois, des lampions et fanions, des espaces de détente avec transats, ou encore des comptoirs accueillants pour s’attabler en admirant le fleuve, tout a été conçu pour favoriser jours la convivialité, l’échange, l’apprentissage et la détente. Une recette qui s’est avérée payante, avec 40 000 pass dégustation vendus entre le jeudi et le dimanche (soit 2000 de plus qu’en 2022), et +9% de dégustations servies sur les huit pavillons vins par rapport à 2022 (326 000 au total).

©Vincent Bengold 

Halte immanquable, le spectaculaire stand en bois de l’Ecole du Vin de Bordeaux près de la place des Quinconces, qui proposait comme à son habitude des ateliers innovants et décomplexés pour tous les niveaux et tous les goûts, a aussi fait un carton avec 15 000 participants (+7% par rapport à 2022).

Pour compléter l’expérience, vingt pavillons restauration, animés par des producteurs et artisans locaux, ont dévoilé les spécialités de la région, grâce à l’AANA (Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine).

Des animations plein les yeux
Avec en fil rouge la thématique du vin, les animations étaient légion, de jour comme de nuit. On retiendra une nouveauté spectaculaire, mettant la technologie au service du spectacle : un ballet lumineux de 500 drones, qui a illuminé le ciel vendredi et samedi, et provoqué les cris d’admiration de la foule massée sur les quais. Imaginé par les organisateurs et orchestré par la société bordelaise Dronisos, il a rendu dignement hommage aux vins de Bordeaux, à la biodiversité et la convivialité.

Outre ce show somptueux, les festivaliers ont pu profiter durant toute la tenue de l’événement d’animations musicales mettant à l’honneur des talents locaux, culturelles (notamment avec de majestueux navires à quai pour l’occasion, des expositions), ludiques et participatives.

Pour ceux qui souhaitaient prolonger leur découverte du vignoble après cette alléchante mise en bouche, Gironde Tourisme avait réuni sur son pavillon des acteurs de l’œnotourisme girondin, ravis de présenter leurs vignobles et les possibles expériences à vivre en leur sein. Sans oublier les Comptoirs de l’œnotourisme néo-aquitain qui mettaient en lumière les vignobles de Saintes, Jonzac, Cognac, du Béarn et du Pays Basque.

Sans cesse plus responsable
Novatrice, la Fête du Vin est aussi conçue avec un prisme responsable sans cesse accentué à chaque édition, tant sur le sujet de la préservation de l’environnement que de l’humain et de l’accessibilité. Chacun des éléments de la Fête a été pensé en accord avec une organisation éco-responsable et humaine, conforme à la labellisation ISO20121 de l’événement. Sur le site, une pluralité d’actions a été mise en place pour minimiser l’empreinte de l’événement (scénographie à base de matériaux bruts et réutilisables, recyclage et compostage des déchets et associations de sensibilisation présentes sur la Fête, zéro plastique vendu, fontaines à eau …), et nombre de démarches solidaires ont été entreprises. Avec l’ambition de progresser pour les prochaines éditions, la qualité de l’accueil fera l’objet d’une étude et un bilan carbone va être mené afin de mesurer l’impact environnemental.

Cet article Bordeaux fête le vin, un joli millésime est apparu en premier sur Terre de Vins.

Château Carbonnieux se redessine

Grand Cru Classé de Grave, le château Carbonnieux vient de redessiner ses étiquettes pour leur donner un style plus élégant et gagner en cohérence dans sa gamme de vins. La fameuse coquille Saint Jacques, emblématique du grand vin blanc notamment, a été retouchée et apparaîtra cette fois-ci sur tous les vins du château, y compris sur le premier vin rouge qui jusqu’à présent ne la faisait pas apparaître. 

