Distillerie des Moisans : Grand les bras

Ce week-end du 9, 10 et 11 juin, la distillerie des Moisans participe à l’opération portes ouvertes. L’occasion de découvrir l’univers spirituel des spiritueux et de s’amuser aussi.

Du côté de Sireuil, plus précisément impasse des Chais, le week-end qui arrive risque d’être animé. La distillerie des Moisans ouvre grand les bras pour des visites, des dégustations d’eau-de-vie et, le samedi, un foodtruck sera de la partie. La création de cette distillerie revient au fondateur Roland Bru avec l’acquisition de quelques vignes dans les années 1960. Sans doute fut-il inspiré par son beau-père, Georges Guimard, représentant de grandes maisons de cognac. Dans tous les cas, les générations se sont succédé du côté des Moisans et l’affaire est devenue incontournable sur la Place. Véronique Legaret, Roland, secondés par Olivier Petit, président aujourd’hui aux destinées de la distillerie qui élabore bien sûr des cognacs (Deau, Roland Bru, Moisans) et des pineaux des Charentes mais aussi des gins, rhums, whiskies, du pastis, de l’absinthe, etc. 

Se rendre à Sireuil ce week-end est l’occasion de se plonger dans la spirit valley, une région qui distille le futur cognac de la vendange à fin mars. Le reste du temps, les chaudières étaient au repos : ce n’est plus le cas…

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Trophées Cognac vignoble engagé : le jury a délibéré !

Il a apprécié la diversité et la qualité des candidatures. Toutes témoignent d’un élan vers des pratiques plus respectueuses des hommes et de la nature

Il y avait 70 candidatures et 50 finalistes. Il y aura 16 lauréats dans quatre catégories et 2 prix spéciaux, dont les 18 noms seront dévoilés le jeudi 29 juin 2023 à Jonzac (Charente-Maritime), au Centre des congrès de la Haute-Saintonge. Le palmarès des premiers Trophées Cognac vignoble engagé est établi.

En attendant les résultats, il est possible de consulter la liste des 50 finalistes en suivant ce lien.

Le jury composé par « Terre de Vins » et le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a délibéré. Il s’est réuni fin mai, dans le huis clos de la Maison Welcome, un charmant gîte rural doublé d’un bel espace de séminaire à Réaux-sur-Trèfle.

Certains choix crève-coeur
Que dire des échanges sans dévoiler les secrets des délibérations ? D’abord que l’examen des argumentaires fut studieux et bienveillant. Ponctué de 18 votes, il a duré une bonne matinée. Ajoutons que le jury a apprécié la diversité et la qualité des candidatures. Toutes témoignent d’un élan vers des pratiques plus respectueuses des hommes et de la nature.

Certains choix relevèrent du crève-cœur, notamment dans la catégorie « biodiversité », où trop de viticulteurs, distillateurs et négociants avaient postulé, négligeant un peu les catégories « empreinte et « vivre ensemble ». Il faudra y remédier lors de la prochaine édition.

Le jeudi 29 juin, à 18 heures, vous pourrez suivre la cérémonie en direct, lors d’un Live Facebook accessible en suivant ce lien.

Fin mai à Réaux-sur-Trèfle, le jury était composé de :

Michel Amblard, vice-président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime ;

Adrien Bacle, chargé de clientèle viticole au Crédit Agricole Charente-Périgord ;

Christophe Bayle, président du Conseil de développement de l’Ouest-Charente ;

Virginie Beauvallet, directrice de la communication et de l’attractivité de l’Agglomération de Grand Cognac ;

Gilles Brianceau, directeur d’Innovin, cluster de la filière vitivinicole en Nouvelle-Aquitaine ;

Claire Caillaud, directrice de la communication du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) ;

Mathieu Doumange, grand reporter à « Terre de Vins » ;

Sylvain Geneau, Crédit Agricole Deux-Sèvres Charente-Maritime ;

Vincent Lang, directeur du pôle technique et développement durable du BNIC ;

Jacky Quesson, vice-président de la communauté de communes de Haute-Saintonge ;

Zoé Saffra, Grand Cognac ;

Olivier Sarazin, journaliste à « Sud Ouest », reporter détaché en Charente ;

Anne-Marie Vaudon, vice-présidente de la Chambre d’agriculture de Charente.

Les Trophées Cognac vignoble engagé est un événement organisé par Terre de vins, en partenariat le BNIC et les journaux Sud Ouest et Charente Libre.