L’histoire aura marqué ce château. Il faut rappeler que les premiers vins de Bordeaux sont nés au sud de la ville et que le château Carbonnieux a été un des tous premiers domaines viticoles, dès le 13ème siècle. À ce moment-là, les moines Bénédictins de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux l’exploitaient, pour perdre transitoirement cette propriété pendant un peu plus de 200 ans au profit d’une puissante famille bourgeoise de Bordeaux. Mais le 18ème siècle vit revenir ces mêmes moines à sa tête, jusqu’en 1791, année où ils furent dessaisis de leur bien.   

Cette dernière période fut mise à profit. En 1740, Dom Galéas moine cellérier du domaine, bouleverse le monde du vin et conçoit les premières mises en bouteille des vins de Carbonnieux. Visionnaire et doué d’un certain sens du commerce, il étiquette les bouteilles de vins blancs sous le nom « d’Eau minérale de Carbonnieux» pour les envoyer au Sultan de Constantinople. L’étiquette ne faisait sans doute pas apparaître la coquille Saint Jacques.

Une identité renforcée.
Aujourd’hui, le Château Carbonnieux honore le lien jadis établi avec les moines de l’Abbaye Sainte-Croix de Bordeaux et renforce l’image de son grand vin rouge en le parant du même code identitaire qui a fait le succès de l’étiquette du grand vin blanc, sous le sceau de la coquille dorée. Une coquille retravaillée, rehaussée de quelques fulgurances d’or, tout en délicatesse, plus habilement suggérées qu’affichées.

Cette harmonisation des étiquettes des grands vins a donné l’occasion de revisiter, avec l’aide du studio Exceptio, celles des deux autres vins du château : La Croix de Carbonnieux et Château Tour Léognan. Toutes font désormais apparaître cette coquille Saint Jacques tant reconnue par les amateurs : plus qu’un signe, c’est désormais une signature qui renforce la marque Carbonnieux. L’étiquette de La Croix de Carbonnieux (le deuxième vin) semble s’inspirer des fresques du 13ème qui ont été découvertes récemment dans la chapelle du château. Quant à l’étiquette du Château Tour Léognan (une propriété qui a intégré le domaine en 1956), elle se veut d’un style plus contemporain et épuré, à l’image de son vin qu’on a voulu moderne et séducteur dès ses premières années.

Ce beau travail est une mise en cohérence qui renforce l’identité du château et l’appartenance à une marque forte.

Cet article Château Carbonnieux se redessine est apparu en premier sur Terre de Vins.

Jérôme Legras du champagne Legras & Haas devient copropriétaire d’Alte Grafschaft

Jadis, c’était les Allemands qui venaient s’installer en Champagne pour créer leur maison de vin (G.H. Mumm, Krug…). En devenant coactionnaire à parts égales avec Norbert Spielmann de l’Alte Grafschaft, Jérôme Legras du champagne Legras & Haas inverse la dynamique ! Il est vrai que sa mère Brigitte Haas née de l’autre côté du Rhin lui a transmis depuis longtemps l’amour des vins de son pays.

Weingut Alte Grafschaft (11 hectares) regroupe trois principaux terroirs et se situe à cheval sur deux Landers, le Satzenberg se trouvant dans le Bade-Wurtemberg, tandis que Kaffelstein (à Kreuzwertheim) et Ebenrain (à Lindelbach), sont localisés en Bavière. Ces vignobles étaient cependant réunis dans le Comté de Wertheim avant la partition par Napoléon en 1803. Le plus mythique est le Satzenberg, un cru dont la maison a le monopole. C’est ici que l’on trouve l’une des plus vieilles vignes d’Allemagne. Les coteaux ont été plantés au IXe siècle et ont été à partir du XIIème siècle la propriété du monastère de Bronnbach. Elles ont été ensuite vendues au XIXème siècle aux Princes de Löwenstein qui les ont conservées pendant plus de deux siècles, avant de les céder il y a dix ans au nouvel associé de Jérôme, Norbert Spielmann. « En 1100 ans, ces vignes n’auront connu que trois gardiens ! » fait remarquer Jérôme. Sur ces magnifiques terrasses longitudinales, on trouve deux tiers de pinot blanc et un tiers de riesling. « Les rangs proches du mur sont des rieslings pour profiter de la chaleur et obtenir de belles maturités, les pinots blancs où on souhaite au contraire préserver la fraîcheur, sont regroupés sur l’extérieur. Le lieu est si abrupt qu’aucune mécanisation n’est envisageable ce qui rend la viticulture presqu’héroïque » Sur le terroir du Kaffelstein, la maison cultive en plus du riesling, du pinot noir, auquel le grès rose confère une tonalité particulière. Alte Grafschaft possède enfin une troisième parcelle constituée d’un sous-sol crayeux, « Ebenrain », cette fois plantée uniquement en pinots noirs. Tous ces vins sont vinifiés dans une ancienne cave creusée en 1594 par Peter Herrschaft, Maire de Wertheim. Celle-ci a été agrandie en 1630 pour les besoins du Roi de Suède afin d’entreposer le vin de ses soldats au moment de sa tentative d’invasion de la Bavière. Il a d’ailleurs visité la cave personnellement en 1631.

Les vins sont assez spectaculaires. Ils ne sont ni typés Alsace, ni typés Allemagne.  « On caricature parfois la viticulture allemande en soulignant l’insuffisance des maturités ou au contraire l’importance des sucres résiduels. Par ailleurs, si les vins blancs allemands sont très répandus, les vins rouges sont souvent aux abonnés absents. Notre maison se démarque de ces clichés. Elle ne fait que des vins secs, nous recherchons de belles maturités et presque la moitié de nos vins sont des rouges. Toutes nos cuvées sont vinifiées sous bois, sauf le Riesling, travaillé en cuve inox. Chaque cuvée a au moins deux ans d’élevage ce qui donne beaucoup de richesse et de présence en bouche. Julius Spielmann, le fils de Norbert, qui pilote les vinifications depuis 2020, est passionné par la préservation de la biodiversité et la biodynamie. Il rejoindra le domaine officiellement cet été et nous lui donnerons tout le soutien nécessaire à la réalisation de sa vision. »

Terre de vins a pu réaliser une dégustation d’une partie de la gamme qui compte quelques pépites. Le riesling du Satzenberg 2019 présente ainsi une belle minéralité un peu pétrolée, typique du cépage, mais aussi beaucoup de gourmandise avec des notes de pêche, de citron et d’oseille. Force est de constater que la richesse naturelle du vin rend effectivement inutile tout passage sous bois. La version 2020 est également très intéressante, le côté variétal du riesling est moins présent tandis que le vin prend des arômes étincelants de fruits exotiques (ananas…). 

Le pinot blanc du Satzenberg est la cuvée la plus atypique. « C’est l’un des deux vins qui m’a convaincu de venir investir en Allemagne. Le pinot blanc est depuis longtemps mon cépage préféré. Il est généralement méconsidéré en France et trop rarement vinifié en vin de garde, sauf sur la Côte des Bar où les vignerons le subliment d’une manière extraordinaire. » Cette cuvée millésimée 2020 est épurée, presque minimaliste. Deux ou trois notes suffisent à constituer l’harmonie, mais celle-ci résonne parfaitement. Le vin est marqué par des arômes de physalis auxquels s’ajoutent une petite touche fumée. Côté rouges, le pinot noir du Kaffelstein 2019 (45€) est flatteur. La robe couleur rubis offre beaucoup de brillance et de clarté.  Le nez s’ouvre sur des arômes exubérants de cassis et de feuille de cassis. La bouche élégante profite d’une pointe d’épice douce qui vient arrondir l’ensemble. Le pinot noir d’Ebenrain est très différent, plus tannique, avec des arômes de cerise noire cuite. Il est moins immédiat mais possède davantage de potentiel de vieillissement (80€).

Cet article Jérôme Legras du champagne Legras & Haas devient copropriétaire d’Alte Grafschaft est apparu en premier sur Terre de Vins.