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Julien Brocard, chantre de la culture régénérative à Chablis

Fils de Jean-Marc, il a su se faire un prénom en militant pour des pratiques bio et biodynamiques et adopte progressivement une viticulture régénérative dans ses vignes.

L’aventure familiale est née entre Saint-Bris-le-Vineux côté maternel et Chablis côté paternel, là où il y avait le plus de potentiel dans les années 70 comme le rappelle Julien, le fils de Jean-Marc Brocard, l’un des principaux vignerons chablisiens. Il a rejoint le vignoble après une formation d’ingénieur dans l’industrie, d’abord pour aider aux vendanges en 1997 et il n’est plus reparti. « J’aimais travailler dehors et rester ici a été une évidence ». Il a démarré avec une dizaine d’hectares de son grand-père à Saint-Bris; il va, en 20 ans, en planter une centaine. Il est désormais à la tête de 200 hectares en Chablis, Petit Chablis et 25 hectares de premiers et grands crus, mais il a surtout créé sa propre gamme de vins en biodynamie sur son vignoble de Préhy.

©F. Hermine

Lutter contre la culture du « cid »
Julien, aujourd’hui la cinquantaine, s’est d’emblée penché sur la viticulture bio puis en biodynamie. « Le plus difficile a été de faire comprendre la démarche à la génération précédente. Mon père était contre et parlait de secte avec ses copains; il a mis dix ans à l’accepter avant de s’en approprier le mérite quand les vins ont commencé à bien se vendre. On vient de la culture du « cid », herbicides, pesticides, fongicides… qui s’occupe d’abord des symptômes plus que des causes alors que le remède est rarement loin du problème. La biodynamie n’est pas seulement une question de préparations ; elle apporte surtout une conscience et aide à comprendre les sols, les parcelles, les vents, le vivant. Aujourd’hui, je trouve que mes vins ont plus de finesse, de pureté et d’harmonie même si il faut beaucoup lutter contre les attaques de mildiou ».

Le retour des arbres
Une soixantaine d’hectares ont été convertis en bio à partir du début du siècle; aujourd’hui 120 hectares sur six domaines (sur les 13 de la maison).

Le vignoble est en phase de renouvellement. Julien Brocard en redessine les parcelles pour éviter les grandes masses de monoculture et recréé un écosystème vivant. Il s’attache à replanter des lignes d’arbres et des haies y compris en milieu de parcelles pour redévelopper la mycorhization et récupérer de l’humidité dans les sols. Des trognes d’arbres sont également laissées en bordure de parcelles.

« Le bio est déjà un gros défi dans une région où il pleut beaucoup. Mais la plus grande difficulté est de lutter contre les sécheresses estivales qui s’allongent avec des effets accrus quand il pleut sur des sols trop secs sans arbres ». Pour lutter contre le tassement des sols, il a acheté des tracteurs plus légers et replanter entre les ceps des couverts végétaux. « La difficulté réside surtout dans le recrutement de la main d’oeuvre, en particulier des tractoristes » avoue-t-il.

Une gamme éponyme
Julien s’est désormais fait un prénom. La gamme Les sept lieux en biodynamie, coiffée d’une capsule de cire corail sous son nom, compte actuellement sept références, du Petit Chablis au grand cru Les Preuses en passant par les premiers crus Côte de Lechet, Vau de Vey et Montée de Tonnerre, uniquement en parcellaires sur ce terroir de kimmeridgien. La première cuvée issue de La Vigne de la Boissonneuse sera officiellement certifiée Demeter pour le millésime 2022 (29 €). La dernière baptisée La 7ème est un chablis nature (30 €). « Mon objectif est de tout passer en biodynamie d’ici cinq-sept ans à condition d’arriver à le financer avec quelques récoltes à volumes. Pour ça, il faut avoir les reins solides en trésorerie et adopter un rythme plus lent en vignes. »

©F. Hermine

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Des dégâts dus à la grêle restent limités à Cahors

Si les orages menacent presque tous les soirs ces dernières semaines, ils ne sont pas toujours accompagnés de grêle. Une partie du vignoble a été toutefois sérieusement touchée mercredi 31 mai.

Depuis bientôt deux semaines, pas une journée ne se passe sans que le ciel ne vienne à s’obscurcir dans le Lot, où est installé le vignoble de Cahors. « Tous les soirs, on a peur de prendre un orage de grêle », confie Pascal Verhaeghe, président de l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors (UIVC). Ce jeudi 8 juin, il redoute encore les orages annoncés pour ce week-end.

Jusqu’à présent, l’épisode de grêle le plus dévastateur remonte au mercredi 31 mai. La grêle est venue perforer les feuilles de vignes des domaines situés autour de la commune de Bélaye, un village au cœur de la vallée du Lot. Si seulement un peu moins de 100 hectares a été touché, ce qui représente peu au regard de la taille de l’appellation (3 700 hectares), « c’est une catastrophe » pour les vignerons et vigneronnes qui se trouvaient sous le nuage de grêle, tient à rappeler  Pascal Verhaeghe.

Une grêle plus destructrice qu’en 2022
Timothy Thielen et sa femme Julie Loygues du domaine de Bénéjou ont ainsi perdu cinq hectares et demi. « On avait un début de floraison, maintenant il n’y a plus rien », décrit le vigneron qui précise que sur Bélaye, les domaines ont perdu « 80% » de leur récolte. L’histoire semble se répéter pour ces exploitants déjà touchés par la grêle en 2022, à la fin du mois de juin. « L’année dernière, les grappes étaient déjà formées, nous étions après le stade petit grain. Mais c’était moins intense. Toutes les baies n’étaient pas tombées. Cette fois, il n’y a presque plus de feuilles. »

Heureusement pour Timothy Thielen, toutes ses vignes ne se trouvent dans dans la zone. Le domaine de Bénéjou peut encore compter sur 17 hectares encore intacts sur la commune de Vire-sur-Lot. Encore faut-il que les prochaines intempéries les épargnent. « Si les prévisions se confirment, le temps doit s’améliorer la semaine prochaine », glisse Pascal Verhaeghe, vigneron du Château du Cèdre.

« Paradoxalement, on est sur une année très belle »
Cela serait une bonne nouvelle, également au niveau de la lutte contre les maladies cryptogamiques. L’alternance de pluie et de soleil, associé à une importante humidité encourage le développement des champignons. « C’est tendu depuis une quinzaine de jours contre le mildiou et le black-rot », observe le vigneron du Château du Cèdre. « Mais c’est sous contrôle », assure de son côté Maurin Bérenger, du domaine La Bérangeraie, qui se montre plutôt confiant. « Paradoxalement, on est sur une année très belle. Nous n’en avons pas vu d’aussi belle depuis plusieurs années. Il y a de l’eau régulièrement. Il n’a pas eu gelé. La vigne a eu un développement végétatif rapide, cela pourrait amener un très bon millésime. »

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La protection du terme « Rhône » entérinée par la Cour d’appel de Paris

Il a fallu plusieurs années de procédure, pour que l’appellation Côtes du Rhône remporte son combat pour la protection de sa dénomination contre les usurpations. Dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, le terme Rhône, élément distinctif de l’appellation Côtes du Rhône, dispose d’une protection juridique indiscutable. Cette décision de justice vient rappeler que l’utilisation du terme « Rhône » est réglementée.

Le 26 mai dernier, la Cour d’appel de Paris a condamné la société de ventes de vins Newrhône Millésimes, pour le dépôt auprès de l’INPI de plusieurs marques incluant le terme «Rhône », terme distinctif de l’appellation Côtes du Rhône, ainsi que leur usage pour des vins bénéficiant de cette appellation.

Il faut rappeler que l’appellation Côtes du Rhône a été reconnue par décret le 19 novembre 1937. Seuls les vins rouges, rosés et blancs produits sur l’aire d’appellation et qui répondent aux critères du Cahier des charges de l’appellation peuvent en bénéficier.

L’affaire
En tant qu’Organisme de Défense et de Gestion de l’appellation, le syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône a mis en place un programme de lutte, sur le terrain juridique, contre les opérateurs économiques dont le comportement est susceptible de détourner ou d’exploiter la notoriété de l’AOP Côtes du Rhône. Suite à la détection de dépôts de marques reproduisant le terme « Rhône », terme distinctif de l’appellation, le service juridique du Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône et l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) se sont emparés de l’affaire.

Après l’échec des négociations amiables engagées, les deux organismes ont été contraints de porter en justice leurs demandes et ont assigné la société titulaire des marques devant le Tribunal judiciaire de Paris. Les juges de premières instances n’ayant pas appréhendé pleinement la spécificité de la réglementation en matière d’Indication Géographique, l’INAO et le Syndicat ont fait appel de la décision le 12 mai 2021.

Par décision du 26 mai 2023, la Cour d’Appel de Paris a fait droit aux arguments de l’INAO et du Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône.

Une condamnation décisive
La Cour suit entièrement l’argumentaire développé par l’INAO et le Syndicat en relevant que « Rhône » constitue l’élément dominant des AOP Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages, identifié comme se rapportant aux vins de l’appellation protégée.

La Cour rappelle que « l’usage de l’appellation d’origine protégée, sous une forme imitante ou évocatrice, est interdit, y compris pour un vin bénéficiant de ladite appellation ».

Surtout, elle juge que la dénomination enregistrée dans le Cahier des charges ne peut être utilisée qu’à l’identique, sans imitation ou évocation possible. Ainsi, il n’est pas possible d’échapper aux poursuites en ne reprenant qu’une partie de la dénomination de l’appellation : « un vin conforme à un Cahier des charges et bénéficiant d’une appellation d’origine ne peut faire usage de celle-ci que sous sa forme enregistrée, tout autre usage n’étant pas autorisé, qu’il s’agisse d’une imitation ou d’une évocation et que cette imitation ou évocation porte sur l’un ou l’ensemble des composants d’une appellation ».

La Cour d’appel rappelle également que l’argument de défense consistant à faire valoir l’utilisation par des tiers de la dénomination « Rhône » n’est pas pertinent :il est inopérant de se prévaloir de dépôts ou usages de tiers illégaux pour justifier sa propre illégalité.

Le Syndicat et l’INAO se réjouissent de cette décision historique qui consacre plusieurs années de travail pour protéger l’appellation. Elle vient récompenser les efforts des vignerons des Côtes du Rhône dans la valorisation de leur terroir auquel ils sont si attachés et de l’INAO dans sa mission de protection des Indications Géographiques.

Par ailleurs, le Tribunal judiciaire de Paris a condamné l’exploitant à payer au Syndicat et à l’INAO des dommages et intérêts substantiels*, ainsi qu’au remboursement partiel des frais d’avocats exposés par le Syndicat et l’INAO. Cette décision peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation.

Cette décision tempérera sûrement les ardeurs des opérateurs économiques à s’approprier le mot Rhône et remettra vraisemblablement en question des dénominations existantes …

*Condamne la société Newrhône Millésimes à payer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts et au Syndicat général des vignerons Réunis des Côtes du Rhône celle de 3 000 euros à titre de dommages et intérêts.

Condamne la société Newrhône Millésimes à payer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) et au Syndicat général des vignerons réunis des Côtes du Rhône la somme globale de 10 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

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Trophées de l’œnotourisme 2023 : croissance et durabilité

Lyon, capitale de la gastronomie, est devenue le temps d’une soirée la capitale de l’œnotourisme, en accueillant la cérémonie de la 5è édition des Trophées 2023 de l’Œnotourisme organisés par Terre de Vins, en partenariat avec Atout France.

Ouverture sur le thème de l’œnotourisme durable
La Région Auvergne Rhône-Alpes a souhaité accueillir cette cérémonie, l’œnotourisme étant à la croisée de deux politiques fortes de la collectivité : l’agriculture (et notamment la viticulture), soutenue par un plan quinquennal de 10 millions d’euros, et le tourisme).

Rodolphe Wartel, directeur de la rédaction de Terre de Vins ; Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région AURA délégué à l’agriculture et Ludovic Walbaum, président du Comité Vin AURA, ont ouvert la cérémonie, qui a démarré par une conférence sur le sujet de l’engagement environnemental et la durabilité dans l’offre oenotouristique.

Laure Ménetrier (directrice du musée du vin de Champagne et d’archéologie régionale), Jérôme Isnardi (CEO de Rue des Vignerons), Alexis Kermezian (directeur du développement de l’Agence Française de la Réalité Virtuelle), Martin Lhuillier (responsable œnotourisme d’Atout France) et Sébastien Michelas (vigneron au domaine Michelas Saint Jemms) ont chacun témoigné de la façon dont il intègre la durabilité dans leurs offres oenotouristiques.

D’une économie de l’empreinte carbone par la visite de domaine via des casques de réalité virtuelle, à la préservation de la biodiversité et la pédagogie sur le sujet, en passant par des balades dans les vignes en utilisant des modes doux : les solutions et les initiatives individuelles et collectives sont nombreuses pour répondre à cette nouvelle demande forte des consommateurs et des touristes, résidant dans l’envie de découvrir une histoire complète et pas seulement celle des cuvées, et des liens avec la nature environnante.

Les grandes tendances du secteur oenotouristique
En plus de cette nouvelle demande d’œnotourisme durable, devenu le 2è critère de recherche d’une offre après le critère régional, le secteur se caractérise par un dynamisme en hausse, dont le niveau revient, et même dépassera, les chiffres pré-covid.

La clientèle française et européenne n’a jamais vraiment quitté le secteur, et la clientèle internationale est totalement revenue, et ce tout au long de l’année, avec un pic d’activité de mai à octobre.
Les tendances s’articulent autour du cœur de l’œnotourisme, composé de visites simples et surtout de dégustations, auxquelles s’ajoute une demande plus prononcée sur des offres complétées par des prestations annexes (restauration, activités complémentaires ou alternatives) et surtout un critère de durabillité (bio, diodynamie notamment) qui intègre le trio des critères de sélection d’une offre par le visiteur.

Jérome Isnardi note que le ticket moyen a doublé en quelques années, la quantité ayant définitivement laissé la place à la qualité et la complétude de l’expérience recherchée.

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Des 5e Trophées de l’œnotourisme engagés !

Au cœur de Lyon, entourées de dix vignobles, au sein du Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, s’est tenue la cérémonie de remise des Trophées de l’œnotourisme.

18 lauréats pour 9 catégories composées d’un prix « offre exceptionnelle » (pour les propriétés d’envergure) et d’un autre « offre remarquable » (pour les propriétés plus confidentielles) représentant la quintessence de l’offre oenotouristique française, ont été récompensés pour leurs initiatives.


Catégorie Séjour à la propriété
Le domaine des Granges Longues, en Savoie, remporte l’offre remarquable, plongeant le visiteur dans une immersion locale par des accords mets et vins composés de produits exclusivement locaux et un hébergement entre lac et montagnes.
Le Château de Ferrand à Saint-Emilion propose un écrin immersif à ses visiteurs, de la restauration à l’hôtellerie en passant par les visites et les dégustations. Il est même possible pour les convives de descendre à la cave choisir le millésime de leur choix pour accompagner leur dîner.

Catégorie Vignobles en famille
Concilier jeune public et monde du vin n’est pas toujours évident, aussi l’offre proposée par le Château Bernateau, Saint-Emilion, a décroché l’offre exceptionnelle. Entièrement cultivé en agriculture biologique, la visite fait la part belle à la pédagogie et la sensibilisation auprès des enfants, terminée par une dégustation de jus de raisin aux côtés de leurs parents.
Le Château Hourtin-Ducasse en Haut-Médoc se distingue pour l’offre remarquable, avec la visite des vignes autour d’un jeu de piste pour rassembler parents et enfants, ont conquis le jury.

Catégorie Initiatives créatives et originalité
Le Château de Saint-Martin innove avec une offre au parallèle original entre les vins et les spiritueux, avec la « Vino Spirit Expérience ». Ce musée interactif et sensoriel dédié aux spiritueux du monde entier en plein cœur du domaine viticole provençal emporte l’offre exceptionnelle, tandis que le domaine des Tabourelles gagne le trophée de l’offre remarquable grâce à « Troglo Dégusto », où vous dégusterez les cuvées de ce domaine ligérien (41) accompagnés de produits du terroir au cœur d’anciennes carrières d’extraction du tuffeau, signature du val de Loire, aux accents arty.

Catégorie Pédagogie et valorisation de l’environnement
Le Château de Lancyre, au nord de Montpellier et sur les premiers contreforts des Cévennes, s’est engagé dans un inventaire de la biodiversité présente dans ses vignes, et transmet cette connaissance acquise grâce à une visite libre au sein des vignes, ponctuées de panneaux explicatifs sensibilisant le visiteur à son environnement, suivie d’une dégustation au domaine.
Le trophée de l’offre exceptionnelle est décerné à la Maison Martell, la plus ancienne des grandes maisons de Cognac, fondée en 1715, qui cultive ses 450 hectares de vignes sans pesticides, et dédie une partie de ses parcelles à la recherche variétale.

Catégorie Art, Culture et Savoir-Faire
Le Château Saint-Esprit, situé à Draguignan, cultive l’esprit artistique de la famille jusqu’au bout des vignes, et de la nuit. Avec des soirées guinguettes tous les mercredis de juin à septembre, des performances live de peintres, sculpteurs ou musiciens, la vie au rythme du vin bat son plein.
La Cave Ambacia, à Amboise, décroche le trophée de l’offre remarquable, avec sa visite composée d’une première partie sensorielle et olfactive abordant les terroirs, cépages et méthodes de vinification, puis une oenothèque dans laquelle reposent des vins remontant à 1974, et enfin d’une dégustation de 5 vins accompagnés d’accord ad hoc.

Catégorie Promotion d’un terroir
Le musée du vin de Champagne et d’archéologie régionale propose une offre exceptionnelle au travers de ses collections mais aussi des nombreux dispositifs interactifs et ludiques, plongeant le visiteur dans les secrets de la viticulture champenoise.
A l’autre bout de la France, la cave d’Irouléguy œuvre avec passion pour faire découvrir son terroir basque, qu’elle souhaite voir devenir une destination recherchée tant pour ses paysages que désormais, son vin.

Catégorie Restauration dans le vignoble
Le domaine de Fontenille situé à Lauris dans le Vaucluse régale ses visiteurs grâce à ses deux restaurants au cadre enchanteur remportant l’offre exceptionnelle : la gastronomie au Champ de Lune et la cuisine de terroir à la Cuisine d’Amélie, sur les terrasses sud de la bastide.
Le domaine Bourgeois à Sancerre incarne une histoire familiale dédiée à la viticulture et aux arts culinaires, avec deux frères, Arnaud au domaine et Jean-Marc, Chef. Ce dernier s’inspire des saveurs du sauvignon pour créer des accords mets et vins typiques et savoureux.

Catégorie Architecture et Paysages
Le Château de Saint-Aubin – Prosper Maufoux mise tout sur l’art de vivre à la bourguignonne, et sur la beauté discrète de ses paysages. Pour son patrimoine, la maison a décidé de jouer l’effet de contraste entre la restauration de ses bâtiments historiques et la création d’une cuverie à l’architecture ultra-moderne.
Le Château de l’Engarran à Lavérune, dans l’Héraut, remonte son histoire patrimoniale, datant de 1740, en emmenant le visiteur entre jardins et bâtisses, et en faisant revivre un élément architectural du domaine sur chacune des étiquettes.

Catégorie œnotourisme d’affaires et événements privés
Le Château Kirwan, Margaux GCC, s’affirme comme une propriété familiale dédiant la structure de sa propriété à l’œnotourisme d’affaire. Salle panoramique, petit office, l’Orangerie et ses 220 mètres carrés, l’offre de restauration : le Château décroche le trophée de l’offre remarquable pour la beauté et l’adaptabilité de ses lieux, capables de satisfaire tous les besoins professionnels.
Le Domaine Riberach à Bélesta (66), s’est fait remarquer par son offre hôtelière avec spa, salle de séminaire et boutique-hôtel ainsi que ses deux restaurants, dont un étoilé. Et une particularité remarquable : les chambres sont situées dans l’ancienne cave du domaine.

Photos ©Grégoire Desrousseaux

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10 ans de Coravin : la petite histoire d’une success story à l’Américaine…

2023 célèbre les dix ans de Coravin. A l’occasion d’un déjeuner au Royal Champagne, nous avons rencontré son fondateur, Greg Lambrecht, qui nous a raconté son incroyable success story. Outre le Coravin Timeless, destiné aux vins tranquilles, ce fut aussi l’occasion de se pencher sur son Coravin Sparkling lancé en 2021 et de s’interroger sur ses atouts et ses inconvénients.

L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Steeve Jobs concevant son premier ordinateur dans son garage. Greg Lambrecht est tombé amoureux du vin alors qu’il n’avait que seize ans. « J’habitais la Californie, et la barbe que je portais me vieillissait. Mes amis m’ont emmené dans la Nappa Valley. Mon rôle était d’entrer le premier dans les wineries pour vérifier que la voie était libre. Je me souviens être allé chez un vigneron et avoir été ébloui au point de rester une heure avec lui à discuter. Mes amis qui attendaient mon signal étaient persuadés que j’avais été arrêté ! ». Greg s’oriente toutefois vers l’industrie médicale. « J’ai voyagé dans beaucoup de pays. Les chirurgiens sont de grands amateurs de vins. Ils m’offraient souvent une bouteille, avec toujours cette même remarque : c’est le meilleur vin de ma région, mais il est trop jeune pour être bu, attendez au moins cinq ou dix ans, ce qui me frustrait beaucoup. J’avais envie de les déguster à la fois maintenant, dans cinq ans et dans dix ans. » 

Spécialisé dans la vente d’aiguilles chirurgicales qui servent à injecter la chimiothérapie aux patients, il a alors l’idée de les utiliser pour extraire le vin des bouteilles sans les ouvrir, tout en y ajoutant de l’argon pour éviter qu’elles ne s’oxydent. Ce nouvel outil dont il bricole la première version dans son sous-sol en 1999 n’a d’abord pas vocation à être commercialisé. Mais ses amis émerveillés par le procédé l’encouragent à créer sa propre entreprise. Le produit ne sera lancé sur le marché qu’en 2013. Entre temps, Greg Lambrecht a expérimenté pas moins de 23 prototypes ! Aujourd’hui, environ un million d’exemplaires ont été vendus, avec comme premier marché les Etats-Unis et comme second marché la France. « Depuis notre fondation, les Coravins ont été impliqués dans le service de 250 millions de verres de vins à travers le monde ! »

Il faut dire que cette technologie est extraordinaire. Nous avons pu déguster une bouteille de Château de Génibon (Côte de Bourg) 2000, dont Greg s’était servi deux verres en 2004 (il note à chaque fois la date des différents services au dos). Presque vingt ans après, le vin ne présente aucun défaut. On peut ainsi boire seul sans avoir peur de gâcher le reste du flacon, et en ayant le plaisir de déguster la cuvée aux différentes étapes de son vieillissement. Au lieu de proposer une seule bouteille sur un repas à ses amis, on est aussi en mesure d’affiner ses accords mets/vins et d’accompagner chaque plat d’une cuvée différente. « J’ai chez moi la plus large carte de vins au verre des Etats-Unis avec 8000 références ! ».

Le Coravin Sparkling : une technologie un peu différente
Greg a voulu également s’attaquer à la question des vins effervescents. La technique qu’il a imaginée est très différente. Le bouchon est cette fois retiré. On réappose un stoppeur tout en réinjectant non pas de l’argon mais du CO2. Cette fois on ne peut empêcher, le temps du service, l’introduction d’une grande quantité d’oxygène. Et il ne faut pas se leurrer, le fait ensuite de réinjecter du CO2 ne chassera nullement cet oxygène. La durée de conservation garantie (4 semaines) est donc plus courte. Au bout de ce laps de temps, le vin ne reste sans doute pas parfaitement identique, mais force est de constater qu’il n’est pas si évident de distinguer une cuvée débouchée trois semaines plus tôt, d’une cuvée débouchée à l’instant même. 

En limitant à moins de 4 bars la pression, soit un niveau inférieur à celui de la pression d’une bouteille de champagne y compris avec les pertes occasionnées à l’ouverture (-30%), le Coravin Sparkling évite une regazéification du vin. Il y a ainsi peu d’échanges et le gaz contenu dans le champagne reste, pour l’essentiel, celui obtenu naturellement par la seconde fermentation. Pour ceux qui auraient quelques craintes d’échanges gazeux importants avec le champagne, sachez qu’un système de mise sous pression isobare est déjà utilisé lorsqu’il s’agit de transvaser les bouteilles de 75 cl de champagne vers certains formats spéciaux comme les mathusalems. Dans le cas du Coravin, la contrepartie de cette pression plus basse appliquée est peut-être une effervescence légèrement moins abondante lors de la seconde ouverture. A ce niveau cependant, la plupart des dégustateurs ne peuvent s’en apercevoir. Comme le souligne Greg Lambrecht, l’impact du choix du verre est dans ce domaine plus impactant « Une coupe avec peu d’aspérités réduira davantage l’effervescence« . 

Lancé en pleine pandémie, alors que le secteur de la restauration qui constituait la cible première du produit était en pleine crise, le Coravin Sparkling connaît un certain succès, puisqu’il représente aujourd’hui 10 % des ventes, un chiffre comparable à la part des vins effervescents sur le marché du vin.  La pénurie de personnel et la réduction des plages d’ouverture que les restaurants ont connu au moment de la reprise lui a largement bénéficié. « Lorsque l’on sait que l’on va fermer trois jours, on hésite toujours davantage à ouvrir une bouteille de champagne pour un service au verre, notre technologie permet d’être sûr de pouvoir en commercialiser le contenu intégralement ».

Le prix du Coravin Sparkling est de 449 euros avec quatre recharges et deux bouchons. La boîte de 6 recharges vaut 46 euros, une capsule étant capable de préserver sept bouteilles. Cela signifie que son utilisation revient à environ 1 euro par bouteille. Le bouchon est adaptable sur les bouteilles comme les magnums, y compris ceux munis de bagues carrées, à l’exception de deux ou trois marques.

https://www.coravin.fr/shop/category/all

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[PRIMEURS] Pichon Comtesse, TrotteVieille, La Gaffelière… et les autres

Beau « tir groupé » de sorties primeurs entre hier après-midi et ce matin, avec la mise en marché du millésime 2022 de quelques stars de la rive gauche comme de la rive droite. On fait le point sur les prix.

Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande – 2ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 240 € TTC
Château Pédesclaux – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 46,80 € TTC
Château Haut-Bages Libéral – 5ème Grand Cru Classé (Pauillac) : 45,60 € TTC
Château Marquis de Terme – 4ème Grand Cru Classé (Margaux) : 48 € TTC
Château La Lagune – 3ème Grand Cru Classé (Haut-Médoc) : 49,20 € TTC
Château Lagrange – 3ème Grand Cru Classé (Saint-Julien) : 55,40 € TTC
Château Saint-Pierre – 4ème Grand Cru Classé (Saint-Julien) : 63,80 € TTC
Château Gloria (Saint-Julien) : 43,70 € TTC
Château Haut-Marbuzet (Saint-Estèphe) : 43,70 € TTC
Château TrotteVieille – Premier Grand Cru Classé (Saint-Émilion Grand Cru) : 86,40 € TTC
Château Fleur Cardinale – Grand Cru Classé (Saint-Émilion Grand Cru) : 46,20 € TTC
Château Fonroque – Grand Cru Classé (Saint-Émilion Grand Cru) : 44,90 € TTC
Château Grand Corbin Despagne – Grand Cru Classé (Saint-Émilion Grand Cru) : 36 € TTC
Château La Confession – Grand Cru Classé (Saint-Émilion Grand Cru) : 32,40 € TTC
Château La Gaffelière (Saint-Émilion Grand Cru) : 79,20 € TTC
Château Rouget (Pomerol) : 53,50 € TTC
Château Mazeyres (Pomerol) : 40,90 € TTC
Château Le Bon Pasteur (Pomerol) : 60 € TTC
Château Le Chemin (Pomerol) : 50,40 € TTC

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[Bouteille à moins de 10€] Les 18 bizuts 2022 : le vin des copains

La cave de Tutiac, située dans le Blayais au nord de Bordeaux, sur la rive droite de l’estuaire, est une cave coopérative qui réunit 500 vignerons travaillant sur 5400 ha sur les deux rives de la Garonne, sur 16 AOC.  Autant dire un poids lourd, mais attention, un poids lourd agile qui a toujours un coup d’avance avec l’adoption du label ZRP (Zéro Résidus Pesticides) par exemple pour une partie de la production et des produits qui collent au marché. 

Sur ce dernier registre, voici « les 18 bizuts ». Une fois qu’on a dépassé la question du nom (« les Bizuts »), on découvre l’objectif des 18 jeunes vignerons qui ont « voulu faire un vin qui leur ressemble et qui rassemble » : un vin de copains quoi. Un de plus ? Si on peut trouver facilement sur le marché beaucoup de vins qui se prétendent « vin de copains », parfois un peu rustiques ou parfois transparents, on peut dire que celui là a une belle originalité. L’assemblage est travaillé. Quatre cépages classiques sont convoqués pour la surprise : cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc et malbec. Du sûr, non pas pour faire un Bordeaux, mais pour … un IGP Atlantique : cela « correspond mieux à l’esprit » et aux intentions de l’équipe des 18 Bizuts.

Le jus retrouvé.

L’extraction est calculée et maîtrisée, « lente et douce ». On a donc un beau jus, coloré et tannique. Pour autant, le vin n’est pas accrocheur, et reste souple, un tantinet sur l’onctuosité, agrémenté d’une sucrosité résiduelle (modérée), sur des saveurs de myrtille et de mûre déjà repérées au nez. De la présence certes, mais de la buvabilité. Le bon compromis est trouvé et le vin est bien calibré. Le copain qui portera cette bouteille à partager ne décevra pas : une garantie. Tutiac réjouit avec ce vin bien pensé.

Une cave engagée

À l’occasion de la 5eme cérémonie des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé qui se tenait lundi soir à la Cité du Vin, la Cave Tutiac a vu son engagement de longue date récompensé par la Médaille d’argent dans la catégorie Nature & Respect.

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